Lui n°110 mars 1973
Lui n°110 mars 1973
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°110 de mars 1973

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 130

  • Taille du fichier PDF : 147 Mo

  • Dans ce numéro : Ibiza, bons baisers d'Ibizance !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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FiTTIPALDI " Au volant d'un kart, j'apprenais à calculer la précision et la régularité d'uni trajectoire, à évaluer les distances de freinage et de dépassement " (Suite de la page 42.) reçut un snip, un yacht en modèle réduit. Trois jours plus tard, il avait échangé ce snip contre une moto. En l'apprenant, sa mère tomba en syncope. Elle s'en rétablit à temps pour tenter d'infléchir, en vain, la détermination de son fils cadet. Mais Emerson suivait déjà les traces de son frère aîné, Wilson, qui « écumait » les pistes de kart du Brésil. Emerson offrit ses services à Wilson comme mécanicien. Il construisit lui-même, à son usage exclusif, des « mirai bolides » s'apparentant plus à des « caisses à savon » sur quatre roues qu'à des engins répondant aux normes courantes d'une voiture. Mais le destin d'Emerson Fittipaldi était déjà en marche. Dans le sport mécanique. En enfilant son casque plastique de karting, Fittipaldi gravissait le premier degré de son ascension vers la Formule I, le cénacle le plus fermé et la sélection la plus impitoyable du sport contemporain. Il tira tout ce qu'il put du karting, sans savoir à l'époque qu'un Jack Brabham y avait puisé, bien avant lui, les rudiments d'une maîtrise qui lui valut deux titres mondiaux. « Je ne rêvais pas déjà de conduire une monoplace mais, au moins, au volant d'un kart, j'apprenais à calculer la précision et la régularité (l'une trajectoire, à évaluer au plus juste les distances de freinage et de dépassement. » A vingt-cinq ans. il se penche sur son passé avec une méthode et un sérieux qu'on ne lui attribuerait pas (l'office. Il possède l'art (le cacher son obstination sous une nature expansive et généreuse. La course est son métier et il le savait déjà, inconsciemment sans doute mais réellement, bien avant de conduire son premier bolide. Tout s'enchaîna dès lors selon un scénario dépourvu, en apparence, d'imprévu. S'il suffisait d'admettre que le karting constitue le tremplin idéal pour la Formule I, combien de Fittipaldi doivent alors s'ignorer à travers le monde ! Mais ce serait pas trop facile. Le problème ne se situe pas là. On ne résout rien par une si'nl)le boutade. Même quand on se nomme Emerson Fittipaldi, qu'on est champion du Brésil de kart à dix-huit ans et qu'en cet honneur on reçoit une Dauphine Renault en cadeau... Emer- 44 son Fittipaldi évolue désormais à un niveau supérieur. Il parvient à convaincre son père et son frère aîné de concevoir et de construire (les voitures de course en réduction, dites de Formule\Té et orgueilleusement baptisées Fitti-\'é. Artisanale à son origine, la production de ces Fitti-Vé devient semi-industrielle. La famille Fittipaldi fabrique une cinquantaine (le ces petites Fitti-Vé dont, bien entendu, le meilleur agent de publicité n'est autre qu'Emerson lui-même. I1 impose sa loi sur tous les circuits du Brésil et cette suprématie suffit à son bonheur à cette époque. L'Europe et la grande aventure du sport automobile clans laquelle un Fangio s'était plongé à corps perdu en 1948 sous la férule d'Amédée Gordini ne le captivent pas encore. Ce n'est pas (le l'indifférence. Simple question d'opportunité. Emerson Fittipaldi attend en même temps son heure et des moyens financiers. L'argent. Emerson Fittipaldi l'obtient en vendant l'ensemble de sa pro(luction (le Fitti-Vé. Cette fois, il a la complicité de son frère Wilson. Leur père se laisse convaincre de participer à cette entreprise  : il est emporté par un courant qu'il ne peut plus contrôler. « En Europe et en Amérique, la compétition automobile est partie intégrante de l'univers quotidien. On fabrique des quantités (le véhicules, on vend énormément d'essence. Du coup, les courses automobiles deviennent l'exutoire logique d'une poussée surtout économique. C'est la conséquence normale d'une société de haute consommation. « Au Brésil, à force de tourner en rond avec mon frère Wilson dans des épreuves sans perspectives lointaines, j'éclatais. J'avais envie de m'évader de ces horizons pour apprécier ce que je pouvais valoir au contact d'autres pilotes... » Quand il débarque en Angleterre, au plus froid de l'hiver 1969, le jeune Emerson, qui a laissé derrière lui des plages brûlées (le soleil, ne grelotte pas uniquement de froid. La glaciale indifférence qui entoure son arrivée est son seul cadeau de bienvenue. Il s'en moque. I1 n'a plus rien à perdre et consacre toutes ses économies à l'achat d'une Lotus-Ford (« pourquoi cette marque ? Parce que j'avais entendu parler (le Jiill Clark », con fiera-t-il ensuite), en même teiiips qu'il s'efforce (le vivre au jour le jour (et plutôt mal) dans une petite pension de famille (le Londres. Heureusement, il court le plus souvent possible (et plutôt bien) pour payer son loyer. Il consacre ses loisirs à errer dans tous les lieux secrets où se réunissent les familiers du sport automobile. Ce Rastignac (lu moteur, qui porte déjà de longs favoris sombres pour masquer des joues ravagées par l'acné, ne reste pas longtemps un adolescent égaré et solitaire. Il est remarqué par l'animateur d'une école (le pilotage à Snotterton, Jil Russel, qui l'oriente bien vite vers les courses de Formule 3. Désormais, Emerson Fittipaldi est chaque samedi sur la ligne de départ de ces différents circuits de légende Mallory Park, Silverstone, Brands Hatch, etc. qui sont autant des bancs d'essais pour jeunes talents que des traquenards polir pilotes (le métier. Les secours lui viennent du Brésil. Des mécènes s'intéressent à lui au même titre qu'aujourd'hui (le richissimes industriels japonais achètent des pur-sang européens et, au printemps de 1970, on découvre ce Brésilien jovial au volant d'une Ictus-Ford de Formule 2. Trois mois plus tard étonnant record, Colin Chapman le plongeait dans la bataille suprême de la Formule I, à Brands Hatch, pour le Grand Prix de Grande-Bretagne.'Ce 18 juillet 1970, le Brésil se découvrit un champion. Wilson Fittipaldi, le père d'Emerson, avait été engagé par une chaîne de télévision brésilienne pour commenter. en direct, la course à travers tout le Brésil. La retransmission, assurée par Telstar, revint à plus (le (six millions d'anciens francs ! Mais rien n'était trop cher pour faire s2_voir à une nation que son premier ressortissant jamais engagé dans un Grand Prix du championnat du monde s'était classé 8. Il était parti sur la dernière ligne (le la grille du départ, plongé dans l'anonymat (l'un prestigieux peloton. Il avait terminé à deux tours du vainqueur (Ill jour, Jochen Rindt. Emerson Fittipaldi avait gagné la partie. Dans la soirée, lors (le la traditionnelle « party » que donne Graham Hill à l'intention de ses amis les pilotes de Grand Prix, Colin Chapman prend Fittipaldi à part. Il lui propose un contrat (le deux ans (Suite p.54.)
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