Longueur d'Ondes n°91 sep/oct/nov 2019
Longueur d'Ondes n°91 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°91 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Sur la Même Longueur d'Ondes

  • Format : (200 x 260) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : le futur du Rock...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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chromusique SKIP THE USE Past & Future Polydor Même si c’était sans doute écrit quelque part parce qu’il y a des légendes qui ne peuvent pas s’éteindre, il aura finalement fallu trois ans pour que les chemins de Mat Bastard et de Yan Stefani se croisent à nouveau et que l’osmose créatrice rejaillisse pour donner vie à ce nouvel album en forme de bombe. Parfois il faut regarder et apprendre de son passé pour se construire un futur, ou à défaut l’imaginer. C’est sans doute ce qu’ont pensé les deux compères ici avec une collection de chansons qui, sans rien renier de ce qui a été fait avant, proposent quelque chose de vraiment nouveau et (d)étonnant qui devrait ravir les fans du groupe (et les autres). Past & Future est une boule à facettes qui brille de mille feux, ou plutôt de 14 titres tous plus dansants et groovy les uns que les autres, et évidemment militants – on ne se refait pas - lorsqu’il s’agit d’envoyer un message à « Marine » ou de fustiger la futilité des réseaux sociaux (« Au bout des doigts ») , mais c’est avant tout un véritable concentré de bonheur. dfacebook.com/skiptheuse d XAVIER-ANTOINE MARTIN THE FAT BASTARD GANGBAND Masala L’atelier du pélican/ZN Près de dix ans déjà que ces Lyonnais écument les scènes françaises. Leur musique est un joyeux foutoir, melting-pot d’influences tant balkaniques que latino-américaines. On passe ainsi de morceaux à l’esprit cumbia à des titres aux sonorités yougoslaves. Un esprit d’ouverture au monde qui amène le combo à écrire dans pas moins de neuf langues différentes. Pas étonnant dès lors que ce disque s’appelle Masala, qui en hindi, signifie mélange. On a droit ici à un opus coloré, épicé qui fait du bien en cette période morose. Ce nouvel album de cette joyeuse bande rappelle les riches heures de la scène alternative française des années 80 ; on y retrouve cet esprit de partage et de fête qui baignaient les albums des Négresses Vertes ou de la Mano Negra. Une œuvre qui sort au bon moment tant elle respire le soleil, l’été, la fête, le voyage. Mais qui ne se contente pas de cela car les temps sont difficiles et Fat Bastard sait également placer les mots qu’il faut sur les maux de la société. dthefatbastardgangband.com d PIERRE-ARNAUD JONARD 48 Longueur d’ondes N°91iques N CÉDRIK ST-ONGE Et si j’étais à des années-lumière Ad litteram Originaire de la petite ville de Caplan en Gaspésie, ce jeune homme nous avait offert un premier EP prometteur en 2017 sur lequel on le voyait collaborer avec Louis-Jean Cormier. Son premier album, enregistré au studio Dandurand à Montréal, nous arrive aujourd’hui. Cet opus est une vraie réussite, une belle balade qui emporte l’auditeur tout au long des quatorze plages qui le composent. Il y a là un vrai univers. Les mélodies s’avèrent superbes et la voix enchanteresse. Le jeune auteur-compositeur n’a pas son pareil pour créer une musique planante, une sorte de folk ambiant, langoureux au spleen contagieux. On navigue dans une atmosphère cotonneuse qui joue merveilleusement sur les ambiances. On pense à Karkwa ou encore au groupe culte Harmonium avec des envolées qui rappellent le meilleur du rock progressif. Un disque qui demande nombre d’écoutes pour plonger dans ses méandres et en comprendre toute la richesse. Incontestablement un talent est né. dcedrikstonge.com d PIERRE-ARNAUD JONARD SYDNEY VALETTE How many lives Oraculo Records Déjà cinquième long format de ce stakhanoviste de la synth-wave dont les travaux ont commencé en 2011 avec un premier disque Plutôt mourir que crever, aussi remarquable par son titre que par ses compositions. Voici donc déjà le successeur du très bon Fight Back, sorti l’année dernière. Pour tenir une telle cadence, il faut aller vite, c’est ce que le Parisien fait ici, ouvrant avec des titres comme « How many lives » et « I can’t » menés au pas de charge, et sur lesquels il est difficile de pas rapidement esquisser des pas de danse. Par la suite, le musicien dévoile un peu de son côté mélancolique avec « Back from Mexico » et « New pictures », flirtant avec certains penchants plus sombres de la dark wave, avant d’offrir une superbe reprise, lancinante et obsédante, d’« Anarchy in the UK » des Sex Pistols. L’album se termine par trois bonus tracks revisitant des compositions passées, l’occasion de nous faire découvrir un peu mieux un artiste non seulement prolixe mais également diablement efficace et talentueux. dsydneyvalette.bandcamp.com d XAVIER-ANTOINE MARTIN TERRE BATTRE TB2 Autoproduit Fondée sur une écriture automatique fonctionnant tel un déclic créatif, la pop chantée-parlée de ce binôme étiré entre Grenoble et Paris fait de la spontanéité une respiration de tous les instants. Contigus à une époque où Dame Nature est proche de la rupture, les deux garçons qui ont composé ce disque par un jeu de vase communicants à distance relatent avec lucidité la relation du corps à la Terre. D’un phrasé conjuguant poésie, philosophie empirique et phénoménologie, le discours déployé se veut d’un naturalisme à peine métaphorique. L’essence de l’être se fait ainsi telle la racine d’un arbre, manifestation allégorique d’une réalité physique dans laquelle l’esprit en serait la cime. Il y a dans ces lieux, presque mythologiques, la manifestation d’un lyrisme déclamant sans retenue la nostalgie d’un idéal commun qui ne s’est jamais produit. « Mais la nature n’offre rien de bon à part de l’indifférence à l’extrême » répète ainsi le titre « De passage » renvoyant l’être humain à ses simagrées. Une vraie bouffée d’oxygène… dterrebattre.bandcamp.com d JULIEN NAÏT-BOUDA VON PARIAHS Radiodurans Mus ‘Azik C’est un véritable mur de sons qu’il faudra franchir dès le début de ce troisième album pour prétendre pouvoir entrer dans l’univers des Nantais, « The bigger picture » donnant d’emblée le la  : pas de concession ni de quartier, c’est du brut. À l’image du titre de l’album qui prend son essence dans le nom d’une bactérie à la vertu bien enviable de pouvoir ressusciter, le rock que les Von Pariahs proposent ici semble indestructible. Dès lors, pourquoi s’embarrasser de précautions lorsqu’il s’agit de poser entre nos oreilles leur post-rock abrasif lorgnant du côté de Devo et Magazine ? C’est ce qu’ils font sans retenue sur les 4 premiers titres avant que « The west » ne vienne apporter un peu de répit. La pause est salutaire, d’autant plus que le reste du disque repart sur des bases équivalentes à celles de son début, jusqu’au superbe « Drinks » avec ses nappes de synthé et son beat répété à l’envi, peut-être le meilleur titre de cet album et preuve s’il en était encore besoin du talent incontestable du sextuor. dfacebook.com/vonpariahs d XAVIER-ANTOINE MARTIN THE BLUE BUTTER POT Let them talk Les Facéties de Lulusam/Art Force One/L’Autre Distribution Les bruits issus d’un poulailler ouvrant le disque ne laissent que peu d’espace au doute, les Bretons ont fait de la ruralité leur identité. Hydre à deux têtes, les rôles sont bien répartis  : tout l’aspect blues de la musique vient de Ray, le chanteur-guitariste  : timbre de gorge respirant le vécu, impeccable pour ce conteur d’histoires, picking et slide guitare inspirés, il est la caution roots du duo. À l’autre bout du spectre, on retrouve Oliv, le batteur. Lui est puissant et n’hésite pas à utiliser la double pédale de grosse caisse, un artefact typique du métal, inédit dans ce contexte, tout en possédant un sens du groove indispensable à ce genre de musique. La rencontre entre les deux ne pouvait que produire des étincelles dont on se délecte sur ce nouvel album enregistré en compagnie de Jim Diamond, un ancien collaborateur des White Stripes. Le duo propulse ainsi le blues dans une autre dimension, entre metal et garage, où la puissance n’obère pas le feeling. Une réussite. dfacebook.com/bluebutterpot d RÉGIS GAUDIN XAVIER Sprayed love At(h)home Il aura fallu attendre un moment avant que le MC des Svinkels nous offre enfin son premier album solo. Le bonhomme a bien bourlingué dans la scène musicale française collaborant avec nombre d’artistes prestigieux, de Sébastien Tellier à Mr Oizo. Cette expérience, acquise au fil des années, se ressent dans ce disque qui montre une grande culture musicale et un bel éclectisme. On se balade ainsi au gré des morceaux d’un titre funk à du hip-hop en passant par une chanson country. L’artiste ne se refuse rien et il a bien raison. On sent dans cet opus un amour immodéré pour la musique black et particulièrement pour la soul 70’s  : on pense ainsi à Al Green, à Stevie Wonder ou à Sly and the Family Stone. Des monstres de la musique auxquels l’ex-Svinkels n’a pas peur de se confronter. En résulte un disque où la sensualité semble être le maître mot. Varié musicalement, l’album sait rester cohérent. Un premier essai qui montre (mais ça on le savait déjà) tout le talent de ce soulman. dxavier-music.fr d PIERRE-ARNAUD JONARD
Roman RAPHAËL MALKIN Le dernier rugissant Éd. Marchialy, 256 pages, 20 € C’est un véritable bal de voyous dont regorge la légende de la musique populaire. Dealers et rappeurs, producteurs escrocs et DJ électros… La liste est longue et constitue une chouette aubaine pour le blanchiment d’argent. Ici, l’histoire est celle de Marc Gillas, alias Rud Lion, dans la France des années 1990. Ce petit délinquant de la banlieue sud a frôlé les étoiles en accompagnant la déferlante raggamuffin qui allait bouleverser le son de l’époque et concourir à la suprématie du rap en français. À partir d’une centaine d’interviews, l’auteur met en images tout un pan de la musique made in France à travers le parcours de ce métis franco-africain gorgé de violence et d’addictions, pour qui le lecteur finit par ressentir une sincère compassion. L’histoire, en effet, est cruelle pour celui qui aurait composé l’arrière-son chaloupé de « Ma petite entreprise », de Bashung, avant de sombrer au paradis des morts prématurées. Pour ceux qui ignorent tout de ce rugissant, le livre fera sans doute grand bruit. Pour les autres, il distille un arrière-goût de revenez-y. Antoine Couder Roman ABD AL MALIK Méchantes blessures Éd. Plon, 224 pages, 19 € Croire au pouvoir des mots. Se battre contre la violence et le risque de la voir exploser si rien ne change. Sauver le monde avec un livre. Auteur, compositeur et interprète aux multiples talents, écrivain épris d’Albert Camus, le rappeur Abd Al Malik s’appuie ici sur la fiction pour livrer ses réflexions sur notre pays. Kamil, rappeur français noir et musulman originaire de la banlieue de Strasbourg, part aux États-Unis, en quête d’inspiration littéraire. Parce qu’il se retrouve au mauvais endroit, au mauvais moment, il est assassiné. Mais là n’est pas l’essentiel  : sa vie raconte celle de la jeunesse française des banlieues issues de l’immigration, aspirant à la culture et à l’élévation spirituelle en dépit des traumatismes et des douleurs infligés par le quotidien. Si les digressions philosophiques prennent parfois le pas sur l’intrigue, ce conte poétique compose malgré tout une ode puissante à l’espoir et à la bienveillance. Aena Léo JÉRÔME ATTAL La petite sonneuse de cloches Éd. Robert Laffont, 270 pages, 19 € Lorsqu’il ne compose pas des chansons pour lui-même ou pour les autres (Vanessa Paradis, Constance Amiot, Eddy Mitchell...), l’éclectique Jérôme Attal manie l’art du roman avec délicatesse, prompt à nous embarquer dans son imaginaire tendre et coloré. Son précédent opus, 37, étoiles filantes (Robert Laffont), nous plongeait dans le Paris de 1930, sur les pas du sculpteur Alberto Giacometti, froissé avec son ami Jean-Paul Sartre. Cette fois, l’auteur rebondit sur une phrase des Mémoires d’outre-tombe, de Chateaubriand  : « J’entendis le bruit d’un baiser, et la cloche tinta le point du jour ». Nous voilà plongés dans un chassé-croisé savoureux entre deux époques. Celle du jeune Chateaubriand, d’abord, désargenté. Enfermé un soir dans l’abbaye de Westminster, il reçoit le baiser fugace d’une sonneuse de cloches. Celle de Joachim, ensuite, lancé sur les trace de cette mystérieuse jeune fille dans la capitale britannique, après la découverte d’un manuscrit rédigé par son père. Romantique et doux. Aena Léo Document Document Sous la direction de JEAN-YVES LELOUP Électro, de Kraftwerk à Daft Punk Éd. Textuel, 256 pages 45 € Une exposition qui s’achève, c’est toujours un petit coup de spleen. Heureusement, le présent ouvrage revient sur l’expo éponyme qui s’est tenue à la Philharmonie de Paris un peu plus tôt cette année. Un copieux volume allant bien plus loin que le sous-titre, De Kraftwerk à Daft Punk, ne le laisse supposer, puisqu’il débute avec les compositeurs pionniers des années 1960 et 1970 (Pierre Henry et Pierre Schaeffer notamment), ainsi qu’une magnifique série de photos en noir et blanc présentant d’étranges instruments d’époque, aux formes cubiques, faits de câbles et d’imposants boutons, dont il émane une étrange poésie. Vient ensuite toute une collection d’artefacts liés à la culture électro  : pochettes de vinyles, flyers et autres écussons, une saisissante série de photos des dancefloors disco des années 1970, une autre série, un peu glauque, des dancefloors allemands au petit matin (soit après la fête). L’ouvrage s’achève sur des interviews et la reproduction de la nouvelle Acid Eiffel de Vincent Borel. Régis Gaudin MIKE EVANS 3 minutes pour comprendre les 50 grands courants de la culture rock Éd. Le Courrier du livre, 160 pages, 18 € Musicien rock dans les années 1960, pigiste puis éditeur, l’auteur a signé de grands succès de librairie sur la musique. Il propose ici un bel ouvrage sur l’impact et l’influence du rock sur la société, la mode et l’art à partir de la création musicale depuis le milieu des années 1950. On fait le tour du monde sur les traces d’artistes iconiques, concerts, tournées historiques et disques mythiques. Les différents courants dérivés du rock comme le glam rock, le rock contestataire, le rock indé, alternatif, progressif, le hard rock, le punk ou encore la new wave, sont expliqués à partir de ce qui fit le blues ou le rock’n’roll classique. L’essence de la culture rock est passée en revue et déclinée par le portrait d’artistes comme Elvis Presley et Jimi Hendrix, ou de villes telles que Manchester, Berlin, Melbourne et Detroit. Une histoire du rock courte, significative, documentée et suffisamment détaillée pour se replonger de manière attrayante dans ses éléments les plus marquants. vAneSSA Maury-Dubois Roman JOE MENO (traduction Estelle Fleury) La crête des damnés Éd. Agullo, 348 pages, 22 € C’est l’une des petites pépites rock de cette rentrée littéraire. Chicago, quartier sud, années 1990. Brian est un ado un peu paumé – le genre loser du lycée, grosses lunettes et fan de série B, auquel on ne tarde pas à s’attacher. Il aspire à devenir un star de rock et réalise qu’il en pince sérieusement pour son amie Gretchen, la bagarreuse fan de punk. Bourré d’autodérision, Brian se cherche, enchaîne les petits boulots, tâtonne pour trouver un sens à son quotidien moins morne qu’il n’y paraît. Quel chemin suivre sur cette planète qui part à vau-l’eau ? Et si la musique était le meilleur des guides ? On se plaît à suivre les pérégrinations de ces deux-là, embarqués dans le tourbillon de l’adolescence où tout est plus à vif, angoissé, fort. Ces pages sont surtout le prétexte à une plongée dans la contre-culture de cette décennie  : l’esprit punk-rock, l’aspiration à sortir de la masse, ne pas ressembler à ses parents, vivre plus vrai… Hyper référencé et émancipateur. Aena Léo Biographie Roman chroiques livres JULIEN DECOIN Platines Ed. Seuil, 240 pages, 18 € Jean, vieil écrivain, vit reclus dans l’ancien couvent qu’il s’est offert dans les années 1970, grâce à l’argent gagné par son prix Goncourt. Un soir, il s’arrête dans le bar local, histoire de noyer quelques instants sa solitude dans l’alcool. Une chanteuse locale, créature sensuelle aux cheveux peroxydés, se trémousse sur scène. Elle éveille en lui le souvenir d’une rencontre aussi furtive qu’intense, qui bouleversa sa vie. Celle de Platine, rock star du New York déjanté des années 1970, qu’il croisa lors d’une résidence littéraire dans la Grosse Pomme. Le début d’une aventure qui inspira ses écrits, jusqu’à ce que cette muse américaine lui fracasse le cœur. Marie, la petite chanteuse du bar, n’a pas le dixième de son talent. Mais elle dégèle en lui une inspiration qu’il pensait perdue à jamais… Julien Decoin livre ici un troisième roman inspiré par Debbie Harry, la chanteuse de Blondie, empreint d’une nostalgie rock, agréable comme un vieux vinyle. Aena Léo N LONGUEUR D’ondes N°91 49



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