Lui n°121 février 1974
Lui n°121 février 1974
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°121 de février 1974

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 114

  • Taille du fichier PDF : 151 Mo

  • Dans ce numéro : Paul Getty, il roule sur l'or... noir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PAUL G E TTY Un mage noir lui dit  : « Vous vous marierez cinq fois. Mais surtout ne tentez pas une sixième expérience... ». (Suite de la page 30.) Car je vous vois avec du sable dans les mains et de l'eau à vos pieds ». Paul Getty, qui était déjà un caïd du pétrole, avait compris. Mais la suite devait l'abasourdir  : « Vous vous marierez cinq fois. Mais surtout, ne tentez pas une sixième expérience, elle vous serait fatale ». Cette prédiction incita peutêtre Getty à prendre cinq femmes légitimes... et à s'en tenir là. Les femmes auront sans doute été le seul échec de la vie de Getty. I_,a première avait dix-huit ans, elle était blonde, pétillante et s'appelait jeannette Dumont. Il l'épousa, malgré l'opposition du clan Getty... Et en divorça dix-huit mois plus tard. Le chiffre 18 tient une place bizarre clans la vie sentimentale de Paul Getty. Car dix-huit mois après son divorce, il rencontra au Mexique une fringante Texane de dix-huit ans, Allene Ashby, qu'il épousa en secret niais qu'il commença de délaisser après dix-huit mois de mariage. Ce n'est seulement que quelques années plus tard, après son nouveau divorce, qu'il épousa, en 1929 (année qui devait, mais pour une toute autre raison, faire date dans l'histoire des États-Unis), Adolphine Hernie, surnommée Fini, une pulpeuse Allemande de dix-huit ans. Adolphine est si charmante, si affectueuse, si spirituelle que les parents de Paul Getty mettent fin à la guérilla qui les opposait à leur fils, depuis le premier mariage de celui-ci. Ce qui n'empêchera d'ailleurs pas Paul Getty de divorcer dix-huit mois plus tard, pour se remarier — une quatrième fois avec AnnRork, une actrice ! Dans l'intervalle, Paul Getty a perdu son père. George Franklin est mort d'une crise cardiaque. Il a légué sa fortune à sa femme, Sarah. Paul, lui, n'aura pas un sou. Pourquoi ? Son Père le jugeait-il trop ambitieux Immoral ? Ou bien s'était-il dit que le petit n'avait décidément pas besoin de la fortune paternelle pour réussir ? Paul Gettv accuse le coup. Il s'en console en travaillant. Douze heures 32 par jour. Dur avec ses employés. Impitoyable pour ses directeurs. Ne faisant confiance à personne qu'à son flair. En ces années tragiques pour l'Amérique, Paul Getty, lui, étend ses affaires, absorbe des concurrents en difficulté, s'attaque aux grands du pétrole, défie même les plus puissants. Et réussit. Mais ce succès a son revers. Paul Getty a délaissé son foyer et les deux, enfants qu'AnnRork lui a donnés. Elle divorce. Décidément, la vie sentimentale de Paul Getty est une navigation qui le mène d'écueil en écueil. Qu'importe. Il se console  : ses affaires vont de mieux en mieux. Paul Getty, le premier, a flairé le trésor qui dort sous les sables du Moyen-Orient. Avant même qu'une goutte de pétrole en ait jailli, Getty a dépensé l'équivalent de vingt milliards d'anciens francs, fait construire des mosquées. préparé les baraquements des ouvriers, les hôtels de ses futurs ingénieurs et cadres. L'Amérique ricanait  : « Paul Getty est devenu fou », disait-on dans les milieux d'affaires. 11 n'était pas fou. Loin de là. Simplement plus audacieux, plus clairvoyant que ses rivaux. Qualités qui le rendront milliardaire. A cette époque, d'ailleurs, une étrange mélancolie s'abat sur Paul Getty. Pour la première fois de sa vie, il cesse, dans les années quarante, de travailler comme un forcené découvrant soudain qu'en pouvait vivre autrement. Il semble redouter de passer à côté de quelque chose d'important, d'inaccessible. il se met à sortir, à fréquenter les boîtes, comme lorsqu'il avait vingt ans. C'est aussi à cette époque qu'il devient collectionneur, achetant, « non pour investir, mais pour pouvoir admirer des œuvres d'art qui ne seraient à personne d'autre que lui ». Tableaux, tapis d'Orient, bronzes antiques, etc. Les années de guerre, Paul Getty — qui aurait voulu s'engager dans la marine, niais en fut empêché à cause de sa myopie -, les passe à fabriquer des bombardiers, à Tulsa, dans l'Oklahoma, Entre temps, il se remarie  : c'est sa cinquième — et ultime expérience. Il épouse Louise Dudley Lynch. File sera la dernière madame Getty. Il n'y aura plus qu'une femme dans la vie de Paul Getty  : Mary Teyssier, une aristocrate russe, descendante des Romanoff. Il vivra avec elle pendant quatorze ans. De ses cinq femmes, Paul Getty aura eu quatre fils et quinze petits-enfants. L'un de ces fils, George Franklin Getty, est mort l'an dernier à Los Angeles, dans des circonstances troubles. Un an plus tôt, un autre de ses fils, Paul Getty Junior, veuf de Palitka Pol, une locomotive de la dolce vita italienne morte après avoir absorbé une trop forte dose d'héroïne, avait été soupçonné par la police d'usage et de détention de drogue ! On connaît les ennuis dont a été victime Paul Getty iIi, un autre de ses petits-fils ! Ces contrariétés ont aigri le caractère. Il ne suffit pas, pour être heureux, de posséder soixante-quinze fois la fortune d'Onassis. D'avoir été celui qui, pendant quatre ans, a subi les sarcasmes de ses concurrents avant de triompher. Il ne suffit pas de se dire que le chiffre d'affaires annuel de vos différentes compagnies dépasse le budget d'un pays comme l'Espagne. De pouvoir s'offrir, pour vingt-deux millions de francs lourds, « i.a mort d'Acteon », le chef-d'œuvre du'Titien, et, pour cinquante millions cinq cent mille francs, un Van Dyck. Puis, pour la même somme, deux portraits de Boucher. Il a des hôtels à Acapulco, au Mexique, à New York. Des derricks au Koweit, en Californie, en Arabie Saoudite. Un musée au « Ranch Ilouse » de Malibu (Californie) et, ài,os Angeles, un palais musée de trente-cinq hectares, reproduction exacte des Papyrus d'Ilerculanum. Tous les jours, où qu'il soit, Paul Getty se lève à neuf heures, travaille de dix heures trente à treize heures trente, déjeune légèrement, et se replonge dans ses dossiers jusqu'à dixsept heures. Il ne sort jamais, et sa conversation ne porte, (Suite page 93.)
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