Lui n°194 mars 1980
Lui n°194 mars 1980
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°194 de mars 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 154

  • Taille du fichier PDF : 141 Mo

  • Dans ce numéro : Californie, opérations anti vol.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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YI-KING  : LA CHINE EN AVANT TOUTE ! Les premiers taoïstes se persuadent que, en méditant sur le Yi-King, ils deviendront immortels, et appliquent ses théories jusque dans « l'Art de la chambre à coucher »... (Suite de la page 46.) ces combinaisons (communément désignées sous le nom d'hexagramme) est et représentait, pour les auteurs du Yi-King, le Ciel, symbole de créativité, la seconde =_, la Terre, symbole de réceptivité. Les soixante-deux autres, composés de deux traits pris à l'un ou à l'autre des deux hexagrammes primordiaux vont de à en passant par toutes les possibilités intermédiaires. Ils ont tous également reçu un nom indiquant une situation donnée (l'Attente, l'Obstacle, le Voyage, le Puits, etc.). Les commentaires de ces soixantequatre symboles ont une double originalité  : d'une part, ils décrivent une situation donnée et prodiguent des conseils à « l'homme sage » qui se trouve en face de cette situation ; d'autre part, ils indiquent les attitudes à prendre si l'un ou l'autre trait de l'hexagramme venait à changer (si une ligne devenait ou vice versa). En clair, le Yi-King apparaît donc comme une série de soixante-quatre symboles linéaires qui se rattachent à l'ordre général du monde et aux activités humaines, et à première vue, rien n'empêcherait de les comparer à nos signes astrologiques dont la fonction est aussi d'établir un lien entre l'ordre cosmique et les destins particuliers. Mais voilà  : alors qu'on ne saurait dire que l'astrologie a vraiment pesé lourd sur la façon de penser du monde occidental (on pourrait même prouver qu'en Occident toute démarche sérieuse ignore résolument l'astrologie), le Yi-King, lui, depuis des millénaires, a servi de toile de fond à la totalité de la pensée chinoise. Depuis le légendaire Fo-Hi — un personnage cornu au corps écailleux qui inventa les huit trigrammes de base à partir desquels il devient facile de former les soixante-quatre hexagrammes les penseurs chinois n'ont en effet jamais cessé de jouer à réfléchir à leur sens et à leur utilisation possible. Ce furent d'abord, à la fin du IIe millénaire avant notre ère, le roi Wen et le duc de Zhou, à qui l'on attribue la 56 rédaction du Yi-King originel. Puis, six cents ans plus tard, Confucius, leur admirateur inconditionnel  : « Si l'on ajoute cinquante années à ma vie, disait-il avec optimisme à soixante-dix ans, j'en consacrerai cinquante à la lecture du Yi-King, et alors seulement je ne commettrai plus de grandes fautes. » C'est à lui que l'on attribue très probablement de façon erronée les « Dix Ailes » qui figurent dans les éditions complètes du Yi-King  : il s'agit d'un corpus de traditions et d'explications concernant les hexagrammes et qui élabore pour la première fois la « théorie du Changement » voire de la « relativité. » Ensuite, impossible de détailler. Pendant plus de deux mille ans, trop de monde, matériellement et spirituellement, se nourrit de Yi-King  : les devins qui imaginent de l'utiliser à des fins oraculaires, les inventeurs qui s'ingénient à en faire la base de leurs inventions, les mystiques Lao-Tseu et Lie-Tseu (qui se concentrent surtout sur les propriétés des deux lignes - - et rebaptisées « yin » et « yang », et dont l'union devient le mystérieux « tao ») et surtout tous les premiers taoïstes qui se persuadent que, à force de méditer le Yi-King, ils deviendront immortels, et appliquent la théorie du Changement jusque dans l' « art de la Chambre à Coucher », le but étant de dérober à un maximum de femmes leur essence « yin », tout en évitant de répandre leur propre semence, « yang ». Et, pour terminer, Mao Zedong lui-même, à de tout autres fins. Que cherchaient-ils, tous ? Ils cherchaient à... chevaucher les tigres ! Cette vieille expression chinoise rappelle les exploits des ermites taoïstes qui, vivant seuls dans la montagne, avaient noué des relations amicales avec les tigres qu'ils chevauchaient pour sauter de rocher en rocher... Elle veut aussi tout dire  : tenir le monde dans sa main, réussir, inventer, acquérir l'immortalité ou du moins vivre longtemps, expressions qui sont toutes, dans la pensée chinoise, assez synonymes. La question qui se pose maintenant est évidemment  : y sont-ils arrivés ? Oui, dans une certaine mesure et à certaines époques, répondrait certainement Joseph Needham. Ce savant, né à Londres en 1900, est la plus prestigieuse autorité de l'après-guerre en matière de civilisation chinoise. Il entreprit de publier, à Cambridge, dès 1954, un monumental ouvrage en sept volumes  : Science and Civilization in China (S.c.c., pour les spécialistes). Un des huts de cet ouvrage est de démontrer que la Chine, avant d'être la victime du mandarinat des lettrés et du « choc avec l'Occident », a été le plus grand ferment d'inventions que le monde ait connu. Bien sûr, depuis longtemps avant Needham, on citait deux exemples fameux  : la poudre et la boussole, connus par les Chinois mille ans avant l'Occident. La poudre à canon, née paradoxalement des études systématiques des alchimistes taoïstes imprégnés de Yi-King et qui recherchaient l'élixir de longévité... La boussole, mise au point par des devins aussi paresseux qu'ingénieux  : elle n'était pas pour eux qu'un procédé de divination automatique pour consulter le Yi- King. (une cuiller taillée dans un morceau d'aimant, posée en équilibre au centre merveilleusement poli d'une table en bronze autour de laquelle étaient gravés des hexagrammes ou des trigrammes, prenait, en oscillant, la direction du sud, et indiquait un diagramme censé « répondre » à la question posée. Mais la poudre à canon et la boussole n'occupent qu'une faible place dans le S.c.c.. A côté de ces inventions, Joseph Needham en cite une centaine d'autres, toutes antérieures à leur utilisation en Occident  : l'imprimerie, l'horlogerie mécanique, les étriers, la suspension cardan, la manivelle, les ponts à arches segmentaires, les écluses sur les canaux, (Suite page 134.)



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