Lui n°186 juillet 1979
Lui n°186 juillet 1979
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°186 de juillet 1979

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 130

  • Taille du fichier PDF : 153 Mo

  • Dans ce numéro : les nouvelles photos de Miet-la-sublime et Reiser.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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FAUSSAIRES DE RESSEMBLANCE Dans une décharge publique, sept sacs en plastique qui contenaient des centaines de photos d'identité de jeunes Sénégalais, des photocopies de cartes d'identité... prix d'or un permis de conduire qui n'a jamais connu le moindre cachet officiel... Certaines mieux organisées montent des fraudes plus sophistiquées. Une législation internationale autorise les pays affiliés à Interpol à échanger les permis de conduire nationaux. Elle permet aussi aux fraudeurs de faire, comme par miracle, du « vrai avec du faux ». Un Espagnol qui travaille en France, par exemple, peut acheter à Paris un faux permis. A l'occasion d'un voyage dans son pays, il le transforme légalement à Madrid en vrai permis espagnol. Il n'a plus qu'à effectuer l'opération inverse pour obtenir un authentique permis de conduire français. Comme la police veille au grain et contrôle souvent à la préfecture l'origine des papiers d'identité, des bandes spécialisées organisent des circuits encore plus compliqués. Ainsi, pour déjouer les pistes, une équipe d'escrocs marocains achetait des faux permis à Paris, qu'elle faisait changer successivement en Hollande, puis au Maroc... avant de les retransformer en France. Les travailleurs émigrés ne sont pas les seuls à avoir imaginé la combine. Le maire d'une petite ville de Bretagne s'est étonné d'avoir tant d'administrés qui avaient passé leur permis de conduire en Afrique et qui désiraient se le faire transformer. Enquête faite, il s'agissait de plusieurs femmes de marins pêcheurs qui, ayant échoué plusieurs fois à l'examen de conduite, avaient demandé à leurs maris en campagne sur les côtes africaines, de leur ramener de faux permis locaux... Et dans le monde des faussaires tous les pays se donnent la main. Le trésor de guerre de la préfecture de police contient déjà des faux permis allemands, belges, cambodgiens, congolais, ivoiriens, espagnols, hollandais, italiens, laotiens, nigériens, thaïlandais, togolais, tunisiens, yougoslaves, zaïrois, égyptiens. L'an dernier, la police a même arrêté un certain Fazil Curlu qui avait monté à Châlons-sur- 92 Marne un petit atelier de fabrication de faux permis turcs... Une fraude, on s'en doute, particulièrement dange- équipes plus habiles et reuse. Ces « nouveaux conducteurs » lancés du jour au lendemain sans expérience sur les routes risquent de créer des accidents. Dans ce cas, si le permis de conduire est faux, les compagnies d'assurance retirent leur responsabilité et refusent de rembourser aux victimes les dommages et intérêts, sauf cas très rares. Mais les émigrés ne sont pas seulement intéressés par les permis de conduire, ils recherchent également les fausses cartes de travail et de séjour. Un trafic international avait même totalement résolu le problème de l'immigration clandestine. Pour la modique somme de deux mille francs, et grâce surtout aux P et T,d'habiles trafiquants transformaient des Sénégalais en citoyens français à part entière. La combine a été éventée par hasard. Un jeune garçon a remarqué, en mars 1978, dans une décharge publique de l'Oise, sept sacs en plastique qui lui ont paru suspects. Ils contenaient plusieurs centaines de photos d'identité de jeunes Sénégalais, une centaine de photocopies de cartes d'identité africaines et françaises, de faux billets de banque de tous pays et même de faux chèques de voyage. La police, alertée, remonte la filière à partir de correspondances oubliées dans ces sacs abandonnés en toute hâte. Elle aboutit dans le dixième arrondissement, au domicile de M. Amadou D., citoyen sénégalais, qui avait monté une étonnante combine parvenant à faire entrer légalement en France, au nez et à la barbe de l'émigration, plusieurs centaines de travailleurs africains. Le père d'Amadou, marabout de village, c'est-à-dire chef religieux connu et redouté, recevait au Sénégal les candidats au voyage. Il envoyait par lettre à son fils les photocopies des cartes d'identité des postulants. Amadou, qui était de mèche avec un faussaire français du milieu, faisait effectuer à leurs vrais noms de fausses cartes d'identité fran- çaises qu'il réexpédiait dare-dare, par la poste, à son papa. Les Sénégalais rentraient alors paisiblement en France qui était devenue, grâce à leurs papiers, leur pays natal. Une combine simple et tranquille qui, sans la découverte de cette poubelle miraculeuse, aurait pu durer encore longtemps. Les policiers français lancés au Sénégal aux trousses du marabout n'ont jamais pu rattraper le sorcier, protégé par la population. Il s'est retiré depuis, fortune faite, dans son village... Les gros truands, alléchés par le développement de cette industrie, et toujours à l'affût des meilleurs placements aux moindres risques, ont vite mis la main sur ce trafic. Les fabricants de faux papiers comme les maquilleurs de voitures volées ou les fournisseurs d'armes faisaient autrefois partie de ce qu'on peut appeler l'intendance du Milieu. Ces artisans, petits magouilleurs sans envergure, assuraient l'infrastructure logistique du mitan. Les « fausses brêmes » sont depuis toujours indispensables aux évadés de prison, aux permissionnaires qui ne veulent pas y retourner et aux truands recherchés qui préfèrent prendre les devants et se mettre en cavale munis d'une identité au casier judiciaire vierge... Les fausses cartes d'identité permettent aussi aux « julots » de vieillir de quelques années les prostituées mineures, et de les expédier sans risque dans une vitrine d'Amsterdam, un Eros Center allemand, ou un émirat arabe. Dans le domaine de la contrefaçon aussi, l'évolution des techniques a produit une véritable révolution. Les anciens faux papiers fabriqués clandestinement en imprimerie étaient souvent ratés. Le papier était taché, les couleurs douteuses. La découverte, par le Milieu, dans les années soixantedix, des machines offset, a donné de l'appétit aux voyous. D'autant qu'au même moment se développait à l'échelon industriel la véritable arnaque du siècle, l'escroquerie aux chèques volés. Les chéquiers volés dans les boîtes aux lettres et dans les (Suite page 100.)
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