Lui n°194 mars 1980
Lui n°194 mars 1980
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°194 de mars 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 154

  • Taille du fichier PDF : 141 Mo

  • Dans ce numéro : Californie, opérations anti vol.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ENTRETIEN « Henri IV, c'était une vedette de télé. Il faisait tout pour l'opinion publique. La levée du siège de Paris... une cérémonie qui aurait pu être filmée et commentée par Zitrone ! » (Suite de la page 143.) ce modèle-là en tête. L'idée de nation n'est pas ce qu'elle était dans les années 1880-1890, elle existe encore mais elle existe à l'état, disons, de survivance nostalgique. Maintenant la mode, c'est l'idée européenne, la nation européenne on verra le résultat ! Lui L'Histoire, finalement, n'est-elle pas devenue une bonne soupe ? Miguel En clair, est-on assuré de faire de l'argent si on publie un livre d'Histoire ? D'abord, on ne fait pas des livres d'Histoire comme des romans. J'ai publié mon dernier livre important, L'Histoire de la France, en 1974. Je l'avais achevé en 1971. J'ai donc attendu trois ans avant qu'il ne soit publié. Trois éditeurs me l'ont refusé. Le livre que je publie aujourd'hui a été écrit en sept ans... Non, on ne fait pas un livre de six cents pages sur un sujet aussi sérieux tous les matins ! Surtout quand on a l'ambition légitime de changer un peu les sources et d'utiliser ce qui n'avait pas servi jusqu'ici... Lui Quelles sources avez-vous décou-\ertes ? Mique) Redécouvertes ? Les chroniques locales, ce qui peut rester dans les régions de traces de cette époque-là. Croyez-moi, il en reste. C'est fantastique, le nombre de choses que les gens ont écrit à cette époque des guerres de religion... C'est normal, dans un sens, puisque c'était la dernière grande commotion nationale... En fait, c'est beaucoup plus important que la Révolution française. Pensez que la France comptait à cette époque seize millions d'habitants et qu'il y a eu quatre millions de morts ! Un Français sur quatre meurt pendant les guerres de religion... D'ailleurs, dans le Sud- Ouest, on en garde encore des traces. Par exemple, chez moi à Caussade, sur la route de Montauban à Cahors, lorsque j'allais en vacances, je n'avais pas le droit de me baigner à Saint- Antonin-Nobleval. C'est un pays protestant. Mon cousin, Marcel Miguel, le chanoine, le président de l'académie de Montauban la seule académie 144 sérieuse maintenant que l'Académie française est devenue quelque chose de tout à fait ludique ! donc, mon cousin le chanoine m'aurait écorché vif si j'étais allé me baigner avec les protestants... Lui Même s'il est un homme de salon, l'historien est prisonnier des faits et des dates... Mique) Voilà, il est prisonnier... On se collette avec des faits, avec des dates, c'est-à-dire avec des choses qu'il faut d'abord situer aussi précisément que possible dans le passé. Mais, quand on voit ce que font réellement les gens, on change un peu son optique sur eux. Par rapport à l'Histoire traditionnelle. Par exemple, sur Henri IV, le jugement se modifie lorsqu'on examine l'attitude de ce roi pendant le siège de Paris, au moment du sacre, au moment des négociations avec les Parisiens. Il est certain que Henri IV est un personnage beaucoup moins reluisant que ses biographes ne nous ont habitués à le considérer. Henri IV, c'était une vedette de télévision. Il faisait tout pour l'opinion publique. Le siège de Paris par exemple  : quand on lève ce siège de Paris, il y a une cérémonie qui aurait pu être filmée et commentée par Zitrone ! Cela se passe en mai, au printemps, les Parisiens sont assiégés depuis très longtemps, ils sont affamés, ils ont envie de bouffer, ils ont envie de boire le petit vin blanc de Suresnes où ont lieu les négociations. On fait très vite la paix. Henri IV apparaît. On crie  : « Vive le Roy !... » En fait, Henri IV n'a pas du tout envie de faire la paix, ce n'est pas tellement son intérêt, à ce moment précis. Mais on crie trop fort « Vive le Roy ». Il ne peut pas résister, son image de marque est en cause. Alors il accepte... c'est un roi-putain, un roi d'audiovisuel, en réalité. Il aurait pu être très facilement, je ne sais pas moi, président de la République... Lui Finalement, un esprit naîf pourrait considérer que le travail d'un historien-écrivain est d'être une sorte de pilleur d'épaves ? Mique) Pilleur d'épaves ? Mais oui, pourquoi pas ! Si on trouve des trésors... Lui Je veux dire que, pour publier, l'historien-écrivain est obligé de piller les travaux des autres. Miquel Oui, le romancier aussi... Tout le monde pille tout le monde. Le cinéaste pille, le journaliste aussi, naturellement... Il est d'ailleurs là pour ça, le journaliste... Lui Les époques favorites des historiens, ce sont les plus faciles, les moins dangereuses ? Miguel Non, pas du tout. Par exemple le xvie siècle est une époquecharnière, une époque qui fait rêver parce qu'il y a une très grande réflexion sur les hommes. C'est la richesse de la pensée des hommes qui fait la richesse d'un temps. Lui Bon, mais, actuellement, l'Histoire est faite par les historiens ou par les éditeurs ? Miquel Ah, c'est bien difficile à dire. S'il n'y a pas d'historiens, il n'y a pas d'éditeurs d'Histoire, c'est évident. Cela dit, il y a effectivement une espèce de mode de l'Histoire, ce qui fait qu'on publie un petit peu, je ne dirai pas n'importe qui, mais qu'on publie des livres d'Histoire qu'on n'aurait pas publiés il y a dix ans. D'un autre côté, il faudrait peut-être s'interroger sur les raisons qui font qu'une telle mode existe comme la crise du roman. La fiction, en général, se porte mal dans ce pays, depuis la disparition des grands romanciers. Mais l'Histoire est aussi un besoin d'évasion profond, une curiosité bizarre  : on le voit avec le Moyen Age. Avant que Druon n'écrive Les rois maudits, le Moyen Age ne faisait pas un rond, il était invendable. Mais aujourd'hui, cette époque fascine parce que c'est la forêt gauloise, le Far-West français, le retour à la forêt, la glandée... Lui Si on fait une erreur dans une époque aussi lointaine, le grand public ne s'en aperçoit pas tellement ? Miguel Non mais alors faites confiance à vos (Suite page 146.)
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