Lui n°182 mars 1979
Lui n°182 mars 1979
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°182 de mars 1979

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 154

  • Taille du fichier PDF : 155 Mo

  • Dans ce numéro : entretien du mois avec Michel Poniatowski.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CONTES DE GRIME Lon Chaney compose son propre maquillage  : pour donner l'impression que ses yeux sortent des orbites, il se tire la peau des tempes avec des fils métalliques invisibles... (Suite de la page 70.) ainsi, explique Reiko. Klaus se rase d'abord le crâne, puisque Nosferatu est chauve comme un œuf. Vient ensuite la pose d'une base blanche sur le visage, le crâne, le cou et les mains. Les oreilles-prothèses sont ensuite fixées sur les propres oreilles du comédien. Le maquillage proprement dit commence alors avec la pose du fond de teint blanc-ocre  : teinte obtenue par un mélange de blanc, de jaune, de gris et de vert. Ce visage plat, sans lumière, sans vie, sert de base au maquillage, à ces touches de couleurs qui créent l'expression. Les joues sont creusées par des ombres violet-indigo, comme celles du revenant kabouki (lui-même inspiré du masque du démon Nô). Les yeux sont cernés de gris-noir, d'abord au crayon, puis à l'aide de trois tons de poudre, égalisés à la brosse. Maquillage parachevé par une goutte de khol à l'intérieur de l'oeil. Les sourcils, eux, sont légèrement estompés par une touche de blanc-crème. Les lèvres, comme celles du revenant kabouki, sont ourlées d'un trait gris et l'intérieur en est teinté de rouge pour donner l'impression d'une traînée de sang laissée par le dernier festin. C'est d'ailleurs la seule note gaie si l'on peut dire ! de l'ensemble. Chez les personnages du théâtre kabouki, le rouge est la couleur de la virilité, le rouge pâle étant réservé au guerrier, et le rouge basané au paysan. Quant au pauvre revenant, aussi dénué de beau sang vermillon que de virilité foudroyante, il se contente de blanc cadavérique et d'indigo funèbre. Les tons que j'utilise diffèrent selon le lieu de tournage ; en studio, ils sont plus atténués car, à la lumière des projecteurs, ils risquent de devenir violents et agressifs. En extérieur, je force un peu les couleurs, car nous avons filmé ces séquences à l'aube ou au crépuscule, dans un petit créneau de lumière proche de la nuit. J'ai dû aussi changer le maquillage de Klaus un certain jour où il avait passé des heures à la plage et était revenu tout 88 bronzé. Le lendemain, nous ne l'avons d'ailleurs pas quitté d'une semelle et l'avons escorté à la plage avec un immense parasol !... » Les dents et les ongles sont posés au dernier moment. La réalisation de ces prothèses a d'ailleurs été le premier travail de la maquilleuse. « Dans ce cas précis, dit Reiko, nous avons commencé par le moulage des oreilles le seul moulage que nous ayons fait de l'anatomie de Klaus. Nous voulions des oreilles à l'aspect presque naturel, mais un peu plus volumineuses pour donner une impression d'étrangeté, sans excès cependant pour ne pas tomber dans le grand-guignolesque. Dominique Colladant a réalisé ce moulage avec un ersatz de plâtre dans lequel il a ensuite coulé les oreilles en latex. Les ongles, ou plutôt les griffes, sont un peu bombées, comme des serres de rapace. Les dents, les deux incisives, semblables à celles des rongeurs, ont été faites par un dentiste, en or couvert d'émail. Nous faisons d'ailleurs souvent appel aux spécialistes, dit Reiko. C'est un ophtalmo, par exemple, qui a fait les verres de contact que Kinski porte dans certaines scènes, pour donner à ses yeux gris-bleu un regard vide, sans vie. Ces verres de contact, de couleurs différentes, sont souvent utilisés dans les films fantastiques ou de sciencefiction  : David Bowie, extra-terrestre dans L'homme qui venait d'ailleurs, porte des verres de contact blancs qui lui donnent un regard terrifiant et irréel. Les spécialistes sont également utiles pour donner un conseil, ou un tuyau », continue Reiko ; un médecin, un chirurgien, peuvent me décrire l'aspect externe d'une maladie, d'une plaie. Dans La chanson de Roland, par exemple, nous devions maquiller des « lépreux » et, bien sûr, j'ignorais totalement à quoi peuvent bien ressembler les pustules de cette maladie. Un ami médecin m'a aidée en me montrant les planches-couleur de gros bouquins médicaux. Le résultat ? De magnifiques pustules en latex qui semblaient plus vraies que nature... Un autre amichirurgien, m'a décrit l'effet de l'impact des plombs de chasse sur un être humain ; les trous, minuscules, sont imperceptibles, et le seul effet visible est le gonflement de la peau, au bout de quelques heures. Il a fallu tricher un peu, faire quelques trous par-ci parla, pour donner un certain résultat visuel... » Filets de sang au coin des lèvres les vampires semblent ignorer l'usage du mouchoir — teint diaphane et maladif de Dame aux camélias pour Isabelle Adjani qui joue Lucie vampirisée par Nosferatu... le travail de Reiko et de Dominique, maquilleurs de plateau, à été infini. « Et des morsures de rats, j'en ai fait des douzaines et des douzaines ! dit Reiko. Car le vampire traîne derrière lui une horde de rongeurs qui apportent la peste avec eux (Jacques Duf ilho est une de leurs victimes...). Werner Herzog a d'ailleurs eu du mal à filmer ses rats pensionnaires d'un laboratoire car la ville de Delft, où il voulait tourner la scène, a refusé tout net qu'il lâche ces animaux peu sympathiques dans les rues si proprettes. Herzog a dû les emmener à la ville voisine et les filmer par petits groupes. Le premier Nosferatu, celui de Murnau, est le grand-papa de toute un lignée de vampire qui, sous le nom de Dracula, envahissent peu à peu les écrans. Le premier vampire américain est interprété par Lon Chaney, dont les techniques de maquillage sont si stupéfiantes qu'on l'a surnommé « l'homme aux mille visages ». En 1927, il tourne donc London after midnight, sous la direction de Tod Browing. Il compose comme d'habitude son propre maquillage ; il le veut si réaliste que pour donner l'impression que ses yeux sortent des orbites, il se tire la peau des tempes avec des fils métalliques invisibles... A la mort de Lon Chaney, en 1930, correspond la naissance de l'âge d'or du fantastique américain. Les réalisateurs James Whale (Suite page 92.)
— Et cette Mona Lisa, qui est-ce ?... Rq



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