Lui n°121 février 1974
Lui n°121 février 1974
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°121 de février 1974

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 114

  • Taille du fichier PDF : 151 Mo

  • Dans ce numéro : Paul Getty, il roule sur l'or... noir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LA TIMIDITE est-elle une maladie ? Confession d'un ancien Timide J'avais toujours éprouvé une secrète admiration pour Z.J. Borg. Le sang-froid dont il faisait preuve aux examens de la Faculté, l'aisance naturelle qu'il savait garder lorsque nous allions dans le monde, étaient pour moi un perpétuel sujet d'étonnement. Un soir de l'hiver dernier, je le rencontrai à Paris, à un banquet d'anciens camarades d'études, et le plaisir de nous revoir après une séparation de vingt ans nous poussant aux confidences, nous en vinmes naturellement à nous raconter nos vies. Je ne lui cachai pas que la mienne aurait pu être bien meilleure, si je n'avais toujours été un affreux timide. Borg me dit  : « J'ai souvent réfléchi à ce phénomène contradictoire. Les timides sont généralement des êtres supérieurs. Ils pourraient réaliser de grandes choses et s'en rendent parfaitement compte. Mais leur mal les condamne, d'une manière presque fatale, à végéter dans des situations médiocres et indignes de leur valeur. Heureusement la timidité peut être guérie. Il suffit de l'attaquer du bon côté. Il faut, avant tout, la considérer avec sérieux, comme une maladie physique, et non plus seulement comme une maladie imaginaire. » Borg m'indiqua alors un procédé très simple, qui régularise la respiration, calme les battements du coeur, desserre la gorge, empêche de rougir, et permet de garder son sang-froid même dans les circonstances les plus embarrassantes. Je suivis son conseil et j'eus bientôt la joie de constater que je me trouvais enfin délivré complètement de ma timidité. Plusieurs amis à qui j'ai révélé cette méthode en ont obtenu des résultats extraordinaires. Grâce à elle, des étudiants ont réussi à leurs examens, des représentants ont doublé leur chiffre d'affaires, des hommes se sont décidés à déclarer leur amour à la femme de leur choix... Un jeune avocat, qui bafouillait lamentablement au cours de ses plaidoiries, a même acquis un art de la riposte qui lui a valu des succès retentissants. La place me manque pour donner ici plus de détails, mais si vous voulez acquérir cette maitrise de vous-même, cette audace de bon aloi, qui sont nos meilleurs atouts pour réussir dans la vie, demandez à Z.J. Borg son petit livre « Les Lois éternelles du Succès ». Il l'envoie gratuitement à quiconque désire vaincre sa timidité. Voici son adresse  : Z.J. Borg, chez Aubanel, 8, place Saint-Pierre, à Avignon. METHODE BORG BON GRATUIT E. SORIAN ù découper ou d recopier et à adresser ù  : Z.J. Borg, chez AUBANEL, 8, place St-Pierre, Avignon, pour recevoir sans engagement de votre part et sous pli fermé « Les Lois éternelles du Succès ». NOM RUE N" VILLE AGE PROFESSION 100 LA BOUFFE OU LA VIE « Pour arriver à New York dans une forme convenable, je consulte le toubib du bord. » (Suite de la page 98.) le dernier refuge de cette religion en voie d'extinction. Son grand prêtre se nomme James. Il officie dans une semi-obscurité propice aux confidences et aux dégustations réfléchies. Devant lui, les enfants de choeur ont pris leurs places, dès le départ  : Ils ne la quitteront qu'à l'arrivée (encore faudra-t-il ne pas les bousculer). Mais James, qui sait déceler l'amateur de cocktail qui sommeille en chacun de nous, me susurre  : « Je vois que Monsieur aime les grands classiques. Pourrais-je lui demander de bien vouloir Bouter mon « Rose » ? Bof, pourquoi pas, va pour le « Rose »... L'ennui c'est qu'après, on ne peut pas refuser (l'essayer un « White Lady ». Et que du « White Lady » au « Whisky Sour », il n'y a qu'un pas que l'on franchit en titubant, mais que l'on franchit tout de même. Le cocktail adoucissant les moeurs, James et moi devenons très rapidement amis d'enfance. J'en profite pour le confesser. C'est ainsi que j'apprends que Howard Hughes, obsédé de l'incognito, est monté à bord de France, une malle sur le dos, déguisé en porteur. James ajoute  : « C'est pour lui que j'ai fait les plus extraordinaires mélanges de ma carrière  : ses gardes du corps mormons venaient chercher deux fois par jour son cocktail favori, un tiers Vittel, un tiers Vichy, un tiers Perrier ». James enchaîne  : « Nous avons eu aussi Monsieur Dassault. Il m'a dit un jour  : « On est quand même mieux ici qu'en avion... ». Mais le plus drôle restera Paul Getty. Vous connaissez sa réputation d'avarice ? (moins bien que son petit-fils, mais je connais quand même). Vous savez aussi que l'on prétend ne jamais l'avoir vu sourire. Eh bien ! moi, Monsieur, je l'ai fait rigoler. Je ne me rappelle même plus ce que j'ai pu lui raconter. Et quand il s'est calmé, il m'a rendu un billet de cent dollars en ajoutant  : « C'est votre silence que j'achète à ce prix. Ne répétez jamais que vous m'avez vu rire. Cela détruirait mon person- nage »... Je pourrais continuera l'écouter, mais, bizarrement, sa conversation s'estompe. Je me demande si mon cocktail de cocktails n'en est pas la cause. Fin de soirée au Salon Riviera où un spectacle de gala » nous attend. Un couple de danseurs acrobatiques, plus britanniques que nature, évolue avec des grâces des années trente. Vient ensuite la vedette  : André Dassary. Là, je commence ma nuit malgré les coups de coude de mon épouse, qui ose prétendre que je ronfle. Bref, au lit, et vite. Le lendemain est un peu pâteux. Curieuse impression de flotter entre deux eaux, pardon, entre deux mers (Aie ! encore un vin). Pour arriver à New York dans une forme à peu près convenable, je consulte le toubib du bord. Il n'ausculte par acquit de conscience, mais je sens que mon cas n'est pas le premier du genre. Le bon docteur me propose un traitement de choc mis au point par lui-même après de nombreuses expériences. Le résultat est saisissant. Je reprends contact avec le sol. C'est-à-dire avec le pont Mercredi. Décollage dans la nuit par le Jumbo d'Air France. Spectacle fascinant des millions de lumières de New York (cela aussi, on ne le reverra peut-être plus). Le chef de cabine apporte le menu. C'est un crochet au foie et je me prends à penser que je suis maudit. Encore du caviar ! Encore du foie gras ! Encore de la crème ! Et, par-dessus le marché, un extraordinaire carré d'agneau, rose comme une joue de première communiante, chaud, parfait, ce qui tient du miracle, compte tenu de l'exiguïté de la cuisine. Donc, tant pis, je replonge et me laisse tenter par des cèpes bordelaise que je trouve aussi bons que chez mon ami Massiat, au restaurant du Marché, ce qui n'est pas un mince compliment. Le tour accompagné d'un Saint- Émilion plus que convenable. Je pense en m'assoupissant que le suicide ainsi considéré comme l'un des beaux-arts est une institution trop mal connue. Alors, la bouffe ou la vie ? J'ai choisi. Devinez quoi... Robert Auboyneau
BON POUR UNE VOYANCE GRATUITE RÉALISÉE PAR UNE DES MEILLEURES VOYANTES DE NOTRE ÉPOQUE Une année qui commence par un cadeau est un heureux présage. Quel sera votre destin en 1914 ? Vous le découvrirez en découpant ce bon gratuit. Joindre trois enveloppes timbrées portant votre adresse et'20 timbres à 0,50 F pour frais, à Anne DELY 9, rue Saint- Lazare - 75009 PARIS. Quelques lignes de votre écriture, et le destin n'a plus de secret pour Anne DELY. Vous saurez tout en amour, argent, jeux, santé, etc... C'est une chance que cet article soit tombé sous vos yeux, votre vie va pouvoir changer. Ecrivez vite, puisque c'est gratuit ! Réponse rapide. Consultations de 11 h à 18 h 30. BOULANGER Le lendemain, il la posséda en bordure du champ, étonné de ce qu'elle ne fût plus vierge. (Suite de la page 72.) çut, alors qu'elle allait aux fleurs, à la lisière du domaine. 11 l'aborda, sa caméra à bout de bras. — Savez-vous que vous êtes belle sur l'écran ? Venez donc voir. Elle n'hésita qu'un peu et dans l'obscurité de la salle, Abel lui posa la main sur l'épaule au moment que l'on découvrait ses secrets. — C'est moi ? ? — C'est vous, dit Abel en rallumant. Une merveille. 11 lui offrit un verre qu'elle refusa. — On ne se connaît jamais, dit monsieur de Frisch. Par exemple, savezvous comment vous courez ? comment vous dansez ? Non ! — Vous allez me garder ? dit-elle, et comme il faisait l'étonné, elle ajouta  : Vous allez garder ça, ce qu'on a vu ? On me voit ! — Bien sûr qu'on vous voit ! — On mc voit toute. Il ne faut pas. — Personne ne le sait que vous et moi. Quand vous voudrez vous voir vous n'aurez qu'à venir, qu'à passer par le jardin, la buanderie est toujours ouverte. Ce sera notre secret. Elle le regardait changer un magasin de pellicule. — Et vous me prendrez encore ? — Si vous voulez. Vous pourriez même jouer la comédie, vous pourriez par exemple... mieux... Ce qui serait amusant cc serait d'écrire une histoire, une jeune fille, la campagne, le château, ce serait très beau. Comment vous appelez-vous ? — Marceline. — Eh bien ! Marceline... Une chaleur lui serrait les tempes. Il avança vers elle et lui prit la main. Elle ne la retira pas et, l'après-midi même, monsieur Abel commençait un film. Le lendemain il la posséda en bordure des champs, étonné de ce qu'elle ne fût plus vierge et il apprit que le garçon de ferme des Pluvinage l'accolait depuis un an. Marceline, au moment de regagner son collège, eut un grand chagrin. Quand elle monta dans le car, le garçon de ferme était là, à la regarder bouche serrée. Elle détourna la tête et embrassa distraitement son père. Elle n'avait qu'un désir, revenir au château dès le premier jour des vacances. Il y avait un an maintenant que monsieur Abel filmait Marceline et dans tous les modes et sur tous les tons. Les premiers temps, quand il lui demandait de faire tel ou tel geste, fût-il le plus naturel des besoins, la jeune fille n'arrivait pas à le contenter, mais petit à petit, avec la patience dévergondée que la solitude avait emmagasinée dans son vieil et grand ami, elle s'était mise à toutes les poses qu'il désirait, si longues, si fréquentes fussent-elles, à leur tourner l'âme à tous deux. Leurs corps ne pouvaient ensuite que se joindre et se dissoudre de fatigue. Bientôt les miroirs entrèrent dans leur vie. Monsieur Abel possédait maintenant une redoutable cinémathèque érotique. Marceline sur ses conseils s'abandonnait de temps à autre au garçon de ferme, car l'homme menaçait la jeune fille. — Je sais où tu vas... — Je suis libre. —... et ce que vous faites. — Et qu'est-ce qu'on fait ? — Je sais ce que je dis. Il ne savait rien, mais Marceline finit par le lui dire. Monsieur Abel n'apprit pas leur mariage. Un après-midi les gendarmes entrèrent, à la suite du valet, dans la grand-salle. Sur l'écran la jeune fille cherchait son chemin à quatre pattes, rejetée par un jeu de miroirs, au milieu d'une forêt de sexes. Elle se regardait avec de grands yeux, assise au fond de la pièce vide sur les genoux d'Abel. — Bonjour, dit avec étonnement monsieur de Frisch aux hommes de l'ordre. Il n'eut que le temps de se rajuster et se retrouva en prison. Le premier jour il se sentit à l'abri et regretta de n'avoir pas aménagé une cellule de cette taille au centre du château. Ce doit être d'un entretien facile. Le second jour la tête lui tourna faute de vin. Il finit par la perdre et par lécher les murs dont les dessins dansaient. w 101



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