Lorraine Magazine n°59 4 nov 2015
Lorraine Magazine n°59 4 nov 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°59 de 4 nov 2015

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : SCPP

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 9,4 Mo

  • Dans ce numéro : 11e fête de la Grande Pêche !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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portrait 16 LorraineMagazine Rani Calderon  : « le chef d'orchestre est un médiateur » Après le départ de Tito Muñoz en 2013, l'Opéra de Nancy s'est lancé dans une sacrée quête  : celle de son futur directeur musical. Depuis quelques mois, l'avenir n'est plus incertain et les rêves de la maison se sont matérialisés sous les traits du chef d'orchestre israélien Rani Calderon. Ancien chef principal au Théâtre municipal de Santiago du Chili, il amène avec lui un goût pour l'éclectisme et sa vision particulière de l'orchestre. Les premiers concerts symphoniques de la saison viennent d’avoir lieu, les 15 et 16 octobre derniers. Ce n’est pas la première fois que vous venez diriger l’orchestre symphonique de l’Opéra de Nancy puisque vous étiez chef d'orchestre invité sur « Turandot », en octobre 2013. Quel sens avait donc ces premières représentations pour vous ? En effet, elles avaient une signification toute particulière pour moi. Elles sont le fruit d’une idée que j’avais depuis très longtemps, que j’ai proposée à l’équipe de l’Opéra au moment de la présentation de mon projet artistique. Je voulais que l’orchestre puisse se produire au moins une fois par an sur le plateau de l’opéra et, si possible, lors de l’inauguration de la saison symphonique. C'est ce que nous avons réussi à réaliser avec ces concerts. Mais pour les prochaines années, j’aimerai aussi que le chœur se joigne à nous. Pourquoi cette représentation de l'orchestre symphonique sur la scène de l'Opéra, et non pas sur celle de la salle Poirel, vous tient tant à cœur ? Je suis un grand fan de la Grèce antique, dans laquelle le théâtre est né. À cette époque, cette discipline faisait vraiment partie intégrante de la vie de la ville. J’ai pour vœu que l'Opéra et l'orchestre symphonique trouvent aussi leur place au centre de celle de Nancy. En cela, le directeur musical a un rôle de médiateur à jouer, en donnant une identité à la formation qu’il dirige. En plus, entre l’orchestre, le chœur et l’équipe technique, nous sommes plus de cent. Il est essentiel de réunir tout le monde au minimum une fois l’année. C’est une autre sensation de jouer ainsi tous ensemble sur le plateau de l’opéra. Les musiciens ont bien sûr leurs habitudes à la salle Poirel. Pourtant, ils l'avouent eux-même, ouvrir la saison dans leur propre maison provoque de belles émotions. Quelles directions avez-vous envie de prendre avec l'orchestre symphonique et l'Opéra en général ? Une fois nommé, je me suis penché sérieusement sur le répertoire joué par les musiciens par le passé. J'ai remarqué que l'activité symphonique était moins représentée quantitativement ces derniers temps. Or jouer de la musique symphonique permet de maintenir l’orchestre à un certain niveau, de conserver une sorte d'hygiène musicale aussi. Et puis, deux types de répertoire n’étaient pas assez présents au cours des dix dernières années. D'abord, l'orchestre a peu interprété de classiques et le répertoire français était clairement sous-représenté. Je m’étais dit « ils ont probablement tout abordé ». J’étais donc étonné et en même temps très content de découvrir que non. Nous avons ainsi choisis, avec l'équipe de l'Opéra, d’ouvrir la saison symphonique avec deux chefs d’œuvre classiques  : la 5 e de Beethoven et la 40 e de Mozart. En novembre, nous enchaînons avec du Haydn pour achever la saison avec Debussy, Ravel et le 5 e concerto de Saint-Saëns pour piano, qui est un chef d’œuvre absolu, encore jamais joué ici. Vous-même vous êtes à la fois chef d’orchestre, pianiste et aussi compositeur. Qu’est-ce que cette triple casquette apporte à votre rôle de directeur musical ? Pour le moment la carrière que je mène est celle de chef d’orchestre. Mais avoir ces trois activités donne une perspective musicale assez vaste. Quand vous étudiez une partition et que vous avez l’expérience d’écrire la musique, vous avez une autre façon de la regarder. Vous vous mettez dans la peau du compositeur et vous pouvez parfois vous dire  : « là il aurait peut-être voulu faire autre chose mais il n’avait pas l’instrument ou les moyens ». Par exemple, dans la 5 e de Beethoven, un thème joué par des cors l’est ensuite par des bassons dans la réexposition. La raison est simple  : dans la réexposition, le thème s’interprète en ut majeur et à l’époque de la composition, les cors n’avaient pas l’ampleur de note suffisante. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas et les bassons produisant un effet comique, j’ai remis les cors. En l’écoutant, j’étais convaincu et j’ai l’impression d’avoir mieux servi cette symphonie. Propos recueillis par Pauline Creusat Photos Yannich Herpin, DR
Publi-reportage Photo DR Du 17 au 20 novembre, la Manufacture se met à l’heure allemande et propose de faire découvrir sa dramaturgie contemporaine dans toute sa diversité. A quoi ressemble-t-elle ? Réponse en novembre avec la quatrième édition du « Neue Stücke 1 ». « Neue stücke » ne perd aucune miette Cette année pour sa nouvelle édition de « Neue Stücke », la Manufacture a concocté un programme de spectacles prompts à ensorceler le gourmet fan de théâtre qui sommeille en vous à travers une exploration de la dramaturgie allemande contemporaine. Avec cette manifestation, le Centre Dramatique National (CDN) de Nancy-Lorraine prend une dimension européenne en partenariat avec neuf structures comme le Goethe- Institut Nancy, le « Badisches Staatstheater » de Karlsruhe, le « Deutsches Theater » de Berlin et même des confrères messins tel l’Arsenal. Sur la scène contemporaine, la compétition n’est pas de mise. Concoctions explosives Et les spectacles vont vite chauffer sur les fourneaux. Lors de la soirée inaugurale, trois d’entre eux interpelleront le public de toutes les façons possibles. Dès 19h30, la Manufacture révèle en avant-première l’un des dix textes qui composeront « Krise Experts », une création inédite jouée dans sa totalité lors du prochain festival RING. Au cours de cette soirée, les élèves de Sciences-Po Nancy présenteront en allemand et en français le texte de l’auteure allemande Rebekka Kricheldorf. Cette pièce porte tout particulièrement la marque de Michel Didym grâce à une interaction accrue entre ceux qui sont sur scène et le public. Ici, les spectateurs vont constituer une cellule de crise et de réflexion. Face à eux, un expert aura cinq minutes pour développer son sujet. À la fin du temps imparti, chacun se sera forgé une opinion et pourra la soumettre par l’intermédiaire d’un boîtier de vote. Les minutes citoyennes sont passées, place à un autre genre théâtral avec « Quand on parle du chou, les bougies dansent ». Écrit par Jörn Klare, cette pièce nous plonge dans l’intimité d’une relation mère-fille, traversée par la question douloureuse de la mémoire. Alors que la mère est sur le point de perdre une grande partie de ses souvenirs, la fille tente de découvrir l’identité d’un père inconnu, gardé jusque-là sous silence. Nuits blanches et cœurs sauvages La soirée du jeudi 19 novembre explore la question de l’identité juive et des liens familiaux. Dans « Mameloschn, langue maternelle », trois générations se confrontent  : la grand-mère Lin, rescapée des camps de concentration, la fille Clara, en froid avec cette dernière, et la petite-fille, Rachel, qui tente de renouer avec ses racines et apprend quelques bribes de Yiddish. Ces trois femmes vont se heurter, s’interroger afin, peut-être, de mieux se retrouver, malgré les douleurs. Le public pourra voyager sur une nouvelle palette de sentiments le 20 novembre et plonger avec joie dans la « Nuit blanche berlinoise ». Là, le cabaret toqué du « Social Muscle Club » jouera la carte participative en faisant échanger les spectateurs entre eux. Un karaoké dansé géant prendra aussi place et chacun aura l’opportunité de briller (ou pas) sur la piste de danse. N’est pas Beyoncé qui veut ! D’autres surprises vous attendent. Et puis, du 10 au 15 novembre, « Neue Stücke » s’allie à l’Arsenal de Metz pour la 7 e édition des rencontres musicales franco-allemandes. Cette année, elles auront pour thème « Entartete Musik/Musique dégénérée », en lien avec le 70 e anniversaire de la libération des camps. La France et l’Allemagne se souviennent, leurs dramaturges aussi. 1 « Nouvelle pièce », en allemand. 17 > 20 Novembre 2015 Neue Stücke ! #4 Nuit Blanche Berlinoise et les pièces de Rebekka Kricheldorf Jörn Klare Marianna Salzmannà faire La y, E- r+ 1:1111 FeilitiereY or Narity, Renseignements 03 83 37 42 42 - www.theatre-manufacture.fr LorraineMagazine 17



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