Lui n°188 septembre 1979
Lui n°188 septembre 1979
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°188 de septembre 1979

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 138

  • Taille du fichier PDF : 200 Mo

  • Dans ce numéro : Michel Drucker, Ray Bradbury, docteur Olivenstein, Chester Himes Sine et... Nathalie, Berenice, Esther.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ANTENNE DIEU « Il ne faut pas se gourrer. Quelqu'un qui, comme Claude François, vend vingt-cinq millions de disques depuis quinze ans, mérite quand même une analyse sociologique ! (Suite de la page 38.) quotidienne, ou hebdomadaire, en direct intégral, au cours de laquelle j'irai frapper à la porte des gens... Lui Vous êtes quand même, en tant qu'homme de radio, et de radio privée, terriblement tenu par des sondages, même si vous êtes toujours le premier au hit-parade. Qu'est-ce qui se passe si votre cote baisse ? Drucker Vous touchez là du doigt un problème capital. On m'a dit, quand le film de Sydney Lumet, Network, est sorti, que c'était une caricature. Ce n'est pas une caricature du tout, car on peut très bien imaginer, dans une télévision archi-privatisée, du genre télévision américaine, que la folie de Muller, dans le livre, soit utilisée par les annonceurs ! Il bat tous les records d'audience ce soir-là, quand il est dans son nid d'aigle, au sommet de la tour Eiffel... Quel est l'annonceur qui n'a pas rêvé d'un show pareil pour balancer trois minutes de pub toutes les vingt minutes ? Et là est tout le problème. J'ai dit un jour que je jouais ma tête sur les sondages. C'est vrai. Et si la Grande parade baisse de deux ou trois points et si Europe N°1, Rmc ou une autre radio passe devant, on tolérera deux mauvais sondages, mais pas trois. Cela dit, je préfère ça au côté éléphantesque de l'Ortf que j'ai connu. Car la concurrence, même si elle est sanctionnée par des points, est quand même... stimulante ! Lui Quand vous étiez en concurrence avec Martin, vous deviez avoir l'oeil rivé sur les sondages ! Drucker Non, parce que ce n'était pas tout à fait le même public... Martin n'avait ni la même clientèle, ni le même profil, ni la même image de marque... De toutes façons, et cela fait partie des grandes qualités de Guillaud, le Pdg de la chaîne, il a laissé l'émission s'installer, il a toujours cru à la notion de rendez-vous. Un principe qui, sur la longueur, est payant. De toutes façons. Surtout quand on a en face de soi un concurrent qui change sa grille plus souvent. 48 Lui Vous êtes une star de l'audiovisuel, peut-on dire, mais, un peu comme Madame Veil est une star en politique, vous êtes une star des familles. Est-ce que ça vous gêne ? Drucker Pas du tout ! Non seulement ça ne me gêne pas mais je trouve ça très agréable ; pourquoi nier que c'est agréable de sentir que les gens vous aiment bien ? Et puis il ne faut pas s'y tromper  : ceux qui s'enferment dans le ghetto parisien sans s'en rendre compte, à longueur de journée, oublient complètement qu'il ne faut pas mépriser le grand public. J'ai toujours pris la défense de Mireille Mathieu, de Johnny Halliday, Sylvie Vartan, de Claude François et d'autres chanteurs dits populaires. Car il ne faut pas se gourrer. Quelqu'un qui vend vingt-cinq millions de disques, que le public adore depuis quinze ans, ça mérite quand même l'analyse sur le plan sociologique ! Claude François, qui était un type très habile, très intelligent, m'avait dit une chose un jour  : « Tu te rends compte, j'ai vendu vingt-cinq millions de disques. Il y a près de deux générations et demie qui me connaissent, et je n'ai jamais eu droit à une seule ligne dans le Nouvel Observateur ou dans la presse de gauche. Et pourtant, mon électorat est un électorat de gauche car qui achète mes disques, sinon les enfants des familles populaires dans les Monoprix ? Ce n'est pas la rue du Sentier... ce n'est pas les gens de la Muette et ce n'est pas les gens de la Brasserie Lippni les gens des Deux-Magots qui achètent mes disques ! » Lui Bon d'accord, mais il faut voir ce qu'il leur vend et ce que vous vendez vous-même, n'est-ce pas un petit peu ce que vous appelez dans votre livre, « un paradis sous cellophane » ? Drucker Je ne sais pas... Quand je prends du recul, quand j'analyse ce que je présente à la télévision le dimanche... Je n'ai pas l'impression de présenter au grand public uniquement les choses facilement consommables... De toutes façons, l'image-télévision est porteuse de rêve. Les gens qui vivent à travers la télé sont des gens isolés... Lui Oui mais à la radio par exemple, à Rtl, le million dans la valise, ce n'est pas un rêve innocent ! C'est le rêve d'une société... Drucker C'est vrai, oui... Mais dans une émission comme celle-ci, qui est de toutes façon très populaire, commerciale, qui vit donc de la publicité, on donne une carotte pour inciter les gens à rester à l'écoute ! Mais quand on prend du recul et qu'on fait la liste des gens qui ont gagné cette valise, est-ce si honteux que ça de donner un million à une dame qui est au Smic, qui a des soucis terribles, qui vit dans un taudis, qui est éloignée de sa famille et qui n'aura jamais l'occasion de réaliser un de ses rêves, faire un voyage ? Je veux dire, quand on donne deux cent vingt millions en l'espace de quatre ans c'est à peu près ce que la valise a donné aux auditeurs de Rtl et qu'à chaque fois c'est tombé sur des gens au Smic, parce que ce sont des gens modestes qui écoutent notre émission... Des gens qui espèrent un jour avoir la chance de toucher le rêve, à leur tour... Je trouve que c'est un système peut-être un peu facile pour retenir l'auditoire à l'écoute, mais je ne trouve pas que ce soit si infâmant que ça ! Par définition, l'électorat d'une station commerciale est un électorat modeste. La zone d'écoute de Rtl, c'est quoi ? C'est le Nord, c'est le Pas-de-Calais, c'est Thionville, c'est Longwy... Lui Vous êtes toujours irréprochable et on vous le reproche d'ailleurs est-ce par calcul ou par pudeur ? Drucker Par calcul sûrement pas, je suis le contraire d'un Rastignac ! Je ne me suis jamais posé de questions, je n'ai jamais sonné à une porte et je n'ai jamais été demandeur. Tout ce qui m'est arrivé, c'était vraiment l'effet du hasard, le plus total... Arriver à l'antenne, être présenté par Couderc et Zitrone un soir en 1964 parce que j'étais le seul à avoir une cravate ce jour-là et que le titu- (Suite page 76.)



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