Lui n°110 mars 1973
Lui n°110 mars 1973
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°110 de mars 1973

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 130

  • Taille du fichier PDF : 147 Mo

  • Dans ce numéro : Ibiza, bons baisers d'Ibizance !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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FITTIPALDI Au cours d'un Grand Prix, 80% des accidents proviennent d'une défaillance mécanique et non d'une erreur de pilotage (Suite de la page 44i avec priorité absolue pour les conditions de renouvellement. L'opération était fructueuse pour Fittipaldi. Elle l'était encore plus pour Colin Chapman qui voyait en sa recrue un a deuxième Stewart ». La comparaison avait la valeur d'une prophétie car, deux ans plus tard, Emerson Fittipaldi réussissait l'exploit de « déboulonner » Jackie Stewart de son piédestal au terme d'une saison d'anthologie. Il ira même plus loin en copiant le mode d'existence de Stewart et en exigeant bientôt (les tarifs supérieurs, dignes de son talent et de son palmarès. Au-delà de ce duel permanent avec la mort que les pilotes d'élite livrent à longueur d'année sous tous les soleils du monde (les rigueurs de l'hiver leur sont épargnées car ils passent d'un hémisphère à l'autre au gré des saisons chaudes), la soumission absolue des meilleurs d'entre eux à qui les propulse vers la gloire ne manque pas (l'intriguer, voire de surprendre. Mais elle existe, c'est un fait. De même que Ken Tyrrell est le génial « exploitant » des dons d'un Stewart, Colin Chapman a retrouvé en Emerson Fittipaldi le complément parfait qu'il avait déjà eu en Jim Clark, puis en jochen Rindt. Mais une malédiction s'attachait à lui depuis qu'on avait établi sa part de responsabilité dans les imperfections techniques qui avaient brutalement stoppé à jamais Clark (en 1968) et Rindt (en 1970). Ces antécédents dramatiques, Emerson Fittipaldi ne s'en soucie pas. De l'étroite parenté qui lie la Lotus 72 de Fittipaldi à celle de Rindt, une vérité transparaît derrière la consécration universelle de ces deux champions  : l'obstination héroïque et pathétique de Chapman à démontrer qu'un modèle créé par lui en 1970 peut hisser au sommet de la pyramide mondiale un jeune pilote eu 1972, malgré toutes les améliorations constamment relevées sur les autres monoplaces. Cette extraordinaire a fuite en avant » (l'un concepteur d'exception, Emerson Fittipaldi en est le prophète et le symbole lucide en même temps. Il ne se dissimule pas que dans la lutte d'un Grand Prix a 80% des accidents proviennent d'une défaillance mécanique et non d'une erreur de pilotage. » Mais à quoi bon se lamenter ? Il n'avait 54 posé auprès de Colin Chapman qu'un seul impératif de base, celui de disposer d'un encadrement de mise au point conforme à ses ambitions et aux ressources intrinsèques de la voiture. Pour atteindre son objectif couronner à travers Emerson Fittipaldi, bien vivant, le bolide, dont Jochen Rindt avait tiré le maximum en y laissant la vie. En échange d'un soutien financier considérable et providentiel (500 millions anciens) il consentit à peindre en noir et or sa célèbre Lotus 72 et à lui donner le nom de John Player Spécial. Tout au long de cette saison, le bolide noir et or d'Emerson Fittipaldi le plus reconnaissable dans la meute bigarrée des Grands Prix fut le véhicule d'un des plus grandioses investissements de la course automobile. Il a ouvert un compte en banque, très logiquement, dans un établissement suisse. L'indice de la réussite d'un grand pilote est sa connaissance des « paradis fiscaux ». Stewart n'a pas abandonné les brumes de l'Ecosse et ne s'est pas installé à Genève pour une autre raison. Tout comme l'avait fait Jochen Rindt, Graham Hill, lui, négocie tous ses contrats au nom du « Grand Prix Limited, Nassau, Bahamas ». Fittipaldi n'a éprouvé aucune gêne à s'inspirer de leur exemple. a Il ne faut pas craindre de se vendre. C'est bien agréable de pouvoir négocier son nom. On a la sensation d'être quelqu'un. » Ce n'est pas parce qu'il demande à être payé exclusivement en francs suisses ou en dollars, ou parce qu'il a attendu d'être champion du monde pour discuter avec Colin Chapman des conditions (très avantageuses) de renouvellement de son contrat qu'Emerson Fittipaldi a perdu son âme. Il a besoin de tendresse et de chaleur autour de lui. Il a choisi de vivre en communauté avec sa jeune femme, Maria Helena, la famille de son frère Wilson, également pilote de course, et des amis brésiliens éternellement a de passage ». Il verse, très discrètement, une certaine part de ses primes de victoires à des compatriotes dans le besoin. Il répond, de sa main, à toutes les lettres que des milliers de supporters inconnus lui expédient du monde entier. Il n'a pas son pareil pour traîner derrière lui un sillage de sympathie. Il n'affiche pas la froideur d'un Jacky Ickx, le flegme d'un Jackie Stewart, la réserve d'un Dennis H ulme ou l'élégance altière d'un François'Cevert. « Je ne suis qu'un enfant de Sao Paulo... » dit-il en éclatant soudain d'un rire irrésistible. En fait, c'est la réaction physique d'un homme contre les aléas (le son périlleux métier. Emerson Fittipaldi l'exprime comme tout Brésilien avec ce besoin (le se défouler dans l'allégresse. Quand un footballeur de Rio marque un but, ses partenaires l'entraînent dans une folle sarabande qui ressemble aux cadences lancinantes du Carnaval. Il en va de même pour Emerson Fittipaldi. Quand il a enlevé un Grand Prix et que des milliers de spectateurs l'applaudissent, il éprouve un mal fou, selon lui, à maintenir son bolide d'une main ferme dans le tour de « décompression » qui suit l'arrivée. a Une victoire me fait trembler de joie. Je voudrais bondir tout de suite sur la piste et embrasser tout le monde. Mais je me retiens... » Cette phrase est révélatrice de l'emprise fantastique qu'il a sur lui-même. Avec Fittipaldi et grâce à sa chaleur humaine la compétition automobile perd une part de cette rigueur (lue lui insufflent de plus en plus les techniciens et les ingénieurs. Rien ne vaudra jamais dans ces folles chevauchées de Monaco ou de Zeltweg, de Monza ou de Brands Hatch, du Nurburgring ou de Kyalami (en Afrique du Sud) le prix d'une vie humaine. Celui que Jackie Stewart a surnommé, avec admiration et une pointe d'ironie, le a Prince Noir » des circuits n'a jamais accepté d'abandonner le casque fétiche de ses débuts. Un casque bleuté qui arbore fièrement l'emblème du Brésil. Au soir de son triomphe dans le Grand Prix d'Autriche, dans les collines de Z elt weg, on lui apporta un colis express en provenance du Brésil. Il l'ouvrit d'une main tremblante. Il en sortit un maillot (le footballeur marqué, lui aussi, de l'emblème du Brésil. Ce cadeau lui était expédié par Pelé, le plus grand footballeur du monde. Une lettre l'accompagnait. « Nous sommes des millions ici à espérer que tu seras champion du monde. » Fittipaldi enfouit son visage dans ce maillot glorieux pour cacher ses larmes. Il était devenu une idole. R. de Laborderie.
A l'heure de l'isoloir, tandis que les prises de positions (et de bec) fQnt rage, Hoviv aux urnes rend hommage... rour zr&ovoF - 441 P4 S SES MoyENS Ja q'll 55



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