Lui n°121 février 1974
Lui n°121 février 1974
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°121 de février 1974

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 114

  • Taille du fichier PDF : 151 Mo

  • Dans ce numéro : Paul Getty, il roule sur l'or... noir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PAUL G ETTY A vingt-trois ans et demi, en 1916, il est déjà Paul Getty, millionnaire, jeune homme d'avenir. arabes ont décidé de se rendre maîtres de leurs richesses, le glas a sans doute sonné. Le Cartel. des grandes compagnies vit vraisemblablement ses derniers beaux jours. Paul Getty vaut à lui tout seul soixante-quinze Onassis, puisque sa fortune est soixante-quinze fois celle du célèbre Grec. Président de la Getty Petroleum, qui groupe une quarantaine de compagnies, il a soudain senti le sable se dérober sous ses pieds. Il refuse pourtant de s'avouer vaincu. Il relève le défi des émirs moyens-orientaux dont il a fait la fortune (et la sienne). Et parce qu'il croit plus que jamais à l'avenir du pétrole, il vient de créer une nouvelle compagnie chargée de la prospection en Ecosse. Ses ingénieurs ont découvert un gisement qui, déjà, produit huit mille barils par jour. il déteste qu'on parle de lui. Pourtant, depuis quelques mois, son nom est à la une de tous les journaux. Son visage de Buster Keaton de la finance envahit les écrans de la'TV. C'est une publicité dont il se serait bien passée  : il la doit aux frasques dont son petitfils, Paul Getty IiI, est à la fois le héros et la victime. Dans son chAteau de Sutton Place, à soixante kilomètres de Londres, Paul Getty, du haut de ses mille et un milliards de francs lourds, contemple le monde dun oeil mélancolique. Il aura tout eu dans la vie. Tout tenté. Tout réussi. Sauf. peut-être sa vie. Il a trop couru après les milliards. "Trop donné au pétrole. à ses affaires. La fortune lui a souri. Mais le bonheur, semble-t-il, l'a fui. Sinon, il n'aurait pas eu cinq épouses, il n'aurait pas divorcé cinq fois. Cette solitude privilège, et aussi misère des puissants, soudain, lui pèse. Mais à son Age, on ne se refait pas. D'ailleurs, le pourrait-il que Paul Getty ne changerait rien à sa destinée. « Car, dit-il, ma vie, ce sont mes affaire. » Il est né dans le pétrole comme d'autres naissent enfant de la balle. Son grand-père, John. était un pauvre fermier irlandais il y a six gercé-. 30 rations d'Irlandais chez les Getty — des États-Unis. Son père, George Franklin, se loua à partir de seize ans chez les cultivateurs du voisinage. Le soir, George Franklin attaquait une deuxième journée, étudiant le droit dans les livres dérobés dans la bibliothèque de son patron. Finalement, l'un de ses oncles lui paya des études de droit dans l'Ohio et, à vingt-cinq ans, George Franklin Getty devint magistrat à i'uscola. Il se maria, puis se fixa à Minneapolis où il installa un cabinet d'avocat. Un avocat retors, dur, compétent, hargneux, dont la réputation s'établit très vite. 1,e 15 décembre 1892, il eut un fils  : Paul. C'est en 1903 que le pétrole entra dans la vie de Paul Getty. Cette année -là, son père, rencontrant par hasard, dans l'Oklahoma, deux aventuriers prospecteurs, les frères Carter, leur acheta pour cinq cents dollars le lot 50 à Osage Nation — mille cent acres de terrain sur les collines pelées —, et fonda la Minehoma Oil Company. A douze ans, en mars 1905, le petit Getty se rend pour la première fois au bureau. Son père lui donne un dollar, qu'il place immédiatement à la banque. Car Paul Getty sait déjà ce qu'est une banque, une action (son père lui en a fait acheter)... et un puits de pétrole. il accompagne son père lorsque celui-ci va inspecter ses puits, surveiller ses forages, conseiller ses techniciens. A l'époque, Paul Getty rêve d'être... vétérinaire ! il ne sera, dans l'avenir immédiat, qu'un étudiant sage à l'Université de Berkeley. Puis à Oxford. "Timide, doux, un peu complexé par sa réputation de fils « de milliardaire irlandais qui a réussi en Amérique », Paul Getty se plonge dans les études. Ses condisciples britanniques le trouvent bien élevé. Mais « pas très folichon pour un Américain ». Peu avant la Première Guerre mondiale, il retourne aux tats-anis, nanti d'un diplôme d'économie politique, dune solide éducation très anglaise, d'un curieux complexe de supériorité qu'il dissimule mal sois un sourire froid et un visage ingrat. L'homme qui rentre aux Etats-Unis est un garçon dévoré d'ambition, impatient de prouver qu'il peut réussir par lui-noème, désireux de montrer à sa famille qu'il est le contraire d'un fils à papa. A peine arrivé, il se lance dans la prospection le long des côtes de la Californie. I1 néglige conseils et mises en garde. Ne se fie qu'à son flair. Fonce. A vingt-trois ans et demi. en 1916, il est déjà Paul Getty, millionnaire, jeune homme d'avenir et jeune loup du business américain. A cette époque, Paul est un garçon plutôt frêle, mais plein de volonté, et qui adore la vie. On le voit flanqué de jolies filles dans les boites à la mode. Autoritaire, cassant, mais tout aussi aimable et charmeur, il plait aux femmes, envoûtées par ce jeune homme qui sait commander et se faire obéir, allie souplesse et fermeté, sourit peu, mais avec tant de douceur qu'on ne lui résiste pas. En fait, Paul Getty, que l'on présente toujours comme un personnage sinistre et glacé. préoccupé exclusivement de ses quarante compagnies pétrolières, des tableaux de maître dont il est si orgueilleux, de ses demeures italienne, anglaise, écossaise et californienne, n'est pas tout à fait ce que l'on croit. il fuit les journalistes et n'accorde que rarement des interviews. Mais ceux qui l'ont approché ont découvert un jeune octogénaire pétillant, au regard curieux de tout, s'intéressant à tout, avide de vivre et plein d'humour. S'il ne sourit jamais. c'est parce que, s'étant fait faire deux « liftings », le rire lui est interdit. « Mais, dit-il. intérieurement. je pétille ». C'est en 1923 qu'il épousera la première de ses cinq femmes. Ce n'est pas un hasard, s'il s'est arrêté là. A vingt-deux ans, stir un coup de tête, il était allé consulter un diseur de bonne aventure de Minneapolis, un mage noir. « Je VOUS vois riche, lui avait dit le mage. Très riche. [,t savez-Vous d'où vous tirerez votre fortune sable (t de l e'.iil. (Suite page 3
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