Lui n°189 octobre 1979
Lui n°189 octobre 1979
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°189 de octobre 1979

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 226

  • Taille du fichier PDF : 271 Mo

  • Dans ce numéro : la fabuleuse Laura.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ON LIVRE ATOME MISSILE Le Massif Central prendra soudainement son envol pour aller se planter au milieu de la Méditerranée, devenant une sorte de deuxième Corse... plus qu'à ajouter le mot « Fin »... On a pu croire que cette histoire ne finirait jamais. Elle durait en effet depuis si longtemps... Mais il a fallu tout ce temps — depuis l'invention de la massue jusqu'à la mise au point de la bombe nucléaire pour que l'humanité se donne les moyens d'en finir une bonne fois pour toutes avec l'Histoire. Si nous avions été plus doués, l'Histoire se serait arrêtée plus tôt, avant le xxe siècle probablement. Cela nous aurait épargné deux guerres mondiales et pas mal d'accidents de la circulation. Si nous avions été plus intelligents, nous n'aurions probablement jamais mis au point de telles armes. Mais comme nous ne sommes ni très doués, ni très intelligents, l'histoire du monde s'arrêtera un de ces jours. Un bref instant, la Terre brillera un peu plus fort que les autres étoiles puis elle s'éteindra complètement. Nous avons accumulé suffisamment d'armes pour exterminer plusieurs fois toute la population de la planète. Il suffirait d'un faux calcul, d'un faux mouvement, d'une seconde d'inattention, d'un grain de folie pour que commence la scène finale. « Il v a toujours le grand danger que la guerre nucléaire éclate dans l'avenir à la suite d'un accident, d'une erreur de jugement ou d'un état de folie », disent les experts de l'institut international de recherche sur la paix de Stockholm. L'Organisation des Nations unies souligne de son côté, dans un rapport publié en 1968  : « Il est impossible de nier que le danger de voir une guerre nucléaire éclater par accident ou par erreur grandit à mesure que les pays dotés de ces armes deviennent plus nombreux, que les arsenaux se renforcent et que leurs armes se diversifient ». Au cours des dix dernières années, la course aux armements s'est accélérée, le club atomique s'est élargi, bref, le danger a encore considérablement augmenté. Il suffirait d'un rien pour que tout disparaisse. Que va-t-il se passer au juste ? Est-il exact que les voitures et les 98 pianos à queue seront propulsés dans l'espace ? Que l'obélisque de la Concorde ira se planter dans le coeur de la France ? Que le centre de Paris, l'Elysée, les ministères seront catapultés en province ? Que la décentralisation, tant attendue, se réalisera en quelques secondes ? Que la tour Eiffel va fondre instantanément, se transformant en une gigantesque pièce de monnaie ? Que Paris aura cessé d'être Paris ? Que la France ne sera plus la France ? Que les fleuves sortiront de leur lit pour se mettre debout, formant de gigantesques colonnes d'eau, des espèces de pluies à l'envers ? Que le Massif central, qui a l'air si lourd, si solidement fixé au sol, prendra soudainement son envol pour aller se planter au milieu de la Méditerranée, devenant une sorte de deuxième Corse ? Tout dépend bien sûr du nombre et de la puissance des bombes qui nous seront envoyées. Ce qui est sûr, c'est que dans un rayon de plusieurs kilomètres autour de chaque explosion, rien ne résistera. Et nous, les hommes, si fragiles, si souvent enrhumés, si vite fatigués, encore moins que le reste ! On examinera plus loin les conséquences de l'explosion d'une bombe nucléaire moyenne entre les deux tours de Notre-Dame. Ce qu'il faut noter dès à présent c'est que les bombes actuelles sont bien plus puissantes que l'engin qui a explosé le 6 août 1945, cinq cent cinquante mètres au-dessus de la ville d'Hiroshima, et qui a fait soixante-dix-huit mille morts, quatrevingt-quatre mille blessés et a détruit soixante mille bâtiments. Les Américains ont même l'air de considérer cette bombe un peu comme un jouet. Ils lui ont donné le nom plaisant de Little Boy (petit garçon), ce qui semble indiquer que cette affaire ne les a pas énormément traumatisés. L'engin qu'ils ont fait exploser audessus de Nagasaki, le 9 août, et qui était légèrement plus puissant, ils l'ont baptisé Fat Man (gros homme). Ces deux engins représentaient à l'époque un progrès énorme par rapport à ce qui se faisait auparavant en matière d'extermination collective. L'écart qui les sépare des bombes conventionnelles est à peu près le même que celui qui existe entre une voiture de course et une brouette. La plus grosse bombe conventionnelle utilisée pendant la Deuxième Guerre mondiale avait une puissance explosive de dix tonnes ; la bombe d'Hiroshima avait, elle, une puissance explosive de treize mille cinq cents tonnes... Ce prodigieux résultat a été obtenu, comme on peut le lire dans tous les bouquins sérieux qui traitent de cette question, par modification des noyaux atomiques. Pour décrire ce phénomène avec toute la rigueur scientifique que j'exige de moi-même, il me faudrait toutes les pages de ce journal. Je ne vais donc pas entrer dans les détails. Disons simplement que l'atome, qui est une chose tellement petite que ce n'est presque pas la peine d'en parler, abrite tout de même un noyau qu'on peut en quelque sorte casser, ce qui permet de dégager une formidable quantité d'énergie. Cette opération, appelée fission, s'applique aux noyaux lourds, ceux de l'uranium et du plutonium. Little Boy, qui mesurait au total trois mètres vingt et pesait quatre tonnes et demie, contenait soixante kilos d'uranium 235 (cela représente en volume la taille d'un ballon de football) et Fat Man huit kilos de plutonium 239 (la taille d'un pamplemousse). Le pouvoir destructeur de l'arme atomique n'est pas simplement supérieur à celui des bombes conventionnelles, il est aussi multiple. Comme toutes les bombes, elle tue par le souffle qu'elle dégage et qui est naturellement terrifiant  : on a pu le comparer à un mur de béton se déplaçant à la vitesse du son. Mais, en même temps, elle produit une lumière qui peut rendre aveugle, une chaleur de plusieurs millions de degrés, supérieure à celle qui règne au coeur même du soleil et qui transforme le paysage en bouillie, elle émet aussi des radiations qui tuent sur le coup, ou à retardement, en (Suite page 106.)



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