Lui n°186 juillet 1979
Lui n°186 juillet 1979
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°186 de juillet 1979

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 130

  • Taille du fichier PDF : 153 Mo

  • Dans ce numéro : les nouvelles photos de Miet-la-sublime et Reiser.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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F... COMME FALLOPE Pourquoi si peu de femmes ont-elles compté depuis l'aube de l'Histoire ? Leur réponse on a été brimées. Ma réponse  : vous méritiez de l'être... (Suite de la page 74.) té égale), les femmes valent et de loin —, mieux que les hommes. Une petite vendeuse de Prisunic sera toujours plus fine, plus retenue, plus perspicace, plus gracieuse que son homologue, postier à Villeurbanne. Malheureusement, la coïncidence est rare et illusoire, car l'égalité a vite fait de se perdre dès qu'on grimpe l'échelle. Je passais une soirée chez une de mes amies. Dieu sait pourquoi (il faut un certain nombre de verres, à partir d'un certain âge, pour aborder les grands sujets), la conversation dévia sur le Moyen Age arabe. Les filles adorent l'érudition et Hortense, c'était son nom, m'en donna la preuve. Elle me déclara tout simplement que l'Islam datait de trois mille ans. Je fus sidéré. Bon, je sais bien que 90% des Français (malgré les maisons de la culture et peut-être à cause d'elles) ignorent jusqu'au nom de Mozart, mais enfin, Hortense était de bonne famille et avait son bac. J'avançai faiblement que je croyais savoir que Mahomet était né quelque six cents ans après le Christ. Elle se moqua de moi  : j'étais nul, j'en étais encore à croire à la science officielle, j'étais un fasciste. L'ignorance, qui ne serait pas un mal, a ceci de fâcheux qu'elle conduit au masochisme intellectuel. Hortense s'humiliait, m'humiliait, humiliait sa naissance, son contexte social, ses croyances, ses habitudes, son atmosphère culturelle, devant quelque chose d'une ancienneté bien plus grande, d'une science plus profonde, et cette aberration abolissait en elle le peu qu'elle possédait de sens critique. Certes, la culture est avant toute chose un luxe d'un usage exclusivement bourgeois. Mais elle permet aussi de ne pas être dupe, de rire des modes. Et surtout, elle fait la mise au point, donne le repère. On pourrait dire qu'elle est une science des rapports. Point n'est besoin, bien entendu, de connaître dans les détails la civilisation grecque ou romaine, mais il est indispensable de savoir que les Grecs, 80 c'était avant, que les Romains, c'était après, et pas l'inverse. Je ne peux pas vivre sans connaître l'heure ou le lieu. Quand je voyage, je veux savoir où je me trouve et si je ne me repère pas sur la carte, une angoisse immédiate me fait douter de ma propre existence. Cela n'intéresse pas les femmes, il n'y a jamais d'atlas dans leurs bibliothèques et le sentiment du temps, le plus profond car il a ses liens avec la mort, leur est parfaitement étranger. Tout cela pour dire que ce porridge qui leur tient lieu de cervelle les mène tout naturellement à ce qui est vague, surnaturel, paranormal, parapsychologique, à d'exotiques certitudes, à de fausses sagesses (ou à la vraie, ce qui ne vaut guère mieux), à une religiosité mêlée bizarrement de marxisme (à ce propos, il est divertissant de voir à quel point mysticisme et matérialisme dialectique ont toujours fait bon ménage). Ah ! la chance que vous avez de n'être pas Descartes ou Aristote, mais éventuellement Pauwels ou Bergier, Bouyard ou Pécuchet ! Quoique vous trouviez à dire, vous serez à peu près sûr de votre coup. La femme-objet ! Encore faut-il pouvoir l'être. Les trois dondons qui en parlaient à la télé n'auraient sans doute pas mieux demandé. J'ai bien ri quand l'Ayatollah Khomeiny a pris le pouvoir en Iran. Les péronelles qui me disaient tant de mal de ce pauvre Shah ont trouvé chaussure à leur pied. Et maintenant, l'immense, l'énorme problème de la créativité, que je traiterai un jour en cinquante-trois volumes. Les femmes, disent-elles, font les enfants, ce qui leur épargne d'être Parménide, Vélasquez ou Beethoven. Pourquoi si peu de femmes ont-elles compté depuis l'aube de l'Histoire, pourquoi le monde ne leur doit-il à peu près rien ? Leur réponse  : on (les hommes) nous a entravées, on a été brimées. Ma réponse  : vous méritiez de l'être. Pourquoi vous êtes-vous laissées faire, si vous êtes si malignes ? La contrainte aurait dû être au contraire un aiguillon. Nous n'avions pas à vous aider, il fallait obtenir. Si cela ne s'est pas fait, c'est que vous n'avez pas pu. Le lamentable échec qui est le vôtre n'est qu'une juste conséquence de votre millénaire incapacité. De même que je refuse le principe de l'avance sur recette au cinéma (je connais bien la question  : elle n'aide qu'à faire des aigris en favorisant tel ou tel qui aurait dû demeurer barman ou plombier), je repousse catégoriquement toute explication sociologique à cet état de fait. Enfin, soyez adultes, puisque c'est votre plus cher désir ! Un fait est un fait. Toute aide n'est qu'une insulte. Vous voilà dans le trou, à qui la faute ? Nous n'avions pas à marcher à votre place. Et si nous en prenons trop, de la place, ayez la force de nous en déloger. Luttez, battez-vous, mais de grâce, ne gémissez pas. Nous vous faisons horreur en résistant. Je crois presque mystiquement que tout se mérite, jusqu'au sexe, jusqu'au physique et jusqu'à la naissance. Si vous êtes nées femmes, c'est que vous l'avez voulu. Ne nous en cherchez pas querelle. Des historiens de mauvais aloi tentent de nous expliquer que si les Grecs, par exemple, ou les Allemands, les Anglais, les Français, les Italiens ont tant donné à la culture, mais par les Khirgizes ou les Tartares, c'est que ceux-ci habitaient un désert où il est difficile de s'exprimer. Mais non, ils étaient simplement moins doués et le désert la guerre est là pour ça que ne le quittaient-ils ? (Ils l'ont fait, d'ailleurs, et ça n'a rien donné). La pire explication, la plus lâche dans sa démarche est celle qui consiste à inverser les catégories et à chercher un résultat dans ce qui est une cause. C'est nier la notion même de responsabilité, sans laquelle tout est noir, triste et sale. Enfin, si les femmes avaient été capables de construire le monde, depuis le temps, ça se saurait ! Egales de l'homme ? Soit. Mais il faudra le prouver ! (P.s. Je trouve que l'ayatollah pousse quand même un peu.) Paul Gégau ff.



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