Lui n°192 janvier 1980
Lui n°192 janvier 1980
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°192 de janvier 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 114

  • Taille du fichier PDF : 130 Mo

  • Dans ce numéro : le petit chaperon rose... et Lili... Anne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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COUP DE PIED DANS LES PARTIS Ce tribun tonitruant a besoin de cabane. Il lui arrive parfois, au cours de ses incessants voyages, de ralentir pour admirer une niche à chien... désobliger ses subalternes et ibériques tympans. Le Président boit son café. Une petite gorgée brûlante, pour commencer. Il aime le café, le président Tumelat, chef pour l'instant incontesté du groupe R.a.s. à l'Assemblée, ancien ministre, futur ministre, voire pourquoi pas ? c'est affaire de conjonctures Président tout court. Une carrière politique est longue, en dents de scie, avec des plongées imprévisibles, des chutes d'I.f.o. p.pernicieuses, et, tout à coup, au détour de l'événement, des remontées triomphales. Juan-Carlos a ouvert les doubles rideaux et le jour gris de Paris s'insinue dans la chambre. Lit à baldaquin. Le Président s'y sent mieux que dans un autre. Il rêve du lit breton de son enfance dans lequel il fut conçu un soir de tempête ; sorte d'habitation dans l'habitation, peu hygiénique, certes, mais si propice aux ébats amoureux, si sécurisant. Ce tribun tonitruant a besoin de cabane. Il lui arrive, parfois, au cours de ses incessants voyages, de ralentir pour admirer une niche à chien. Il fait un complexe de chien, le président Tumelat. A preuve  : il adore pisser dehors, n'importe où, contre n'importe quoi. Quand il rentre tard, il ne manque jamais d'uriner dans les bacs marmoréens ornant le hall de son fastueux immeuble. Un philodendron exubérant agonise à cause de lui, malgré les traitements prodigués par le concierge. Lorsque le Président s'absente plusieurs jours, il se refait tant bien que mal une santé, le philodendron ; ses jeunes pousses reverdissent et les vieilles se défroissent. Mais les retours du Président le compromettent à nouveau. C'est, entre eux deux, une lutte farouche dont l'issue ne fait aucun doute. Oui  : le président Tumelat se voudrait chien, secrètement. Quand il consacre quelques insants combien précieux ! à une demoiselle sélectionnée par l'une des nouvelles Mme Claude en fonction, il ne la baisera jamais sans l'avoir préalable- 72 ment fait mettre à quatre pattes et lui avoir longuement humé le rectum. Ensuite de quoi, faute de mieux, il va compisser le lavabo, très brièvement. La petite giclette grégaire pour délimiter son territoire. Un cas ! Le président Tumelat qui prévoit tout — sauf toutefois l'imprévisible, s'est fait faire par un professeur de Faculté en renom un certificat de complaisance déclarant qu'il a des mictions fréquentes et impérieuses le contraignant à se soulager dans les délais les plus brefs et les endroits les moins propices. Ce, pour calmer l'éventuelle fumiardise d'un agent à l'esprit gauchiste. La police, à présent, n'est plus blanc-bleu, il en sait quelque chose, ayant été ministre de l'Intérieur. Le flic politisé est le plus odieux fumier de la planète, il ne l'ignore pas, Tumelat. On n'a rien à espérer de lui, nulle clémence, pas la moindre compréhension. Tout heureux, le bougre, de coincer les personnages en vue quand ils ne sont pas de son bord. Ils font des tableaux de chasse à la Grande Maison, collectionnent leurs illustres clients, ces têtes d'haineux ! La palme va au sousbrigadier Verdu qui compte à son palmarès  : trois ministres, seize députés, huit vedettes de music-hall passées à la Majorité jusqu'au prochain contrôle fiscal plus de la broutille  : du conseiller municipal, des P.d. g. célèbres, des salopes couchailleuses illustres, suceuses de haut vol, capables de parler au subjonctif la bouche pleine. Le Président se fait beaucoup de souci au sujet de la Police. Il sent qu'elle craque. Qu'elle n'est plus fiable, comme disent ces cons de l'automobile. Déjà, l'armée est inutilisable, voire puérile. Il n'y a plus que la bavasse pour tenir debout l'édifice. Hélas, malgré leur rigueur, des discours sont moins porteurs que des piliers. Les leaders, dont il est, montent à l'essai en se faisant des passes avec les Institutions. Une mauvaise interception, et elles tomberont par terre, les Institutions. Le Président boit sa seconde gorgée de café. Le café, c'est un peu la clé de voûte de sa carrière. Balzac n'était rien comparé au Président. Ceux que prend ce grand homme sont presque boueux, tant ils sont denses. Il regarde les journaux sous bande étalés sur sa couverture. D'ordinaire, il aime à les décapsuler lui-même. Il commence toujours par l'Aurore qui lui est acquis, continue par le Figaro qui ne lui est point hostile, puis, amoureux de la douche écossaise, passe bille en tête à l'Humanité, histoire de se refaire une fureur. Ce matin, il éprouve un vague désintéressement pour l'actualité imprimée. Il hésite, re-pète. Soulève un coin du drap pour étudier le bouquet. Aucune odeur fâcheuse ne lui parvient. Il est presque déçu. Il ne déteste pas le fumet de ses pets, tout comme il raffole de ses crottes de nez. C'est un grand artiste de la boulette, le Président. Son sens tactile affiné se complaît dans de subtils pétrissages d'une délicatesse presque orientale. Nul, mieux que lui, ne sait collecter la matière première, à la faveur d'un mouchement, la dissimuler dans le creux de sa main gauche et entreprendre de la modeler, longuement, voluptueusement sans éveiller l'attention, d'un mouvement léger de son médius opposé à son pouce. Là est le secret de son éloquence. Avant un discours, il s'approvisionne et se met à pétrir tout en parlant. A la fin de l'envoi, il fait mine de toussoter, et gloupe la boulette d'un geste preste, imparable, d'ancien tennisman dont le revers fut aussi célèbre que les revers. Il se rappelle avec effroi un congrès au cours duquel la boulette lui chut des mains en pleine diatribe, le laissant déconcerté, démuni, aux rives du bafouillage, lui, le ténor étincelant. Sans doute, lecteur à la con, trouverastu ces détails scatologiques, scabreux, malséants et tout ce que tu voudras, indignes sûrement du grand écrivain que je suis par inadvertance ; j'empresse de t'assurer que la vie est bien telle que je le dis (Suite page 80.)
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