Lorraine Magazine n°152 4 fév 2020
Lorraine Magazine n°152 4 fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°152 de 4 fév 2020

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : SCPP

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 17,4 Mo

  • Dans ce numéro : réouverture de la villa Majorelle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 LorraineMagazine entretien avec George Stam - collectionneur et donateur de la collection des flacons de parfum et partenaire de la « Fondation Baccarat » - Votre collection est riche aujourd’hui de 1300 pièces répertoriées et quelques 1000 autres non répertoriées. Comment avez-vous trouvé votre tout premier flacon ? Je suis citoyen néerlandais, arrivé en Suisse à la pré-adolescence, avec ma famille. En suisse, j’ai accompli ma carrière dans l’immobilier, jusqu’à ma retraite. Je réside maintenant à Baccarat, depuis juillet 2019. Un jour je me suis rendu à Genève pour mon travail et je suis passé devant la boutique d’un antiquaire  : j’ai été intrigué par un aspirateur en bois. En passant devant sa vitrine des flacons de parfum, j’ai repéré cette pièce en forme de tortue. Il y avait le poinçon Baccarat derrière. J’ai su plus tard que c’était un flacon Guerlain qui symbolisait la lenteur des travaux de la Maison Guerlain qui devait ouvrir en 1912 sur les Champs Elysées mais qui n’a ouvert ses portes qu’en 1914. Croyez-le ou non, mais je n’ai pas dormi cette nuit-là. Le lendemain, je suis retourné à Genève pour l’acheter. Ce flacon a changé ma vie. Étiez-vous déjà connaisseur ou votre passion a commencé à ce moment-là ? Je ne connaissais rien à cet univers ! Mais juste après l’acquisition de ce flacon en forme de tortue, que je trouvais si insolite, j’ai fait quelques recherches et je me suis rendu à des ventes aux enchères à Paris mais aussi à différentes bourses et brocantes. Et puis, au fil du temps, on fait des rencontres… Ce qu’il y a de passionnant dans ce milieu des flacons de parfum est que l’on en apprend tous les jours ! Qu’est-ce qui vous fascine dans ces objets ? Je m’intéresse aux flacons qui portent un nom de fabricant ou de parfumeur. Leur âge d’or est le début 1900. À l’époque, les flacons de parfum étaient nommés « Ne m’oublie pas », « Pense à moi », « Tais-toi mon cœur ». C’est insolite d’offrir un parfum avec nom-là à une femme je trouve ! Bien sûr, la beauté de l’objet m’intéresse particulièrement. Je ne collectionne que les flacons en cristal avec un bouchon en verre « à l’émeri », produits depuis environ 1906 jusqu’aux années 1960. Il y a encore quelques pièces de nos jours mais dans des éditions très limitées. George Stam Le 6 février s’ouvre cette exposition de préfiguration à l’ouverture de la Maison du flacon de parfum à Baccarat. Comment avez-vous travaillé avec Anne Camilli, la commissaire de l’exposition ? En regardant l’ensemble de ma collection, je me suis aperçu que l’on pouvait la décomposer en sept thèmes, par exemple le floral, le féminin, l’animalier… Avec Anne Camilli, nous nous sommes intéressés aux flacons de parfum produits par les couturiers. Près de 200 pièces seront réunies et montreront les œuvres de Paul Poiret par exemple, grand homme qui a libéré les femmes du corset mais aussi de Madeline Vionnet, Jacques Worth, Coco Chanel, Elsa Schiaparelli… Vous avez choisi de léguer votre collection à la ville de Baccarat alors que vous avez été approché par des villes comme Paris ou Grasse… Pourquoi ce choix ? Tout vient de mon premier flacon. Baccarat, c’est bien sûr la cristallerie, c’est un savoir-faire unique. Mais c’est aussi la région Grand Est avec toutes ces grandes maisons que sont Lalique, Daum, Saint-Louis… Pour moi, avoir cette collection ce n’est pas « posséder » mais « rassembler ». Aujourd’hui, je n’ai pas d’héritiers et je ne veux pas que ma collection soit dispersée. Au contraire, je veux pouvoir en faire profiter les gens, les touristes, les curieux. Paris et Grasse sont déjà bien dotées en musées. Baccarat a besoin d’un coup de pouce pour retrouver sa vigueur. Et puis… quel bel écrin que le Château de Gondrecourt pour accueillir cette collection ! Vous avez dit  : « Mon flacon préféré est celui que je ne possède pas encore ». Vous continuez à enrichir votre collection aujourd’hui ? Bien sûr ! C’est ce qui me fait vivre ! Si je suis encore enthousiaste aujourd’hui c’est parce que j’arrive encore à trouver des pépites qui viendront compléter, au fur et à mesure, les pièces déjà présentes au Musée du flacon de parfum. ± Propos recueillis par Pauline Overney
Studio Lili Bellule/lili-bellule.fr - photo  : Thierry Malty LA CC DU TERRITOIRE DE LUNÉVILLE À BACCARAT ET LA VILLE DE BACCARAT PRÉSENTENT ESPRIT D’UNE COLLECTION BACCARAT (54) PÔLE BIJOU À PARTIR DU 06 FÉVRIER 2020 EXPO #1 MUSÉE DU FLACON DE PARFUM BACCARAT LorraineMagazine 21



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