Lui n°108 janvier 1973
Lui n°108 janvier 1973
  • Prix facial : 4 F

  • Parution : n°108 de janvier 1973

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 114

  • Taille du fichier PDF : 106 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial Catherine Deneuve.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 L'ACTUALITÉ EN QUESTIONS ET RÉPONSES L'H par l'coi ection TOUT SAVOIR SUR Gérard -Philippe GUASCHll MM par François-René CRISTIANI A par Anne-Marie DOURLEN ROLLIER LE GAMINE par Thierry PFISTER En vente en Librairie 6 F Diffusion Hachette EDITIONS FILIPACCHI YVES MONTAND " Comme sport, je ne pratique vraiment que la colère ; et mon seul vice, c'est le poker " (Suite de la p.8) service énorme. Nuance. Elle m'a fait deviner que nous étions tous nés gens des planches. de la caricature. Et que quelqu'un qui, au music-hall, ne pouvait pas être reconnu par sa seule silhouette, être caricaturé, ne pouvait pas s'en sortir... Lui Elle était l'excès. Tout comme Prévert que vous avez beaucoup fréquenté. Tout comme Simone, dont vous dites « c'est certain, je le sais maintenant, nous vieillirons ensemble... ». Tous ces gens excessifs. vous les aimez, mais jamais ils ne vous entraînent sur leurs pentes... Montand C'est vrai je reste en lisière. Je me préserve.'fout cela doit venir d'un équilibre né d'une enfance équilibrée. Une belle cellule familiale, malgré le manque de fric. je ne bois pas, par exemple. L'idée de la drogue me fout les jetons. Comme sport, je tie pratique vraiment que la colère. La preuve que je ne suis pas si équilibré que ça. Quant à pion seul vrai vice, c'est le poker. J'y joue des nuits entières. Et encore, parce que c'est le seul jeu, à ma connaissance, où l'on découvre la vraie nature de ses partenaires. L'avare y est avare, le tricheur, tricheur. Moi ? je fais semblant de savoir perdre en rigolant. Mais je râle. Lui Et les femmes ? Montand Bof ! J'aime bien baratiner. Mais dès qu'on tombe dans le salace, y'a plus de Montand. Ott une communiante qui rougit. je me souviens d'un mec qui était tout fier de pouvoir nous montrer un film porno ; je me suis vite taillé. Lui Bon... Revenons au music-hall. Vous l (regrettez ? Montand Je n'y reviendrai probablement pas. Mais plutôt que de faire des adieux, je ferai un gros truc avec Averty. Une sorte d'au revoir. Parce que le music-hall est mort avec l'audio-visuel. C'est terminé. Lui Pas la moindre nostalgie ? Montand Si. La nostalgie du contact direct avec le public. Se dire qu'on ne reverra jamais plus ça. Mais le romantisme de la scène est aussi très douloureux. Trois heures avant le spectacle, vous êtes vraiment perdu. Vous vous sentez triste et abandonné. Vous ne savez pas ce que c'est qu'un théâtre vide ! Et puis, cette dépense physique, quand l'on perd chaque soir de deux à deux kilos cinq cents ! Comme après un dix mille mètres. Mais, ça encore, on l'oublierait... L'angoisse pas. Tout superviser. Y compris l'estrade des musiciens qui doit être d'une certaine hauteur. Les toiles sur lesquelles passent les ombres pour évoquer le petit cireur de Broadway. Les projecteurs. Le son. Et puis, après cette activité avec le régisseur, la secrétaire, les machinistes, tout le monde s'en va. Vers sept heures du soir. Et vous êtes seul. Avec une tasse (le thé sinistre et une tranche de jambon sinistre. Dans une loge silencieuse. Mais silencieuse ! Vous allez de la loge à la scène, de la salle aux coulisses. Et puis, le pianiste Bob Castella arrive. Les accords. Les premières rumeurs des spectateurs. Et ça gonfle. Et puis, l'entrée en scène avec une tête entraperçue au troisième rang. Ce monstre de dix mille personnes, avec une seule tête. Le public. Le cauchemar ! Un peu comme lorsque son mari demanda à la gentille Marthe ou à la gentille Angèle d'interpréter devant dix convives une chanson qu'elle fredonne si bien à la maison quand elle est toute seule. Marthe (ou Angèle) a peur. Moi aussi. Car, après tout, si j'ai un trou de mémoire, si je me fous dedans avec la mesure (ce que j'avais tendance à faire)... Non ! vraiment je ne vois pas ce que j'irai refaire stir une scène. Chanter du rock ? Il y a dix ans, c'est ce que je voulais faire sans l'oser. M'y mettre aujourd'hui, ce serait aberrant et ridicule. Pensez, en 1938, on m'appelait déjà le chanteur swing, alors ! Lui Alors il reste qui ? Montand Pour l'écriture  : Brassens, Trenet et Brel. Et Nougaro qui sait adapter la langue française au jazz. Et Polnaref.f. Et Charlebois. Et Dutronc, à qui je n'ai pas fini d'envier le « Paris s'éveille » que lui a écrit Lanzmann... Lui Mais Montand-chanteur n'a-t-il pas été souvent un peu trop perfectionniste ? Montand Pas du tout ! C'est une des choses qui me révolte, ce que vous dites-là. Je connais la rangaine  : Montand, c'est trop léché, c'est trop bien. Sous entendu  : au détriment de la fraîcheur et de l'improvisation. je m'inscris en faux. (Suite page 18)



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