Longueur d'Ondes n°91 sep/oct/nov 2019
Longueur d'Ondes n°91 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°91 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Sur la Même Longueur d'Ondes

  • Format : (200 x 260) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : le futur du Rock...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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entr « Si le monde ne nous plaît pas  : il faut bien créer le nôtre, non ? » 22 Longueur d’ondes N°91 vues e Photo  : CarolynC.
big BISON BISOU On reconnaît souvent les (futurs) grands groupes à leur capacité à expliquer leurs œuvres et entretenir les questions – chez nous comme chez eux. Rien de mieux pour créer des aspérités qui font toute la singularité de ce rock élevé au tison. Contrastes  : oppositions de deux choses dont l’une fait ressortir l’autre. Et dont la conclusion est chaque fois imprévisible, suivant l’angle adopté… Question de points de vue, d’attente ou de vécu. Ces contrastes, c’est ce qui prouve une réflexion, offre du relief aux choses, de la matière à disserter autant que la preuve d’une modestie (s’interroger, n’est-ce pas se remettre en « question » et donc avancer ?). Mais plus qu’un doute qui tétaniserait le geste, réfléchir peut être une action collective et bienveillante qui permet de maintenir le mouvement ; d’abolir des limites humaines et musicales. C’est en tout cas ce que l’on retient de Bison Bisou, prétendants au trône du rock nordique. Pour ceux qui verraient dans leur style musical la simple survie d’une expression primaire (le rock), le groupe rejette tout fonctionnement binaire. Samuel DeGASne David Poulain Bien au contraire  : s’ils charrient les pôles, c’est justement pour prouver que des lignes médianes existent ; que, sans frontière, l’exploration reste possible. Gare donc à ceux qui voudraient trop vite les enfermer… On aurait pourtant dû s’en douter dès l’énoncé  : leur nom annonçait la couleur. Bison Bisou ? Tout y est  : l’art de l’oxymore, la consonance, la lettre inversée qui permet un jeu de miroir graphique… Du basique faussement naïf. De la nuance, surtout. Et pour le groupe, un totem  : « Ce n’est pas qu’une banale opposition, c’est un tout ! Les gens se sentent plus bison ou bisou. C’est une définition personnelle que tout le monde peut s’approprier. Mais aussi une réponse qui peut muter selon l’humeur… tout en admettant qu’un monde sans l’un ou l’autre serait insupportable, non ? » Ni l’un, ni l’autre, mais sans doute un peu des deux  : c’est la définition de ce groupe qui donne décidément matière à penser autant qu’à écouter. Car si cette culture du contraste s’inscrit à ce point dans leur ADN, c’est bien parce qu’elle est à l’origine de leur rencontre… BB, ce sont en effet cinq musiciens de générations et de styles différents (électro, post-hardcore, noise…). Un chiffre impair qui refuse la bipolarité et des membres qui n’étaient à l’origine que des voisins de palier de salles de répétition. « Finalement, nous fûmes un supergroupe avant d’être un groupe ! », précisentils, hilares. Or, ce n’est pas le rock qui les a réunis, mais bien « la volonté d’avoir un projet autour de l’énergie, sans aucune promesse de style. Une expression brute, mais dansante ; classique sans être simpliste. C’est tombé sur le rock, mais ça aurait tout à fait pu être autre chose ! ». Est-ce le succès du « en même temps », cher à notre Président de la République, qui fit naître cet entr vues art du ni-oui-ni-non chez la jeune génération ? On ne saurait dire, mais la description du cahier des charges a tout de l’envolée lyrique pour galvaniser les foules  : « Des guitares qui vrillent, une batterie qui casse les murs et du vent dans les jambes. » À fond la forme... Mais le fond, alors ? « L’euphorie domine, mais on n’est pas là non plus pour effacer la mélancolie. Ce sont cinq énergies qui fusionnent ! Il y a nécessairement un côté exutoire qui nous empêche d’aller brûler des bagnoles. Ce que l’on souhaite, c’est maîtriser la brutalité pour lui donner une dynamique. » On avait rarement entendu discours aussi instruit depuis quelques années, en particulier dans le rock français. Logiquement, ce caractère mouvant se ressent en concert ; un temps fort qui, selon eux, doit avant tout être « plus authentique qu’un simple spectacle. Ce doit être une absence de compromis avec la sincérité comme forme de discours. C’est la différence entre le divertissement et l’art… » N’allez pas pour autant croire que la déclaration est clamée sur un ton intello-pédant  : le phrasé est doux (parfois même hésitant) et on leur cède ainsi crédit facilement… dd e LONGUEUR D’ondes N°91 23



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