Lui n°110 mars 1973
Lui n°110 mars 1973
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°110 de mars 1973

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 130

  • Taille du fichier PDF : 147 Mo

  • Dans ce numéro : Ibiza, bons baisers d'Ibizance !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LES BOXONS DE PAPA Les esclaves des bordels populaires se contentaient de sobriquets tels que Belle Cuisse, Marie Poil Ras ou la Bancale (Suite de la page 72.) l'on appelait des « pigeons ». Les unes « raccrochaient » sans pudeur, tandis que (l'autres, déguisées en veuves, cherchaient le généreux consolateur (fun soir. D'autres encore avaient loué des boutiques où, sous le prétexte de vendre des gants ou des estampes, elles tenaient des petits « clandés ». Elles racolaient (levant leurs magasins, à la façon des portières (les quartiers réservés. « Elles font, plus que jamais, publiquement commerce de leurs charmes, en invitant les passants à venir acheter leurs marchandises. » (Rapport de police du 21 Fructidor An II - 21 août 1794.) En vain, le I_)irectoire tenta par des mesures sévères de rétablir un certain ordre moral. Après cet échec, il ne restait plus aux hommes du gouvernement qu'une solution  : favoriser le développement des maisons de prostitution contrôlée. Le 12 Ventôse An X (3 mars 1802), un arrêté prescrivait la visite sanitaire périodique (les « maisons », (lui entraient ainsi dans la légalité. Le Code pénal de 1810, en s'attachant surtout à réprimer le côté scandaleux de la prostitution, confirma l'intérêt porté par le législateur (le l'Empire à ce genre de réglementation. Les régimes passent, l'amour se vend toujours aussi bien. Le système d'inscription organisé par la Préfecture (le police a permis (le suivre les immenses progrès réalisés par ce commerce. Le total des professionnelles inscrites à Paris est passé de 22 249 en 1816, à 42 700 en 1842. Les maisons de tolérance étaient alors reléguées dans les quartiers excentriques, sur les boulevards de Belleville, de Charonne, (le Ménilmontant, de Rochechouart ou bien à Montparnasse, à Grenelle et autour de l'Ecole militaire. Les surnoms choisis par les dames (de maisons figurent Picore stir les fiches (le police. Au temps (lli romantisme, les pensionnaires de sérails élégants montraient une préférence pour les pseudonymes poétiques. (01 (Arnlide ou Arthemise, Balzamine, tandis gtie les esclaves des bordels populaires se contentaient (lu sobriquet dont on les avait affublés.comme Belle Cuisse. Marie Poil Ras ou la Bancale. Le docteur Parent- Duchatelet, auteur d'une étude sur la prostitution dans la ville de Paris, en 1836, a précisé les différences de tarifs 74 des établissements de plaisir  : « Le gain des dames de maisons varie à l'infini ; il est pour quelques-unes de cinq à six cents francs par jour. Dans'les maisons vulgaires, chaque prostituée doit rapporter la maîtresse de dix a quinze francs. » Dans ces bougesietés en pâture à l'ouvrier et au soldat, le personnel était composé de créature  : fatiguées, abruties par l'alcool, vêtues de blouses criardes, arrêtées aux genoux, qui les faisaient ressembler à des enfants ridés et bouffis. Dans « La Police parisienne » (1888), M. Macé, ancien chef de la Sûreté, a décrit les plus misérables « tolérances » de Paris comme celles du, quartier de Grenelle, près des casernes, où chaque soldat, les jours de presse, devait acheter cinquante centimes un numéro d'ordre. Il a dépeint aussi « le 29 », un lupanar pour clients pauvres du quartier Bonne-Nouvelle  : « Il y a six chambres, deux par étages. Leur mobilier est représenté par un misérable lit sans sommier, garni de draps que l'oie change tous les mois, une petite table en bois blanc, une cuvette et un pot à eau. » Mais à côté de ces taudis sordides, s'installaient dans un Paris où triomphait la bourgeoisie, des maisons de première classe, aux décors riches et curieux, avec des « chambres d'ambiance », comme en auront un peu plus tard les grands bordels (le l'âge d'or. M. Macé ne les a pas oubliés.. « Les maisons de tolérance établies non loin de la Bourse et du Palais- Royal sont montées avec la plus grande fantaisie. En y pénétrant, on est ébloui par le scintillement des glaces ouvragées, l'éclat des lumières... » Parmi les pièces aux ameublements curieux f igtire la chambre transformée en cabine de paquebot de hauts bords. Les murs, tendus en toile, intiment, l'aide (le cordelettes et de poulies, des voiles déployés qui servent de rideaux. Le lit, placé dans un filet, en forme (le bivouac, se trouve suspendu par des cordages de navires. 11 en résulte que le roulis d'un vaisseau se produit chaque fois que la personne étendue sur le lit opère le moindre mouvement. Un tonneau fixé stir chevalet contient le petit meuble indispensable, des ballots servent de sièges, et la malle recouverte en coutil renferme les objets (le toilette. « Le voyageur, au milieu (le ces agrès, peut s'imaginer qu'il fait une heureuse traversée... » La chambre obscure mérite tine mention spéciale  : « éclairée par l'électricité, elle possède un lit encadré (le rideaux noirs avec franges et glands (l'or. Les rayons lumineux aux couleurs changeantes se dirigent sur un plafond de ciel azuré, au milieu duquel plane Eve en costume du paradis terrestre... » La plus spectaculaire (le ces maisons coûteuses fut le Chabanais, dont l'installation, objets d'art compris, avait dépassé un million cinq cent mille f ramies et dont les frais quotidiens s'élevaient à trois cents francs (en 1880). Mais rarement affaire devint plus vite rentable. Selon certains journaux, on y aurait encaissé, dès le premier trimestre d'activité, cinquante mille francs par mois. La créatrice de ce tonds de commerce, M11e Kelly, était une amie très intime de plusieurs membres influents du Jockey-Club. Tous participèrent au lancement de l'affaire et goûtèrent bientôt le charme du nouvel établissement, avec ses trente-cinq pensionnaires triées stir le volet, ses chambres aux décors raffinés, ses sous-maîtresses bien élevées et son entrée discrète. Six mois après l'inauguration, ils en avaient fait une sorte de succursale galante de leur cercle. Ils prirent l'habitude d'y convier leurs amis, aristocrates illustres, altesses et grands ducs venus de l'Est, ambassadeurs et ministres. Sans tambour, sans bruit, sans réclame, le Chabanais fut, en peu d'années, célèbre clans le monde entier. En toute candeur, ce bordel passa, aux yeux des étrangers, pour l'une des formes du « rayonnement français ». Le chef du protocole de l'Elysée fut prié de vouloir bien inscrire sa visite, entre le musée du Louvre et le théâtre de l'Opéra, dans les programmes de réceptions de souverains invités en déplacements officiels. Toutefois, pour sauver les apparences, on donnait a cette sortie entre hommes le nom (le « visite au président du Sénat ». Dans ce merveilleux palais des amours internationales et des orgies princières, Edouard VII, alors qu'il n'était que prince (le Galles, avait sa chambre réservée avec un lit écussonné, tine décoration hindoue et un extravagant fauteuil, spécialement conçu et construit (Suite page 117.
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