Lui n°119 décembre 1973
Lui n°119 décembre 1973
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°119 de décembre 1973

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 238

  • Taille du fichier PDF : 205 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Romy Schneider.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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NAURU " Presque tous les adultes ont leur voiture et ceux qui n'en ont pas pratiquent l'auto-stop, qu'on ne refuse jamais chez nous " (Suite de la page 108.) en porteur. Rien â faire pour l'empêcher de prendre mes valises et m'accompagner jusqu'à la sortie devant laquelle s'arrête dans un nuage de poussière jaune tiens, déjà du phosphate ? une minimoke rose pâle avec un toit à petites rayures blanches et bleues, une vraie voiture de vacances. « Voilà, je vous laisse à votre hôtesse, bon séjour chez nous. Si vous avez besoin de quelque chose, faites-moi signe, je suis le chef de l'armée. » Vigoureux shake-hand. Quant moi, je ne sais comment l'appeler. A tout hasard je risque un « merci mon général », ça ne mange pas de pain. L'hôtesse s'avance vers moi, souriante. « Mon nom est Stella Mullins. Excusez-moi de vous enlever ainsi, mais vous n'avez pas le choix, je dirige le seul hôtel de la République. J'ai été avertie de votre arrivée par Air Nauru et je vous ai réservé une chambre. Enfin, je devrais dire « préparé » car vous êtes mon seul client. » L'hôtel Meneng, qui appartient à l'Etat, est un long et élégant bâtiment ocre clair, moderne sans exagération. Il me paraît immense. A juste titre  : il comporte 120 chambres. Et je suis seul, absolument seul, à croire que Nauru ne reçoit les étrangers qu'un par un. Stella Mullins grisonnante, ultra-britannique, mariée à un nauruen fait porter mes bagages jusqu'à une chambre fort agréable, palmiers rentrant par la fenêtre. Pacifique à l'horizon. Pas de climatisation, mais au plafond un de ces immenses ventilateurs style « Trois lanciers du Bengale » aux pales si paresseuses que l'on croit toujours l'appareil sur le point de s'arrêter. « Vous voilà chez vous. Si vous voulez, rendez-vous au bar dans une heure, on prendra un verre avant dîner. Ah ! je pense, je suis navrée niais l'eau chaude est en panne en ce moment ». Comme je ruisselle déjà, c'est très sincèrement que j'affirme que cela n'a aucune importance. Quelques instants plus tard, je suis sous la douche, quasi-ébouillanté, et me demande ce que cela aurait été s'il y avait eu de l'eau chaude. Propre sinon rafraîchi, je descends au bar. En passant, une porte à double battant attire mon attention. Sur le battant de gau- 110 clic des lettres de cuivre annoncent  : « Salle de conférences ». Je risque un oeil et découvre une pièce de 500 m2. Au milieu et en occupant toute la longueur, une table d'acajou verni. Sur la table, entourée de chaises de cuir que Knoll ne désavouerait pas, buvards, encriers et écouteurs semblent attendre les délégués d'une importante organisation internationale. Mais qui pourrait bien se réunir à Nauru ? Cette question restera sans réponse, mais je me promets de donner l'adresse à MM. Pompidou, Nixon ou Brejnev s'ils cherchent un coin vraiment tranquille. Au bar, toujours aussi immense et désert, Mme Mullins m'attend pour n'offrir le verre (le bienvenue. « Gin Tonie pour moi, et vous ? ». J'ai une soif d'enfer et j'opte pour une bière. Le barman, Frank, qui deviendra par la suite mon meilleur ami nauruen mais pourquoi énoncer des évidences nie demande  : « Draft or bottle ? » (pression ou bouteille ?). Je suis émerveillé  : de la bière à la pression, ici ? Décidément les miracles continuent, d'autant plus c'est la mode locale que Frank me la sert dans une carafe immense, de quoi désaltérer un peloton entier du tour de France dans une étape de montagne. La chère femme s'excuse d'avance pour la qualité (le la nourriture  : elle attendait un chef français en provenance de Nouméa. Il ne viendra pas. Il a visité, est reparti, puis a écrit une lettre de refus polie mais ferme  : il trouve Nauru trop « isolé ». Stella ajoute. sincèrement étonnée  : « Je ne vois vraiment pas ce qu'il veut dire. Mais avec vous, les Français... ». Frank, qui fait office de sommelier m'apporte la carte des vins. Allons, il y a de quoi se consoler  : Château Margaux, Pommery rosé 1954. Et quels prix !... Ridicules, rair d'une blague. Le Pommery nie coûtera 6 dollars (32 F), le Château Margaux 4,25 dollars (22 F). Il y a là un mystère dont je n'aurai la clef que par la suite. Ma première nuit se passe assez confortablement, bercée par le ronronnement maternel de mon ventilateur d'époque. Vers six heures, je suis réveillé par des commandements militaires plus qu'énergiques. Dans mon demi-sommeil, j'ai l'impression d'entendre les hurlements de l'officier chargé de la relève à Buckingham Palace. Je titube jusqu'à mon balcon pour assister au spectacle que donne la moitié de l'armée nauruenne (20 hommes) en grandes manoeuvres sur la plage voisine. Les hommes sont sanglés dans d'impeccables uniformes inspirés de ceux de l'armée australienne et s'entraînent à mettre à la mer un gros canot pneumatique genre Zodiac. Deux plongeurs, tubes, palmes et combinaisons, participent à l'opération. Le même mouvement se renouvelle plusieurs fois  : Hop ! à la nier. Hop ! les plongeurs plongent. Hop ! ils rembarquent. Hop ! à terre. Intrigué, je descends prendre mon petit déjeuner et rencontre Stella que j'interroge  : « Ce sont les manoeuvres de sauvetage pour avions tombés en mer, nie dit-elle du ton le plus naturel du monde ». Comme j'ai l'air de ne pas comprendre, elle m'explique patiemment  : « Vous avez vu notre piste d'atterrissage, n'est-ce pas ? Elle n'est pas immense. Alors notre vaillante petite a7- mée s'entraîne deux fois par semaine pour le cas où un avion ne s'arrêterait pas à temps et terminerait sa course dans l'océan. Nous n'avons déjà pas tellement de visiteurs, ce serait dommage d'en perdre, non ? » Confondu par cette logique, je m'attable en sa compagnie et lui demande quels sont les moyens de transports dans l'île. « Nous avons bien un service circulaire d'autobus, mais ce sont surtout les enfants qui l'utilisent. Vous comprenez, presque tous les adultes ont leur voiture, et ceux qui n'en ont pas la plupart du temps parce que cela les ennuyait de passer leur permis de conduire peuvent toujours demander un « lift » (auto-stop en français) ce qu'on ne refuse jamais chez nous. De toute façon, je vous prêterai une minimoke, mais elle ne sera prête que demain. En attendant, n'hésitez pas, faites-vous « lifter » comme tout le monde ». Je prends bonne note du conseil. Mais pour le moment, après un bain dans la piscine de l'hôtel bouillant je veux, tant que le soleil est encore supportable, faire le tour de nia République à pied. Je n'ai jamais été un fort marcheur mais, compte non tenu de la chaleur qui augmente d'instant (Suite p.130.)
— Vite, le prince arrive !...



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