Lui n°194 mars 1980
Lui n°194 mars 1980
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°194 de mars 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 154

  • Taille du fichier PDF : 141 Mo

  • Dans ce numéro : Californie, opérations anti vol.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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GENS D'AMES ET VIOLEURS Plus loin, salle de musique... Pas vrai ! Sur une estrade, trois violeurs balancent un rock sec, guitares en bandoulière. Je commence à me demander si c'est le Club Méditerranée ! (Suite de la page 114.) à défendre leurs droits de malades et d'êtres humains... » Autre couloir... On glisse. Des flics posés çà et là, l'air de ne pas y toucher. L'oeil rond de cellules photoélectriques dans les murs... Plus loin, salle de musique... Pas vrai ! Sur une estrade, trois violeurs balancent un rock sec, guitares en bandoulière. Je commence à me demander si Atascadero, c'est le Club Méditerranée !... On glisse. Ateliers d'occupations artistiques et thérapeutiques. Désert à cette heure. Macramés pendant du plafond. Poteries qui sèchent. Dessins... I)'un coup, je m'arrête net. Sur un chevalet, une toile gigantesque. Une toile qui pourrait être signée Michel- Ange ou presque. Une toile qui je reçois comme un coup de poing dans l'estomac. Une toile avec dix têtes d'enfants de tous les pays du monde. Dix têtes d'enfants, déversant, sur le monde, toutes les larmes du monde... Gros Paul gratte sa tête bouclée  : « Quel artiste, hein Il y travaille depuis deux ans. C'est un violeur de gosses... On ressort. On reglisse. J'ai l'estomac noué. J'imagine une autre.visite à Atascadero. Une visite ratée. Ils auraient tous été en train de roupiller, les violeurs. Ou en permission de sortie. Ou barrés. D'un coup, je n'ai vraiment pas envie de leur parler, tout à l'heure. D'un coup, j'ai vraiment peur... Un peu plus loin, la bibliothèque. Et la bibliothécaire, dame au cheveu mauve qui me désigne d'un coup de menton compréhensif sept violeurs lisant d'un air appliqué derrière les longues tables de bois  : « Ce sont des êtres humains comme les autres, vous savez. Avec du bon et du mauvais comme tout un chacun. Le but d'Atascadero, c'est de les aider à trouver le bon... » Trouver le bon, c'est naturellement à ça que sert le « programme ». Car tout ce que j'ai vu jusqu'à présent, c'est de la récréation, de la bibine, de la pausecafé... L' « expérience intensive », le 116 « processus de modification du comportement » comme dit Gros Paul, c'est les trois ans du programme  : « Un an pour leur faire admettre qu'ils ont un problème. Un an pour les traiter. Un an pour leur apprendre à appliquer ce qu'ils ont appris... » Ce qu'ils apprennent, c'est en haut que ça se passe. Ascenseur à grille de fer. Reflics. Recouloir. D'un coup, l'atmosphère se tend... Par une porte vitrée  : un groupe. Au milieu un mec. Qui se tord par terre. En larmes. Gueulant  : « Maman ! Maman ! »... « Thérapie primaire... » commente Gros Paul. Désinvolte. Autre porte vitrée. Autre groupe. Visages tendus comme c'est pas permis  : Classe d'éducation sexuelle ! Autre porte... Derrière, deux voix se sautent à la gorge  : Fils de pute »... « Va te faire enculer » Ça, c'est un groupe de confrontation... Car le « programme », c'est dix programmes. Que Gros Paul m'explique un peu plus tard. Au grand air de la grande cour. Ciment gris et soleil rouge d'automne californien... Quand le. violeur débarque, on lui balance tout d'abord un « plan d'orientation »... Liste complète de ses problèmes. Définition de certains objectifs qu'il devra atteindre dans un laps de temps limité. Là, le violeur, il n'a que l'embarras du choix. Car, en fin de compte, Atascadero, c'est un magasin de thérapies en tous genres... Avec rayons pour tous et pour tout... Thérapies du bon vieux temps, pour les classiques. Thérapies de l'Amérique de demain, pour les audacieux. Depuis les alcooliques anonymes et leur vieille philosophie de faire soigner les malades par les malades. Jusqu'à la thérapie primaire, et les tripes sur la table, pour cracher à la figure d'invisibles parents ce qu'on a jamais osé leur cracher... y compris qu'on les aime. Entre les deux, l'analyse transactionnelle, la thérapie du réel, la Geshalt thérapie, les psychodrames, l'hypnose... Mais..., dis-je, ahurie... « ils ne peuvent pas faire tout ça en même temps... ! » « Naturellement non. Mais comme nous « réévaluons » les programmes sans arrêt, en fin de compte, ils tâtent un peu de tout... Réévaluer, vous savez, c'est la maladie de l'Amérique... » « Mais dites donc, quand ils ressortent, ils doivent pouvoir se payer un diplôme de psychologie... » Et je me marre. Ah, ah. Non. Pas de ça. Gros Paul me regarde. Sévère  : D'après tests et statistiques, les violeurs possèdent le plus haut degré d'intelligence que puissent atteindre des êtres humains... Vous verrez ça cet après-midi... » qu'il dit. Le viol ? C'est un problème d'émotions... » dit Larry. Vingt-deux ans. Saxophoniste. Tête de Christ. Barbe douce. Œil doux. Voix douce. Deux viols à six mois d'intervalle. Deux ans à Chino. Et puis Atascadero depuis dixhuit mois.. « Minute ! » répond Phil, vingt-quatre ans, le petit qui travaille dans l'électronique et ressemble à Elvis Presley. Deux viols aussi. Mais à cinq ans d'intervalle. Et entre les deux, trois ans dans une maison de redressement. Et Atascadero depuis deux ans. Il lève une main sentencieuse  : «...Problème d'émotions, oui. Mais, surtout, problème d'impulsion. La première fois que j'ai violé, je n'y pensais pas cinq minutes avant... » Le Noir se marre. Son nom, Tony gravé dans son bracelet de cuir, au poignet droit. Son âge  : vingt ans gravé dans un sourire à lèvres mauves. Ses boulots par-ci, par-là, dans des garages de San Diego, gravés dans sa peau tachée d'acide  : « Moi, violer, j'y pensais. Depuis des mois. Et je suis sûr que toi aussi. Mais tu n'en étais pas conscient... » Phil hoche une tête fatiguée  : « Où commence le conscient ? » répond-il. Et il se met à ressembler au docteur Freud, la barbe en moins... Je rêve ou quoi ? Sur le mur, la biche me dit que je ne rêve pas. La biche piétinant la neige bleutée d'une fresque. Avec ces mots  : « L'aube du jour de Paix se lèvera quand nous comprendrons le sens du mot Amour... » Je ne rêve pas. Au- (Suite page 119.)
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