Lui n°109 février 1973
Lui n°109 février 1973
  • Prix facial : 4 F

  • Parution : n°109 de février 1973

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 114

  • Taille du fichier PDF : 106 Mo

  • Dans ce numéro : interview exclusive de Juan Peron.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LE CHIEN DU PATRON L'attorney général réussit à prouver qu'en aucun cas le chien ne pouvait conduire, ses pattes étant trop courtes pour atteindre le frein (Suite de la page 78.) écrasé N'est pas sorti tout droit des presses. On se pose la question avec eux. En changeant le format de ses chiens, Prouvost anticipait peut-être sur « Paris- Match », qui vient précisément de devenir un peu plus court sur pattes. Et l'hypothèse se vérifie dans le choix des grands directeurs de journaux. Bill Higgins, le créateur de « France- Dimanche », possède, lui aussi, un teckel, un mauvais sujet du nom (le Zep. Comme son maître, Zep travaille volontiers dans le scandale. Ois raconte que lors d'iut dîner en ville, Zep déchaussa une clame, qui, réclamant ses escarpins, invita Bill Higgins à chercher sous la table et à se comporter en pas grand-chose, sous prétexte (le se conduire en gentleman. Il faut noter que cette excuse a fait déjà long feu  : en 1933, à Londres, un des pairs (lu royaume, éleveur de teckels à poils durs, fut sifflé, en pleine nuit alors conduisait sa Bentley ivre-mort. « \1 ais vous êtes pris (le boisson, constata le hobby. Je dois faire un rapport en ce sens. » « Dites ce que vous voudrez, répondit l'autre. Je suis peut-être défoncé, mais c'est mon chien qui tenait le volant. » (Un de ses favoris se trouvait justement à ses côtés.) L'agent nota sans sursauter, cette surprenante déclaration, et le pair. dégrisé, fut invité à comparaître devant les juges d'Old Bailey. Le procès fit venir beaucoup de monde, et du meilleur. En dépit (le ses avocats, la sentence n'épargna pas le vrai coupable  : l'attorney général réussit à prouver qu'en aucun cas, le chien ne pouvait conduire de façon convenable, ses pattes étant vraiment trop courtes mesures à l'appui pour atteindre la pédale de frein. Pour en revenir a nos chiens de presse, Suzanne Train. directrice à Paris du « Vogue » américain, est maitresse (l'ul] teckel qui se tient infiniment mieux que celui de Hill Iliggiiis. Il faut savoir, enfin, que le magazine « Jours (le France » ne serait pas c:. qu'il est sains les bassets  : le général Guillain de Ilénouville, responsable du journal, possédait deux teckels qui avaient fait (les petits vers la fin (1e années cinquante  : pour se créer des liens, beaucoup de collaborateurs avaient opéré (les razzias dans les chenils spécialisés. « Au rond-point 84 (les Champs-Elysées, siège de la publication, on marchait à l'époque sur les teckels comme on glisse en patii. à glace », reconnaît un ancien chroniqueur de « Jours de France ». Une telle promiscuité, pas toujours bien comprise, est sans doute à l'origine du succès de l'hebdomadaire. En ce temps-lis, « Jours de France » cherchait à battre « Paris-Match » sur son propre terrain  : l'actualité à chaud, les grands reportages, la photo qu'il faut faire. On avait engagé à cet effet un rédacteur en chef de choc. Jean-François Devay, mort et regretté depuis, un journaliste fort brillant, inspiré et méticuleux. Or Devay, qui avait lui-même des chiens, détestait mélanger le travail et l'élevage  : « Une salle de rédaction n'est pas un cynodrome », af f irmnait-il souvent. Par tin curieux retour des choses, le général de Bénouville avait l'esprit gai comme ses teckels  : (le nature frondeuse, il plaisantait toujours. On dit que ses bons mots étaient drôles. Ils faisaient, en tout cas, beaucoup rire ses adjoints. « `Vus allez voir comme mon chien joue bien avec les chalissettes », avait lancé un jour le général en ôtant les souliers (l'un de ses proches collaborateurs. Entre Devay et lui, ce fut la guerre, et Devay la perdit. Chacun sait que Marcel Dassault, propriétaire de « jours de France », aime les avions, les contes de fées et les histoires qui finissent bien. Bénouville fonça résolument dans cette direction, au moment même ois le dessinateur Coq imaginait les aventures du teckel Azor, tine bande (ltii existe toujours. « Jours de France » devint ainsi un magazine éthéré et mondain, avec une fortune certaine. En 1963, après le kidnapping (le sa femme par un de ses anciens employés, Dassault avait acheté, polir faire bonne garde, tin chien-loup, terrible cerbère. Au fil (les jours finit par s'établir, entre ces deux êtres (ltie toui. séparait, une amitié exceptionnelle. Un jour, le chien prit place dans la voiture (l'tin maquettiste du journal qui avait laissé la portière ouverte, _.t refusa d'en sortir. « Laissez-la lui, ce sera sa niche », (lit Dassault à son collaborateur. Et comme ce dernier faisait grise mine  : « Rassurez-vous, mon cher. je vais vous en acheter une autre. » Et il tint parole. ()1 peut regretter que le teckel, qui fait couler tant d'encre périodique, n'ait pas, comme les chats, inspiré les auteurs., jusqu'ici, l'animal n'a guère suscité, dans la littérature, outre un livre souvenir de Jules Roy, (lue d'assez belles pages du « Chasseur français ». Pourtant, les gens de lettres le tiennent en haute estime. On assure que François Nourissier renoncerait à tout polir son teckel « Pilule ». Et, polir parler d'une petite chienne de la même race, qu'il a perdue, Jean Dutourd, le pamphlétaire sarcastique d' « Au bon beurre », se hausse au ton de l'élégie  : « Ma femme m'avait fait cadeau de cette bête polir nie consoler d'une déception. Elle s'appelait Holly. C'était la fille (l'Athos de Frôh-Macher et (le Chipette dei Haut - Bois. En fait, nous l'avions nominée Popinette, puis Popineau, enfin Poppy tout court. Je la revois encore, avec son beau poil noir, luisante comme une otarie. Hélas, elle était sotte, et susceptible comme tous les êtres peu intelligents. Ce caractère obtus a même fini par me détacher d'elle. Si elle restait idiote, ce n'est faute de lui avoir parlé. Je lui tenais de longues conversations, niais je crois qu'elle n'y a jamais rien compris. Elle me posait bien des problèmes à la maison, où nous avions deux domestiques. Pour (les raisons cachées, Poppy avait pris iule bonne en grippe. C'était pourtant une bien brave fille... » D'une façon plus générale, on petit se demander si le goût des teckels n'atteint pas aujourd'hui sa décadence  : il existe à Paris, dans le quartier Saint-Germain-des-Prés, une incroyable boutique pour chiens où les teckels sont accueillis comme des rois encore qu'ils mordent, paraît-il, assez souvent leur pauvre shampouineuse. Le gérant, excellent homme d'affaires, a mis au point un succédané (l'os en cuir (de buffle parfumé à la vanille, dont les teckels seraient friands. Il leur propose également un « manteau tyrolien en loden imperméable et rebrodé d'une feuille de houx ». On trouve enfin chez lui des souris de caoutchouc mou qui constituent le régal de ces chiens. Ces derniers ne sont pas tous d'accord  : « Donnez-moi son adresse, m'a demandé tin teckel en colère. J'aimerais manger un morceau de gueux. » Alain Rion.
..rr`. s" ^'ispr t #ry ! ! it Style militaire, imper de cavalerie et le fameux trench de Burberrv's  : voici les trois modèles d'imperméables qui inspirent tous les (î titres. HISTOIRE 11E



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