Lui n°182 mars 1979
Lui n°182 mars 1979
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°182 de mars 1979

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 154

  • Taille du fichier PDF : 155 Mo

  • Dans ce numéro : entretien du mois avec Michel Poniatowski.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 62 - 63  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
62 63
LE DROIT DANS L'CEIL C'étaient des hommes qui avaient fait leurs preuves à maintes occasions. Ils avaient déjà inventé le Hachoir national, l'Emballage de cellophane, l'Eau bouillie... ment détériorés. Tous présentaient un trouble de la cornée, ils avaient perdu leurs cils et les bords de leurs paupières s'étaient couverts d'une rouille marron sale... Nous en avions presque pleuré. C'était le dernier lot d'Yeux du Maître que nous venions de recevoir, la veille, du Canada. - Il aurait fallu les couvrir d'une bâche, remarqua le sous-directeur. - Une bâche, pour quoi faire ? répliqua le directeur. Une production de cette classe ne devrait pas dépendre des conditions métérologiques. Le directeur avait raison. Nous avions déjà reçu auparavant des informations locales inquiétantes, nous faisant savoir que les Yeux du Maître ne répondaient pas aux critères d'exploitation. A peine étaient-ils installés qu'ils se mettaient à tourner de tous côtés, à lancer des oeillades aux ouvriers... Certains Yeux du Maître pleuraient et leurs larmes tombaient sur les installations... Et, en règle générale, au bout de deux à trois semaines ils devenaient rouges, commençaient à pourrir, et finalement se fermaient. Après cela ils étaient dévorés par les corbeaux, rongés par les souris, et au premier coup de vent violent ils tombaient en poussière. Cette répugnante poudre puante se déposait dans les environs, sur des dizaines de kilomètres, obligeant les gens à fermer leurs fenêtres et à ôter le linge qui séchait dans les cours... L'achat et le transport des Yeux du Maître coûtaient des sommes folles. Mais comme nous en avions besoin en permanence nous étions obligés de traiter avec différentes firmes étrangères parmi lesquelles un grand nombre demandait des prix tout simplement spéculatifs. Malgré cela leur qualité laissait beaucoup à désirer. Aussi, le directeur avait raison d'affirmer que ce n'était pas une question de bâche... Après le déjeuner, faisant le point chez le directeur, nous nous cassâmes longuement la tête pour savoir ce que nous allions faire... En fin de compte il fut décidé de mettre en train la 62 production nationale des Yeux du Maître. Eh oui ! ce serait difficile ! cela exigerait de nouveaux investissements ! Mais ou ce serait cela ou alors... Ce même jour l'équipe des ingénieurs d'élite s'enferma au K.b., c'est-à-dire au Bureau d'études. Ces ingénieurs firent le serment de ne pas quitter le K.b. tant que ne serait pas mis au point notre premier CEil du Maître. C'étaient des hommes qui avaient fait leurs preuves à maintes occasions. Ils avaient déjà inventé le Hachoir national, l'Emballage de cellophane, le Cheval artificiel, l'Eau bouillie et bien d'autres produits de consommation courante. A présent ils devaient résoudre le problème des problèmes, celui de l'CFil du Maître de notre propre fabrication. C'est au K. b. même que les ingénieurs étaient nourris. C'est là aussi qu'ils dormaient. Là qu'ils accomplissaient leurs besoins naturels, ce qui avait nécessité la mise en place d'un ingénieux système d'évacuation, une conduite qui descendait directement du K.b. dans la rivière Kovaliovka. Et on avait construit une station d'épuration sur cette rivière, afin que le public pût utiliser de l'eau pure. C'est aussi au K. b. que vinrent s'installer les femmes des ingénieurs, ce qui conduisit à y ouvrir une clinique d'accouchement, une crèche, un jardin d'enfants, un internat, des facultés, une philarmonie et une petite station d'incinération. Enfin, au bout de dix-neuf jours, en avance de sept minutes sur le délai fixé par le Plan, les portes du K.b. s'ouvrirent et on vit apparaître les ingénieurs, la mine radieuse, leurs croquis entre les mains. Quelle joie délirante ! ! A juste titre ! Car l'Chil du Maître de fabrication nationale venait de voir le jour ! Après un meeting solennel, tous honorèrent par une minute de silence la mémoire de l'un des ingénieurs qui n'avait pas eu la chance de vivre jusqu'à cet heureux instant, et puis ils s'en allèrent au travail. Pour produire cet OEil du Maître il était indispensable de disposer d'un alliage spécial. Car l'OEil du Maître ne doit craindre ni la corrosion, ni les températures élevées. En outre, il doit être mobile et perçant. Et puis il ne doit pas relâcher son attention. I1 doit aussi être pur, bleu et surtout bon. Car c'est Notre Œil du Maître à nous, et ceux qu'il doit surveiller ne doivent pas le craindre... Pour obtenir un alliage aussi exceptionnel on fit venir les métallurgistes les plus compétents. De toute urgence, on créa pour eux de bonnes conditions de travail  : salle de bains, gaz, téléphone, dispensaire, jardin botanique, cinéma panoramique, palais des Mariages, clinique d'accouchement, cimetière et deux tables de pingpong... Au bout de quatre heures, avec dixhuit années d'avance sur le délai prévu par le Plan, l'alliage indispensable fut obtenu. Après un meeting solennel tous honorèrent par une minute de silence la mémoire de l'un des métallurgistes qui n'avait pas eu la chance de vivre jusqu'à cet heureux instant... Enfin arriva le jour glorieux où les chefs d'atelier firent savoir que l'OEil du Maître était créé. Il va de soi que, dès le début, la production avait été déclarée « Secret d'Etat » et personne ne savait ce que produisait son atelier et dans quel but. Un des ateliers fabriquait le cristallin, un autre la cornée, un autre encore les cils et les paupières. Quant à l'atelier de tissage, il produisait le nerf optique. Comme le personnel de cet atelier se composait exclusivement de femmes, on vit bientôt toutes les ouvrières se pavaner dans des blouses neuves indéchirables et infroissables, faites dans un tissu inhabituel, le tissu de nerf optique. Comme il y avait beaucoup de ce tissu, il en resta même pour l'CEil du Maître... Enfin, tous les éléments étant achevés, l'(Eil du Maître pouvait être envoyé dans une institution spéciale, où il devait recevoir son visa définitif. Etant donné que (Suite page 112.)
SINE:COMMENT BIEN FA OUR I.ui a demandé à Siné, l'artiste qui fait des cartons, le dessinateur qui a de la patte et du tcniperaiilcnt, de vous t ci i i r la main pour que vous preniez votre pinceau. Une fois que vous ne vut t ti em i nêlerez plus les crayons, Sine,u, lichera k » coude. A votre tour de voler de votre propre zèle, ait jeui de l'humour et de tout le bazar... 1 f FAI&,. F., w c'- kt,t,acfui.4e r 1 *OIr1. v (oR/, [  : Ain L FPR. ^`C. (i'IW r TO-ts'`""'°`) G Q{ 1E5 S ozs ; °,1,aXg"SCrQO, a.. ‘00601,0100%.Q d° Lirnte CQ,t MA t oQig ^ ca ? reitt a,  : , Pt.e 6441#4 flah'.7c P,r ;t. li'nt m Gn cwoex:04eV - ¢'lut +xa. Ze ottpa. n w J de v  : 1 1, +. "0,4 4,4'ec,ee.. oal. Vou,/L°14,0 suutt4  : a t d » i » ti cité 4akot et-A% Iditots (,oiiasid ea idace), luit 624% fit, aa dd/p/t'ac4t.tei. auh fae 4 deo alma RAYON TE Pi.v VW AYEZJp,11E PLEINE DE GAGS ET voUS NE SAVEZ PAS QU01FAIREAVEC ? ((ALORS VOU VOULEZ DVENif DES51NpTU(2 D'HUMD UR BLS  : BOVt'DE CéZAYoN h vews ittseintet(eit lut PAt et P'ence içazt nAxmt ¢v awL eaa3 Gie TrMi4 Pk.0iQ EC ROU6e...v+s 14 -fciuFvà gciFQu'wi,. I24aon 111,166646 - ion.PCo pxot 424 muttbrGt (¢I.s o L'Ecole Parisienne d'Humour Limité 65,CHMVSEY. 70oB PARS P hu. LES OU tartate " & oa.BPt iv.Y pou/,., J,udert c1i Fa ('P.4 dFnrp,6 t PAS 4 iée bWNQ 4 dPn ! uM



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lui numéro 182 mars 1979 Page 1Lui numéro 182 mars 1979 Page 2-3Lui numéro 182 mars 1979 Page 4-5Lui numéro 182 mars 1979 Page 6-7Lui numéro 182 mars 1979 Page 8-9Lui numéro 182 mars 1979 Page 10-11Lui numéro 182 mars 1979 Page 12-13Lui numéro 182 mars 1979 Page 14-15Lui numéro 182 mars 1979 Page 16-17Lui numéro 182 mars 1979 Page 18-19Lui numéro 182 mars 1979 Page 20-21Lui numéro 182 mars 1979 Page 22-23Lui numéro 182 mars 1979 Page 24-25Lui numéro 182 mars 1979 Page 26-27Lui numéro 182 mars 1979 Page 28-29Lui numéro 182 mars 1979 Page 30-31Lui numéro 182 mars 1979 Page 32-33Lui numéro 182 mars 1979 Page 34-35Lui numéro 182 mars 1979 Page 36-37Lui numéro 182 mars 1979 Page 38-39Lui numéro 182 mars 1979 Page 40-41Lui numéro 182 mars 1979 Page 42-43Lui numéro 182 mars 1979 Page 44-45Lui numéro 182 mars 1979 Page 46-47Lui numéro 182 mars 1979 Page 48-49Lui numéro 182 mars 1979 Page 50-51Lui numéro 182 mars 1979 Page 52-53Lui numéro 182 mars 1979 Page 54-55Lui numéro 182 mars 1979 Page 56-57Lui numéro 182 mars 1979 Page 58-59Lui numéro 182 mars 1979 Page 60-61Lui numéro 182 mars 1979 Page 62-63Lui numéro 182 mars 1979 Page 64-65Lui numéro 182 mars 1979 Page 66-67Lui numéro 182 mars 1979 Page 68-69Lui numéro 182 mars 1979 Page 70-71Lui numéro 182 mars 1979 Page 72-73Lui numéro 182 mars 1979 Page 74-75Lui numéro 182 mars 1979 Page 76-77Lui numéro 182 mars 1979 Page 78-79Lui numéro 182 mars 1979 Page 80-81Lui numéro 182 mars 1979 Page 82-83Lui numéro 182 mars 1979 Page 84-85Lui numéro 182 mars 1979 Page 86-87Lui numéro 182 mars 1979 Page 88-89Lui numéro 182 mars 1979 Page 90-91Lui numéro 182 mars 1979 Page 92-93Lui numéro 182 mars 1979 Page 94-95Lui numéro 182 mars 1979 Page 96-97Lui numéro 182 mars 1979 Page 98-99Lui numéro 182 mars 1979 Page 100-101Lui numéro 182 mars 1979 Page 102-103Lui numéro 182 mars 1979 Page 104-105Lui numéro 182 mars 1979 Page 106-107Lui numéro 182 mars 1979 Page 108-109Lui numéro 182 mars 1979 Page 110-111Lui numéro 182 mars 1979 Page 112-113Lui numéro 182 mars 1979 Page 114-115Lui numéro 182 mars 1979 Page 116-117Lui numéro 182 mars 1979 Page 118-119Lui numéro 182 mars 1979 Page 120-121Lui numéro 182 mars 1979 Page 122-123Lui numéro 182 mars 1979 Page 124-125Lui numéro 182 mars 1979 Page 126-127Lui numéro 182 mars 1979 Page 128-129Lui numéro 182 mars 1979 Page 130-131Lui numéro 182 mars 1979 Page 132-133Lui numéro 182 mars 1979 Page 134-135Lui numéro 182 mars 1979 Page 136-137Lui numéro 182 mars 1979 Page 138-139Lui numéro 182 mars 1979 Page 140-141Lui numéro 182 mars 1979 Page 142-143Lui numéro 182 mars 1979 Page 144-145Lui numéro 182 mars 1979 Page 146-147Lui numéro 182 mars 1979 Page 148-149Lui numéro 182 mars 1979 Page 150-151Lui numéro 182 mars 1979 Page 152-153Lui numéro 182 mars 1979 Page 154