Lui n°109 février 1973
Lui n°109 février 1973
  • Prix facial : 4 F

  • Parution : n°109 de février 1973

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 114

  • Taille du fichier PDF : 106 Mo

  • Dans ce numéro : interview exclusive de Juan Peron.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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1UAN PERON Comme l'expérience d'Allende dérange les Américains, il n'est pas dit qu'il ne tombera pas bientôt " Suite de la pageo. parce qu'on Ille (lit que 90% des Argentins sont maintenant péronistes. Or, comme l'armée argentine est évidemment composée d'Argentins, 90% de l'armée me sont logiquement favorables. Lui Pour sortir le pays de l'impasse, que comptez-vous faire ? Avez-vous un programme de redressement ? Peron Bien sûr. Ce n'est pas avec des promesses qu'on fait vivre un pays. Après les premiers jours et même les premiers mois de liésse, les Argentins vont vouloir des actes. Il faut, avant tout, redresser la situation économique du pays. L'inflation a atteint 300%. Le dollar qui valait 180 pesos est passé à 350 pesos, après la dernière dévaluation. L'an dernier, les Américains ont acheté, en un mois, vingt-cinq banques argentines, et les monopoles américains se sont emparés, à bas prix de nos meilleures usines. Pour vous donner d'autres chiffres, chaque année, les Américains encaissent plus de cinq cent millions de dollars sous forme (le royalties des brevets qu'ils imposent à l'Argentine. Ces brevets permettent de fabriquer des produits dans des usines qui, sous le couvert de sociétés argentines, appartiennent en réalité aux Américains. Pour sortir de la crise économique qui est la sienne, l'Argentine a besoin de huit cent cinquante millions de dollars. Je viens (l'obtenir de l'Italie, un prêt de cinquante millions (le dollars, et M. Andreotti, le président du conseil italien, m'a promis d'intervenir auprès du « groupe (les l)ix » pour m'aider à trouver les huit cent millions (le dollars restants. J e ne rentre pas seulement avec de bonnes paroles, niais avec des données concrètes et des promesses (l'investissements étrangers. Lui Vous pourriez faire appel aux investissements étrangers ? Peron Si l'Argentine veut cesser (l'être, économiquement, une propriété américaine, c'est nécessaire ! La France, l'Europe nous intéressent. Lui Protégeriez-vous, si vous reveniez.Ilt pouvoir, les capitaux étrangers Peron Sans aucun doute. Bien que je prône (les idées socialistes, je défendrai toujours la propriété privée et les investissements étrangers. Les seules nationalisations que je souhaite réaliser sont celles les services publics. D'autre part, j veux constituer tin 8 monopole d'Etat pour le commerce intérieur et extérieur (lu pays. Les sociétés étrangères pourront passer des accords avec ce monopole d'Etat. Lui Par rapport aux divers régimes (l'Amérique latine, comment vous situez-vous exactement ? Peron En fait, je ne me sens proche d'aucun des régimes instaurés en Amérique latine. Le Chili me paraît trop à gauche. Cuba également. Le Brésil trop à droite. Par contre, si j'avais à choisir, j'opterais pour le régime péruvien, qui me semble le plus près (le mes idées. Lui Quels rapports envisageriez-vous d'établir avec les autres régimes (l'Amérique latine ? Peron D'excellents rapports, dans la mesure où nous nous respecterons les uns les autres. Je considère qu'entre certains régimes de gauche et certains partis également (le gauche existant en Argentine, il n'y a que des divergences dans la mise en pratique d'idées au départ identiques. Prenez l'Argentine par exemple. J e suis pour le respect de la propriété privée. Les partis de gauche sont pour la nationalisation totale.)'estime, pour ma part, que la propriété privée est l'élément moteur d'un pays. Elle crée une émulation. Pour beaucoup, elle est une finalité en soi. Si vous la supprimez, vous supprimez cette émulation. Vous créez des robots. Vous annihilez le sens (les responsabilités. Dans ce domaine précis, les partis (le gauche et notre mouvement ne sont pas (l'accord. Mais rienrte nous empêche de collaborer. D'autant plus que je suis pour la nationalisation des services publics dans l'intérêt même de l'État. Et, comme je vous l'ai déjà dit, je suis pour la création d'un monopole d'Etat pour le commerce intérieur et extérieur du pays. Cela afin d'éviter que nos ressources aillent à l'étranger, comme maintenant, et que des intérêts étrangers importants s'emparent de nos forces vives. Sur ce plan, je défends l'intégralité économique de l'Argentine, et les partis de gauche et moi-même sommes d'accord. Cela dit, des firmes étrangères me disent  : « Nous voulons investir en Argentine. Nous voulons fabriquer, vendre, mais sauvegarder vos intérêts. » Je réponds « D'accord, puisque les intérêts argentins sont sauvegardés, que l'Argentine ne devient pas un terrain de chasse réservé et que des capitaux viennent faire tourner l'économie du pays tout en donnant du travail aux Argentins. » Lui Que pensez-vous au juste de l'expérience Allende ? Peron Elle est courageuse, mais elle dérange trop d'intérêts. Elle gêne les Américains qui veulent étendre leur zone d'influence en Amérique latine et qui, contrairement au passé, veulent réussir. Si Nixon s'est entretenu avec Brejnev, c'est aussi pour réactiver l'esprit de Yalta et (le Postdam. C'està-dire le partage du monde en zones d'influence. L'Amérique latine fait partie de celle dévolue aux Etats-Unis. Et comme l'expérience d'Allende dérange les Américains, il n'est pas dit qu'il ne tombera pas bientôt. Il se trouve dans la même situation que l'Argentine entre 1945 et 1955. Mais rien ne dit qu'il n'y aura pas ensuite au Chili un autre Allende. Lui Comptez-vous aller à Cuba ? Peron Pourquoi pas ? Lui Qu'allez-vous faire maintenant Peron je vais discuter avec Lanusse. 11 m'a dit  : « Revenez et nous verrons. » Je reviens et je demande à voir. Je vais également reprendre contact avec le peuple argentin. Dixsept ans (l'absence, c'est beaucoup. Il faut moins que cela à un homme politique pour se faire oublier. J'espère que les Argentins ne me trouveront pas trop vieux pour eux. Lorsque j'aurais mis au point un processus d'élections libres et honnêtes, je voyagerai en Europe. Je (lois me rendre en janvier en Roumanie, ensuite dans d'autres pays d'Amérique latine et enfin, en Chine. Les rendez-vous sont pris. Je les respecterai, quelle que soit l'évolution en Argentine. J'ai pris mes responsabilités en rentrant. que le général Lanusse et la junte militaire prennent les leurs. Lui Pensez-vous que votre épouse, Dona Isabel ne sera pas trop étouffée par la personnalité d'Eva Peron ? Peron Seul l'avenir nous le dira. Mais I sahel, comme Eva, vient du peuple. Comme lui, elle souhaite le bonheur de se battre courageusement à mes côtés. Je ne demanderais jamais aux Argentins d'oublier Eva, mais je suis sûr qu'Isabel continuera l'oeuvre de celle-ci et qu'elle en sera digne.
.41 Flint  : la première cigarette blonde qui n'est pas faite pour les beaux cowboys. Flint  : 3F. C'est bon, c'est tout.



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