Lui n°182 mars 1979
Lui n°182 mars 1979
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°182 de mars 1979

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 154

  • Taille du fichier PDF : 155 Mo

  • Dans ce numéro : entretien du mois avec Michel Poniatowski.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CONTES DE GRIME Bela Lugosi était si attaché à son personnage de vampire qu'il croyait fermement être le comte Dracula  : il dormait dans un cercueil, drapé dans sa cape de velours noir... (Suite de la page 88.) et Tod Browing créent, coup sur coup, des Frankenstein, Dracula et autres créatures, sous l'égide de la firme Universal. C'est Tod Rrowing qui, avec Dracula, débute cette florissante carrière de l'horreur et du fantastique. Le vampire joué par Bela Lugosi n'est plus un gentilhomme d'Europe centrale à la mine patibulaire sur fond de Carpates non moins patibulaires —, il est devenu un lord anglais à l'allure si aristocratique que l'on ne doute pas un instant que sa célèbre cape noire n'ait été coupée à Savile Row. Bela Lugosi impose avec brio cette nouvelle image de marque  : teint pâle, cheveux noirs gominés style Travolta ou danseur mondain. Maquillage presque naturel excepté pour les scènes où le vilain monsieur sort ses canines pour goûter le sang de ses victimes. Elégance que l'on retrouve chez le plus célèbre de nos Dracula contemporains, Christopher Lee, qui partage aujourd'hui avec l'Américain Vincent Price et l'Anglais Peter Cushing, le titre incontesté de maître de l'épouvante. Avec le monstre de Frankenstein, de James Whale, le travail de maquillage devient une épreuve de force  : Boris Karloff, maquillé par Jack Pierce, le plus connu — et le plus talentueux maquilleur d'Hollywood, devient un être effrayant, repoussant et pitoyable. Jack Pierce, qui avait dessiné le visage de la créature d'après le scénario tiré du roman de Mary Shelley, imagine ce masque inhumain, grisâtre, ce crâne (faux, bien sûr) carré et monstrueux, cette bouche mince, tordue et pathétique. Et pour montrer que le monstrerobot est né de la main de l'homme, il lui colle au cou des vis et boulons métalliques. Pour le rendre plus gigantesque, avec cette démarche pesante et raide caractéristique, Pierce fait porter à Karloff de hautes semelles de plombet lui emprisonne les jambes dans des prothèses d'acier... Note historique  : le maquillage de Jack Pierce avait d'abord été créé pour Bela Lugosi qui devait jouer le monstre dans un Fran- 92 kenstein tourné par Robert Florey. Pour diverses raisons, le tournage du film avait été confié à James Whale, à la grande satisfaction de Lugosi qui, paraît-il, avait trouvé que ce nouveau maquillage nuisait à son image de marque ! Bela Lugosi était d'ailleurs si attaché à son personnage de vampire qu'il croyait fermement être le comte Dracula  : il dormait dans un cercueil, drapé dans sa cape de velours noir, entouré d'objets funèbres. Il est mort dans la misère, malade, victime sans doute de ses « public-relations » qui avaient cru bon de lui faire jouer les vampires à la ville... A Jack Pierce, créateur de monstres, on doit plusieurs autres Frankenstein  : entre autres La fiancée de Frankenstein, où il maquille le monstre et sa « fiancée », Elsa Lanchester, à qui il fait porter des échasses pour qu'elle soit à la hauteur de son prétendant... Il est aussi le créateur du personnage de la momie, de l'homme invisible, du loup-garou. Certains de ses maquillages sont devenus si célèbres qu'il est aujourd'hui interdit de les imiter. Les droits de reproduction de la tête de la créature de Frankenstein, par exemple, ont été déposés par Universal. Le réalisateur d'un Frankenstein moderne doit donc se contenter d'un ersatz de maquillage  : déplacer par-ci par-là une vis ou un boulon, supprimer une ride ou une cicatrice, etc. Dans la série télévisée américaine, The  : Munsters, le monstre de Frankenstein est devenu franchement comique et ressemble beaucoup plus à l'idiot du village qu'à un être de cauchemar. Jack Pierce est sans doute le plus célèbre des maquilleurs d'Hollywood, mais il n'est pas le seul à avoir eu du talent. Les studios anglo-saxons ayant déniché ce merveilleux filon, le fantastique, cherchent et trouvent de très bons techniciens capables de les seconder dans la création de monstres de diverses catégories. Les prolifiques Amériques donnent même naissance à toute une famille de maquilleurs, les Westmore. C'est George Westmore qui fonde au du début du siècle, cette étrange dynastie. Il donne à la patrie six fils qui se lancent tous sur les traces de papa. Les plus célèbres sont Wally et Bud, spécialistes du fantastique. C'est Wally Westmore qui est l'auteur de l'impressionnante transformation de Fredrich March dans le Dr. Jekyll et Mr. Hyde de Rouben Mamoulian, tourné en 1931. Le réalisateur avait demandé à Willy de créer un monstre ayant quelques ressemblances avec l'Homme du Néanderthal et le maquilleur avait passé des heures entières à faire des croquis de l'homme préhistorique. Le résultat fut concluant, et dépassa toutes les espérances. L'incroyable métamorphose du bon docteur en une bête poilue aux crocs hérissés se passe « en direct » sur l'écran. Grâce au talent du maquilleur, bien sûr, mais aussi à un ingénieux procédé technique  : chaque partie du maquillage est appliquée dans une couleur différente le film est bien sûr en noir et blanc. Grâce à la pose de filtres successifs, la pellicule n'impressionne que la couleur désirée correspondant à la progression de la métamorphose... Quant à Bud Westmore, il réalise, entre les années 1945 et 1965, les maquillages dont les plus célèbres pour Celui qui n'existait pas, et les personnages des « thrillers », Le culte du Cobra, de Francis D. Lyon et Dans les griffes du vampire, d'Edward Dein... Près d'une centaine de films, où pullulent d'étranges créatures, tel est l'actif du Britannique Roy Ashton qui a été, pendant des années, le maquilleurmaison de la Hammer grande spécialiste du genre en Grande- Bretagne depuis plus de vingt ans. Il a beaucoup travaillé avec Terence Fisher et de leur collaboration sont nés, entre autres, un remake de La momie (La malédiction des Pharaons) tourné en 1959 avec Christopher Lee, Les maîtresses de Dracula, en 1960, La nuit du loup-garou, en 1961, et bien d'autres thrillers. C'est lui qui a maquillé les créatures de cauche- (Suite page 102.)



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