Lui n°112 mai 1973
Lui n°112 mai 1973
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°112 de mai 1973

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 224

  • Taille du fichier PDF : 182 Mo

  • Dans ce numéro : Ushi la sublime.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RAY CHARLES " J'ai eu la chance de voir jusqu'à l'âge de cinq ans et je me souviens de choses que j'ai entendu qualifier de belles" que c'était joli. j'aimais tout ce qui brille, tout ce qui est lumineux. Je serais peut-être devenu un incendiaire. qui sait ? Et puis il y avait les couleurs. j'adorais le rouge, j'ai toujours pensé que c'était une belle couleur. je me rappelle les couleurs fondamentales. J'ignore ce que veut dire « turquoise » ou « chartreuse », mais je sais ce que c'est que le noir, le vert, le jaune, le marron et des trucs comme ça. Et bien entendu, je me rappelle ma mère, qui était jolie. Mon Dieu, qu'elle était jolie ! C'était une petite femme, je crois qu'elle devait mesurer tin peu moins (le 1 ni 50. À douze ou treize ans, j'étais plus grand qu'elle. Elle avait (le beaux cheveux noirs qui lui tombaient dans le dos. Lui Comment définiriez-vous aujourd'hui la beauté ? Charles Si vous parlez de beauté physique, j'imagine qu'elle représente la même chose pour moi que pour la plupart des gens. Quand vous regardez quelqu'un, vous observez la structure de son visage, la qualité de sa peau et, dans le cas d'une femme, les formes de son corps, non ? C'est un peu ce que je fais avec une auto. Je tends les mains, je la sens, je sens ses lignes et je sais si j'aimerais l'avoir ou non. Mais comme je vous l'ai dit, j'ai eu la chance de voir jusqu'à l'âge de cinq ans, et je me souviens de choses que j'ai entendu qualifier de belles par certaines personnes. Lui Et la beauté en musique ? Charles Je crois qu'on bourrait dire que je suis un sentimental, au fond. J'aime Chopin ou Sibelius, les compositeurs qui écrivent de la musique tendre et douce. Beethoven, je le trouvais trop calé pour moi, mais il a quand même écrit des choses très émouvantes, comme la Sonate au clair de lune. Bien qu'il ait fini par devenir un succès populaire, voilà un morceau comment dire ? il V a quelque chose là-dedans qui vous fait sentir la souffrance qu'endure cet homme. On sent qu'il devait faire quelque chose, qu'il était très, très seul quand il a écrit ça. Quoi qu'il en soit, à l'exception de deux ou trois compositions, je le trouvais un peu trop calé pour moi. D'un point de vue purement technique, je crois que Bach est le type qu'il faut étudier. Avec ses fugues et tous ses trucs. il vous apprenait à faire toutes 6 sortes de belles choses de vos mains. Lui Après avoir quitté l'école, qu'est-ce que vous avez fait ? Charles Quand j'ai quitté l'école, j'ai dû me démerder, et ça n'a pas été facile, parce que ma mère est morte quand j'avais quinze ans et que je n'avais ni frères, ni soeurs. Mais ma » ère m'avait toujours appris que j'aurais à me débrouiller tout seul. Elle me disait toujours  : c Mon fils, je mourrai tôt ou tard, et alors, tu auras besoin de savoir comment survivre, car tes meilleurs amis eux-mêmes auront à vivre leur propre vie. » Aide-toi, le ciel t'aidera. Alors, j'ai commencé par m'aider. Comment ? En faisant ce que je savais le mieux faire. Ou ce que je croyais savoir le mieux faire  : chanter, jouer du piano, ou même, pourquoi pas, les deux à la fois. Lui Que vous a-t-on appris d'autre à l'école qui aurait pu vous aider par la suite à faire carrière ? Charles Eh bien, je ne sais pas com- ment j'aurais pu l'utiliser, mais je tape aussi vite que n'importe quelle secrétaire. Enfin, presque. 60 à 65 mots à la minute, si je veux. Et puis je sais faire des tas de choses avec mes mains  : des chaises, (les balais. des lavettes, des paillassons, des portefeuilles, des ceintures, etc. Si j'étais dans le besoin, j'achèterais du cuir. J'aime travailler de mes mains, et je suis sûr que c'est ce que je ferais si je n'étais pas musicien, parce que ça laisse une grande place à l'imagination, vous comprenez ? Et je sais aussi faire des coutures de différentes sortes. le point mexicain, le recouvrement, tout ça. Je crois donc que je nie débrouillerais. Bien sûr, je devrais vivre humblement  : on ne produit pas beaucoup lorsqu'on travaille de ses mains. Lui La musique aussi vous a fait vivre plutôt chichement pendant longtemps. n'est-ce-pas ? Charles Oui. J'ai vraiment connu la merde. A deux reprises, j'ai été très malade, de malnutrition, J'ai vraiment crevé de faim, parce que je tie voulais pas mendier. Je m'y suis toujours refusé. Plutôt crever de faim, je nie disais. C'est une idée qui est ancrée en moi depuis mon enfance. On ne mendie pas, un point c'est tout. On propose ses services, et si le type n'en veut pas, on ne le supplie pas. Il y a deux choses qui ne se font pas  : men- (lier et voler. je ne l'ai jamais fait et je tie le fais toujours pas. Lui Quelle éducation musicale avezvous eue ? Charles On nous apprenait à lire la musique, et j'ai dû jouer Chopin. Beethoven, comme tout le monde. quoi. Mais seulement des leçons de musique, pas de théorie. J'ignore ce que c'est que la théorie. Mais on m'a appris à lire la musique et à utiliser les doigtés corrects. Une fois qu'on a appris ça. on passe des exercices à de petites compositions, des trucs comme Chopin. Mais j'essayais aussi de jouer du boogie-woogie, parce que j'ai toujours pu jouer presque tout ce que j'entendais. J'ai toujours eu une assez bonne oreille, niais j'ai aussi eu quelques professeurs, et je connais très bien la musique, sans me vanter. On ne m'a jamais appris à écrire la musique, niais dès l'âge de 12 ans, j'écrivais des arrangements pour grand orchestre. Enfin, quoi, si on sait lire la musique, on peut l'écrire ! Et le fait d'être pianiste, c'est-àdire de connaître les accords, m'a certainement aidé. J'entends les accords, et j'ai toujours pu jouer presque tout ce que j'entendais. Il ne restait plus qu'à les mettre sur le papier. j'ai appris tout seul à écrire pour les instruments à vent ; il faut savoir, par exemple, que les saxes s'écrivent dans des clés différentes. J'ai aussi appris la clarinette à l'école. J'étais un grand admirateur d'Artie Shaw. Je me disais  : « Mon vieux, c'est lui qui a la plus belle sonorité. Et quel feeling ! » Je le pense encore aujourd'hui. Je trouve incroyable qu'il ait cessé de jouer. j'ai toujours pensé qu'il était un des meilleurs clarinettistes du monde. C'est pourquoi je nie suis mis à la clarinette, mais j'ai commencé par le piano. Lui Ce boogie-woogie dont vous parlez. où l'entendiez-vous ? Charles Nous avons habité pendant plusieurs années à côté d'une épicerie. une épicerie de campagne où l'on vendait de tout. N'oubliez pas que ça se passait dans un patelin appelé Greensville, en Floride. Les enfants venaient y acheter des sodas et des bonbons, et on y vendait du pétrole pour les lampes, de tout, quoi. Et il y avait là un juke-box, et le propriétaire avait aussi tin piano. (Suite page 8.)
Au pays du rhum, on parle de Duquesne depuis longtemps. au La Martinique. On l'appelait l'île au Rhum, mais c'était deji l'île aux Punchs. Au z 7 e siècle, les Iles d'Amérique abritaient des aventuriers, des pirates, des soldats de fortune, des marchands d'esclaves. Et aussi des planteurs. Courageusement ils expérimentaient une nouvelle plante, la canne à sucre. Aidés par les conseils du très sage Dominicain, le Père Labat, ils apprenaient à fabriquer une eau de vie nouvelle  : le Rhum. La Martinique devenait l'Ile Rhum et les Plantations Duquesne naissaient. Cela aurait pu durer longtemps encore, de père en fils, de canne à sucre en sirop de canne, de rhum blanc en rhum vieux, doucement au coeur de la Martinique, pour le plus grand plaisir de quelques privilégiés, aventuriers, colons, amateurs de breuvages exotiques et de fameux mélanges. Mais, au bout de 3 siècles, Duquesne décréta l'abolition des privilèges et décida de donner à tous le droit de connaître enfin des Rhums aussi bons qu'à la Martinique. Depuis, la renommée de Duquesne a passé les mers et les frontières. Après le Rhum Agricole Blanc et les Rhums Vieux (3 et z o ans) le monde a découvert les punchs Duquesne  : le Punch Créole au Rhum Agricole Blanc et le Punch Vieux, au rhum z o ans d'âge, adoucis au sirop de canne. Aujourd'hui, voici les 2 nouveau-nés de la famille Duquesne qui vont délier les langues, apporter la joie, et vous emmener faire un tour à la Martinique. Le DaIquiri Duquesne, Punch Créole généreusement relevé de citron vert, et le Punch Planteur Duquesne, Punch Vieux délicatement parfumé de pamplemousse et d'orange. Goûtez-les. Vous trouverez les mots qu'il faut pour en parler. DUQUESNE Cette année. Duquesne a encore trouvé deux nouveaux mélanges. Pour faire parler. La Martinique telle qu'elle apparut aux ancêtres des Duquesne. L's ! e enchantée allait devenir l'île au rhum. vieilli Les premiers Duquesne arriv à Bordeaux  : Le Rhum Apicole Blanc, Le Rhum Vieux, 3 ans et to ans, mis en bouteille i la Martinique. Les deux premiers Punchs Duquesne Le Punch Créole Blanc et le Punch Vieux, préparés comme a Fort-de-Prance avec le sirop de cannai sucre Duquesne. Le Daiquiri au Rhum Agricole Blanc Duquesne. Et la fraîcheur acide du citron vert. Le Punch Planteur, un somptueux Rhum Vieux Duquesne to ans, délicatement parfumé au pamplemousse et i l'orange.



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