Lui n°194 mars 1980
Lui n°194 mars 1980
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°194 de mars 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 154

  • Taille du fichier PDF : 141 Mo

  • Dans ce numéro : Californie, opérations anti vol.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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GENS DAMES ET VIOLEURS « Nous savons « évalué » systématiquement chaque enfant. Nous avons prédit ceux qui, plus tard, deviendraient des délinquants. Et malheureusement... ça s'est vérifié » (Suite de la page 121.) moi... » « C'est pas ta boutique qui t'aidera à rester pénard si tu oublies d'appliquer ce que tu as appris ici... » lâche Phil. Il se penche. « Voyez-vous, ça paraît con de dire ça, mais, derrière ces thérapies et tous ces trucs qu'on nous balance ici, le vrai message d'Atascadero c'est d'apprendre à aimer plutôt qu'à haïr... ». Silence. Brusquement, sur fond de mur rose, ils ont l'air de trois saints d'église. Chouette, hein, le message ? » me dit la biche de la fresque enneigée. Je ne sais plus. Moi aussi, je flotte... Là-bas, derrière la cage de verre de l'autorité, Gros Paul me désigne sa montre d'un air éloquent. Récapitulons  : trois saints d'église... je veux dire trois violeurs. A eux trois, soixante-huit ans. A eux trois, treize viols. A eux trois, quarante-cinq mois à Atascadero. A eux trois, cinq mille deux cents heures de thérapie. A eux trois, quatre-vingt-deux mille dollars à l'état américain... Trois violeurs. Qui savent, en gros, ce qui cloche. Manque de communication. Colère. Mais, comme disait l'autre, pourquoi ceuxlà, et pas d'autres dans les mêmes conditions ? Ça, qu'est-ce qu'ils peuvent en dire, eux ? Ce qu'ils peuvent en dire, quand même, c'est ce que dit Phil  : « On ne sait pas. On cherche... En taule, on apprend rien... Ici, au moins, on nous donne une chance de nous connaître, de comprendre... » « Mais alors, si vous comprenez... » que je dis. Larry me regarde. Sourire qui se fout un peu de ma gueule  : « Comprendre avec sa tête, c'est une chose. Comprendre avec ses tripes, c'est autre chose... Ça veut dire qu'ici, à Atascadero, tout ce qu'ils font, c'est nous donner des armes. C'est à nous d'apprendre à les utiliser. » « Ça veut dire quoi ? » « Vous le savez bien... me répond Phil, courtois... Ça veut dire qu'on ne peut pas jurer qu'on ne recommencera pas ! ». Me retrouve dans le couloir brillant. Avec la grosse tête. Et aussi Gros Paul à mes côtés  : « Vous aviez raison... » 124 que je dis «... ils sont très intelligents. » Il se marre  : « Je vous l'avais dit... Il faut bien les connaître pour remarquer le petit truc qui cloche... » « Mais, au fait, le petit truc qui cloche, c'est quoi ? ». « Ce qui cloche, c'est que le violeur, au lieu d'être, comme n'importe quel autre individu, en accord avec un « univers » émotionnel et la gamme des sentiments qui vont avec  : amour, tendresse, peine, remord... est en accord avec un « univers » physique. Un univers de force et d'énergie. Mené par un sentiment unique  : le Pouvoir. Et son arme  : la sexualité. »... Quarantaine vigoureuse, mèche barrant un oeil bleu de prince de Schiller, le docteur Schulte entame, dans son bureau blanc, une carrière déjà orageuse de psychiatre en chef d'Atascadero. C'est un caïd au passé chargé... Directeur de quatre centres communaux d'hygiène mentale dans la Caroline du Nord. Consultant pour délinquants juvéniles dans le Colorado. Auteur d'un bouquin, L'Univers physique ou la Personnalité criminelle, qui risque bien de secouer l'Amérique  : « Bien sûr, c'est une approche philosophique... Et, la philosophie, c'est mal vu ici. Le résultat, pour le viol comme pour le reste, c'est qu'on en traite les symptômes... Une société bien organisée devrait faire évaluer ses enfants dès l'âge de cinq ou six ans. Avec des tests appropriés, il est facile de détecter tous les symptômes de sociopathie qu'ils commenceront à développer... » Il paraît que cette drôle d'idée, cette triste idée quand même, il l'a mise en pratique voici quelque dix ans, en Caroline du Nord... « Nous avons systématiquement évalué chaque enfant de chaque maternelle de cet Etat. Nous avons prédit ceux qui, plus tard, deviendraient de jeunes délinquants. Et, malheureusement... ça s'est vérifié ! » Puisqu'il le dit. Evaluer les enfants. Ça fait drôle, quand même. Pourquoi pas évaluer les femmes enceintes ? Pourquoi pas évaluer les jeunes mariés ? Pourquoi pas évaluer... Et puis, met- tons que les gens ne marchent pas. Qu'est-ce qui va se passer, pour les autres ? Pour ces vieux enfants devenus de jeunes violeurs ? Le docteur Schulte me balance un oeil orageux. Se lève. Tournoie dans sa veste de cuir fauve  : « Mais non... Les tonnes de thérapie qu'on leur déverse, ça les aide à comprendre ce qu'ils sont, oui. A se détester un peu moins, oui... Pas à fonctionner plus tard dans le monde normal. La réhabilitation que nous devons leur donner c'est... l'orientation professionnelle ! Nous devons leur apprendre à appliquer de manière constructive dans la société, ce tropplein d'intelligence et d'énergie qu'ils ont, jusque-là, utilisé contre elle. Les aider à trouver leur voie... » « Jusqu'à quand ? C'est ça, le problème, avec les statistiques... Ces types, je demande à voir où ils en seront, dans cinq ans, dans dix ans... » a soupiré, dans un autre bureau blanc, l'homme en roux. Déprimé à crever, celui-là. C'est ennuyeux. Parce que, lui, il est le sous-directeur d'Atascadero... « Qu'est-ce qu'Atascadero sinon... un laboratoire ? Les violeurs sont sous les microscopes. Pourquoi est-ce qu'un violeur viole ? On cherche. Peut-être qu'on trouvera, un jour. Peut-être pas... Mais on cherche. Parce que, vous pouvez me dire tout ce que vous voulez, mais chercher, c'est quand même notre grande qualité à nous autres, en Amérique ! » Avec tout ça, dehors, dans le parc rose d'Atascadero, c'était presque le soir. Tout de suite passée la porte de verre sur un banc, un mec lisait. Un jeune mec, avec une figure à boutons, qui a tendu le cou pour m'arrêter  : « J'ai eu une permission de sortie... » qu'il a soufflé. Il a ajouté d'un ai r pénétré qu'il l'employait bien. Et il m'a mis son livre sous le nez  : un essai d'analyse du comportement humain, d'après Jung, par je ne sais plus quel psychanalyste américain... « Hein ? » m'a dit le jeune mec avec un sourire radieux. C'était sûr, lui aussi, le violeur, il cherchait... Marie-Gisèle Landes.
A112 ELITE ET ELEGANT UN NOUVEL ART DE VIVRE Certains automobilistes aux exigences très précises ne peuvent se contenter de considérer leur voiture comme un simple moyen de transport. Il faut aussi qu'elle soit le reflet d'un certain style, d'une certaine distinction, bref,de leur art de vivre. L'Autobianchi Elegant et à fortiori l'Elite représentent tout cela. Et bien au-delà. Le raffinement est sublime. L'harmonie dans le choix des couleurs des tissus et des moquettes témoigne de cette recherche vers une certaine sophistication. Les finitions sont exemplaires, les sièges ont été conçus pour vous procurer un réel confort, et dans l'équipeinent, rien n'a été négligé. Bien sûr, la vivacité et la robustesse du moteur ne sont plus à démontrer. Les pare- al chocs et les protections latérales très efficaces font de leur utilisation urbaine un véritable plaisir. Même le rétroviseur extérieur est réglable de l'intérieur. Quant à l'Elite, elle vous offre tout ce que les petites voitures voudraient être  : une 5'vitesse en série, avantage unique dans sa catégorie qui permet d'utiliser tout le souffle ` A.._.du moteur, l'allumage électronique, des vitres athermiques, des sièges arrières rabattables séparément, un essuie-glace arrière de série, des phares halogènes... Un vrai bijou... Et une preuve s'il en fallait, que les Autobianchi A 112 peuvent même aller audelà de vos exigences. Documentation gratuite sur l'A 112 Elite ou Elegant. Distribution Chardonnet. B.P. 205. D 93003 Bobigny. J. LAN(1A-AITTOBIANCH Réseau I CHARDONNET Nom Adresse 165 ay. Henri-Barbusse - 93003 Bobigny. Su c cursal e Lancia  : 150 ay. du Prado - Marseille.



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