Lui n°194 mars 1980
Lui n°194 mars 1980
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°194 de mars 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 154

  • Taille du fichier PDF : 141 Mo

  • Dans ce numéro : Californie, opérations anti vol.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PLATINES MARANTZ A PARTIR DE 600 F CELLULE COMPRISE. PRIX INDICATIF RELEVÉ AU 1 09 79 Depuis de nombreuses années, les principes essentiels de fabrication des tourne-disques n'avaient plus de mystère pour les fabricants. Cependant, certaines faiblesses inhérentes à la conception mécanique des appareils ne permettaient pas une parfaite fiabilité de lecture. Ces imperfections touchaient essentiellement  : - la stabilité de la vitesse de rotation indispensable à la diminution du pleurage et du scintillement - la non-régularité de l'angle d'attaque du diamant de la tête de lecture dans le sillon. Pour résoudre ces deux inconvénients classiques, les techniciens Marantz ont choisi de reprendre le problème à la base. Tout d'abord, les platines Marantz sont équipées d'un pilotage par quartz, qui assure au plateau une précision de rotation par tour de 1/1000e, réduisant le pleurage etlescintillement largement en dessous du seuil d'audition de l'oreille humaine. Par ailleurs, les bras des platines ont été dessinés selon une forme parfaite, uniformisant l'angle d'attaque de la pointe du diamant quel que soit l'endroit du disque où se trouve la tête de lecture. L'angle de lecture, ainsi conservé, permet une diminution maximum de la distorsion due à l'erreur de piste, et assure une longévité maximale des disques. Ces perfectionnements contribuent à faire de la gamme de platines Marantz une des plus performantes du marché. Allez les découvrir avec tous les autres éléments de chaînes Marantz et surtout, écoutez-les. Un univers sonore nouveau vous attend. mnIintZ R TÔT OU TARD VOUS Y VIENDREZ.
ENTRETIEN « On va chercher la psychanalyse pour expliquer cela, alors qu'il est bien connu qu'en temps de famine, les gens se mettent à dérailler et à raconter n'importe quoi ! » (Suite de la page 37.) des amis chez les bibliothécaires et chez les libraires de province, on peut avoir de la chronique locale une idée assez précise en limitant ses ambitions à une certaine tranche d'Histoire. Par exemple, pour les guerres de religion, j'ai trouvé des multitudes de chroniques locales qui n'ont été que peu exploitées par les historiens jusqu'à maintenant. Lui Ah bon, pourquoi ? Miguel Parce que cela ne faisait pas partie de la grande Histoire, de l'Histoire de Paris. Car le truc flatteur et honorifique, le bon coup, c'est l'Histoire qu'on faisait à Paris... L'Histoire des régions, ce n'était pas vulgaire, mais c'était considéré comme anecdotique et peu signifiant. Lui Le talent, qu'est-ce que c'est pour un historien, selon vous ? Mique ! L'Histoire doit suggérer la vie du passé, disait Michelet. Pourquoi Leroy-Ladurie a-t-il du talent ? Ce n'est pas parce qu'il étudie la courbe de production du blé ou les chiffres des morts de la peste en Languedoc, c'est parce qu'à l'arrivée de Charles IX dans ce même Languedoc, il décrit les « nymphes aux mains bleuies de froid » qui l'attendaient au pied du pont du Gard, parce qu'il commence à faire dix pages, sur les trente qu'il consacre à la période, aux jeteurs de sorts et surtout à ceux qui « nouent les aiguillettes », les sorciers. C'est ça, le talent de Leroy-Ladurie. Autre chose, dans sa thèse, il y a vingt ou trente pages qui sont extrêmement intéressantes sur les possédés, au temps des Camisards, sur les illuminés, les mystiques. Je trouve qu'il a du talent mais je pense aussi que, sur ce point, il se trompe... Ce passage est en effet un bon exemple de certaines tendances actuelles des historiens. Pour expliquer certains comportements, on va jusqu'à utiliser la psychanalyse ! Pourquoi chercher midi à quatorze heures ? Par exemple, les deux boeufs noirs qui inspirent les songes des protestants, à cette époque, au début de la prédication mystique. Pourquoi va-t-on chercher la psycha- nalyse pour expliquer cela, alors qu'il est bien connu que, dans les populations sous-développées, en temps de famine, les gens se mettent à dérailler et à raconter n'importe quoi ! Les gens déconnent parce qu'ils sont affamés, ils délirent complètement parce qu'ils n'ont rien à bouffer. C'est aussi simple que cela ! Leroy-Ladurie refuse cette idée de délire... En fait, c'est l'un des caractères de la « nouvelle Histoire » que d'être anti-catastrophiste. Je crois qu'il vaut mieux l'en louer et je remarque que la thèse de Fernand Braudel, dont je vous parlais tout à l'heure, est une thèse heureuse. Les gens de la Méditerranée, chez Braudel, sont rarement malheureux  : quand il parle de la famine en Castille, savezvous ce qu'il dit ? Il cite un proverbe espagnol  : « Quand l'alouette doit traverser la Castille, il faut qu'elle emporte son grain avec elle ». Joli, non ? Un autre thème amusant de Braudel, c'est le travail noir. Braudel, c'est l'anti-Barre. Barre dit  : « Il ne faut pas qu'il y ait du travail au noir ». Braudel répond  : « S'il n'y a pas de travail au noir, il n'y a pas d'imagination, de débrouillardise, de civilisation. S'il n'y a pas la « perruque », il n'y a plus rien !... » L'histoire des généraux est une histoire triste. Tandis que si on écrit l'histoire des gens qui « perruquent », c'est une histoire humaine. Lui Pourquoi n'enseigne-t-on plus l'Histoire ? Mique ! On n'enseigne plus l'Histoire parce qu'on est le cul entre deux chaises ! L'Histoire est une discipline qui, comme la philosophie, est en train de disparaître. Ce n'est pas un hasard, d'ailleurs. D'ici à ce qu'on représente l'Histoire et la philosophie comme responsables des malheurs de la jeunesse de ce temps, une jeunesse qui, comme chacun sait, est une bonne jeunesse dévoyée par ses professeurs qui lui font prendre de la drogue... On vit sur un modèle d'enseignement de l'Histoire qui est périmé  : le modèle Mallet et Isaac. Deux types fort res- pectables, au demeurant, qui ont été synonymes d'Histoire pour des générations de potaches. Leur Histoire, c'est un récit linéaire des événements, un récit bien chronologique mais orienté. C'est-à-dire tendant à démontrer que la République, en France, est le meilleur des régimes qui soit pour le meilleur des pays qui soit. Une Histoire cocardière et nationaliste, présentant la patrie comme ce qu'il y a de plus heureux sous le soleil, Cet enseignement est périmé mais c'est vrai qu'il avait, au moins, le mérite de donner un certain nombre de connaissances de base. Maintenant, la chronologie, on s'en fout. Avec ce qu'on appelle improprement et même un peu scandaleusement la « nouvelle Histoire », on fait des manuels qui essayent de ménager la chèvre et le chou, les prisons du XIXe siècle et les campagnes des François Ier Cela donne des livres qui ne sont ni faits ni à faire, encombrés de matériaux complètement inassimilables pour les enfants, découpés en tranches, saucissonnés, exagérément nourris de faits et de précisions, en somme qui mettent dans la tête de ces pauvres gosses une espèce de bouillie pour chats... Lui Mais qui découpe, qui choisit ? Mique ! Alors là, c'est le mic-mac. J'imagine qu'une réunion au ministère de l'Education nationale, sur la définition des programmes, doit ressembler à une réunion du Parti radical des années trente sur la définition de la ligne politique entre les deux Edouard ! J'imagine que les inspecteurs généraux sont en bataille les uns avec les autres, en bataille avec le ministre, en bataille avec les syndicats... et tout cela se termine par des motions nègre-blanc qui font que les gosses n'y comprennent plus rien ! Lui Mais il faut bien établir un programme ? Miguel Pourquoi ? A mon avis, il ne faut pas qu'il y ait de programme. On devrait sanctionner les études en fonction de ce que fait (Suite page 143.) 43



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