Longueur d'Ondes n°91 sep/oct/nov 2019
Longueur d'Ondes n°91 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°91 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Sur la Même Longueur d'Ondes

  • Format : (200 x 260) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : le futur du Rock...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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entr Voilà une artiste surprenante qui sait capter l’attention rien que par son visage peint de guerrière d’une ethnie musicale en résistance. L’auditeur se délecte d’un français dans le texte imagé et engagé depuis ses débuts avec les albums Un peu brisée (2012), Moi bordel ! (2008) « Certains font de la boxe pour évacuer leur colère, moi c’est de la et Princesse (2015). Ses punchlines détonantes, mélodieuses et rythmiquement saisissantes aux sons de son fidèle compagnon accordéon en bandoulière savent toucher les cœurs et atteindre les consciences. « Je suis autodidacte avec un parcours singulier et je ne suis pas une grande carriériste. Je suis plutôt animale avec une tendance à agir et à réfléchir après... ce qui ne m’a pas toujours fait prendre les décisions et les chemins les plus évidents ! » 18 Longueur d’ondes N°91 vues e Marchant à l’affect, à l’instant T, sans plan de carrière ni se poser trop de questions, la Suissesse genevoise a développé très tôt son amour pour la musique et l’accordéon. Après des formations en danse et théâtre d’improvisation, elle se produit en spectacle avec un goût pour la scène déjà bien ancré. Elle fonce et en 2004 apparaissent ses premières compositions enregistrées sur le EP La bonne aventure avant d’entamer la Tournée des bistrots à Montréal. Prendre du plaisir est sa philosophie en musique. Elle poursuit dans cette voie et deux albums sortent dans lesquels elle exprime son inspiration nourrie par les rencontres, l’humain et les sentiments. L’accordéoniste Michel Besson, Jacques Higelin, NTM, Mano Negra, Zebda, tant d’artistes l’ont bercée et comptent encore aujourd’hui comme Nina Simone, Virginie Despentes, etc. Oui il y a un peu de chacun dans ses morceaux. Auteure-compositeureinterprète, ses textes en français sont distillés en une parfaite alchimie entre rythmes, mélodies et paroles qui cultivent un « franc-chanter » en groove avec l’accordéon à bout-portant. « De manière générale, je n’aime pas tout ce qui est tabou, interdit, illicite. Cela donne mes chansons. Quand j’écris, il y a souvent une urgence, une forme de revendication, de rébellion. Certains font de la boxe pour évacuer leur Yoanna « franc-chanter » sans tabou VANESSA MAURY-DUBOIS LUCIE LOCQUENEUX Après une présence remarquée et acclamée à L’Atypik Théâtre d’Avignon pour le off en juillet dernier, Yoanna entame une nouvelle saison de tournée pour la sortie de son nouvel album 2 e sexe. colère, moi c’est de la musique ! » Mais une colère apaisée et lucide. Engagée auprès de jeunes lycéens français dans des actions visant à faire découvrir les musiques actuelles, elle ne l’est pas moins avec des thématiques telles que la condition féminine, l’environnement ou l’argent dans son nouvel album  : « Le parcours de chaque individu et les embûches rencontrées forment l’identité et le regard. Ce qui nous amène à être plus ou moins sensibles à certains sujets... » i dyoanna.fr musique ! » Esprit ouvert à tout Certains sujets interpellent plus que d’autres. À mots ouverts, Yoanna ferme savamment les portes du non-dit. Être femme pour elle, n’influe pas tant sur l’écriture et la composition que de se positionner en tant qu’artiste. Chanter des maux plus qu’actuels entraîne un certain lâcher-prise de conscience. « Je n’écris pas avec mes parties génitales. Si je n’avais pas été victime d’abus dans mon enfance et adolescence, probablement que j’écrirais sur d’autres problématiques et que je serais moins sensible aux inégalités homme/femme et à l’escroquerie totale qu’est la condition féminine. » Une telle ouverture « d’écrits » de nos jours est plus que salutairement nécessaire.
Pumpkin & Vin’S da Cuero être son meilleur pote LAURENT THORE BASTIEN BURGER Dans la sphère du rap français, ce duo ne peut plus passer inaperçu. En toute indépendance, il active depuis quelques années un écosystème autour de sa musique et de son label, visant à chaque étape à toujours pousser le curseur plus loin. Fin 2018, son album Astronaute a marqué un nouveau cap par rapport à Peinture Fraîche sorti en 2015. Pour la rappeuse, l’explication coule de source. « Astronaute est beaucoup plus abouti. Nous avions certainement plus de confiance en nous. » Si le rap des années 90 les inspire toujours autant, chacun à sa manière aime rappeler la liberté qui est la sienne. Pumpkin affirme sans complexe  : « Mon truc, c’est quand même de faire de la musique. Il y a une école qui voudrait que le rap soit avant tout de la revendication. Si c’était mon cas, il y aurait plein d’autres moyens  : écrire des livres, s’engager en politique. Quand tu écoutes notre musique, la musicalité est aussi importante que le propos. » De son côté, le beatmaker n’affiche pas spécialement l’étiquette musicale boom bap dans laquelle certains voudraient les enfermer  : « Cette musique ne s’est pas arrêtée au début des années 90. Il y a des artistes comme Kaytranada, qui ont vraiment cette inspiration, mais avec un traitement très actuel ! L’avantage du boom bap, comme il est basé sur le sampling  : tu peux écouter de tout. Notre morceau « Mauvais genre », certains vont dire que c’est de l’électro, mais la production et la rythmique sont très boom bap. C’est tellement subjectif en réalité, que je ne me pose plus vraiment la question. En tout cas, je sais que j’aime la musique organique, parce que les sonorités sont souvent très intemporelles. » Plus largement, il regarde avec lucidité l’évolution du rap. « Depuis quelques temps, je pense qu’il y a des rappeurs qui ne sont absolument pas dans la culture hip-hop. Pourquoi pas ? Le rap a tellement grossi qu’il s’est affranchi et a créé quelque chose d’autre. » Loin de se réduire à de simples gardiens du temple, Pumpkin décrit avec fierté combien cette pratique a été le lieu d’une véritable émancipation personnelle. « Je suis admirative de ce que j’ai réussi à accomplir, pas en matière de ventes, mais être capable de monter sur scène, faire des concerts, pouvoir faire des interviews, pouvoir structurer correctement ma pensée pour expliquer les choses, c’était quelque chose de très compliqué pour moi avant. Pendant les ateliers, je dis aux gamins qui ont peur de prendre le micro, qu’il faut toujours commencer par être son meilleur pote. » Pour elle, le rap reste avant tout une histoire de volonté. « En fait, toute mon évolution s’est faite publiquement. Je n’ai pas attendu d’avoir la maturité pour sortir un disque. Ce sont vraiment tes projets qui te font avancer. » Un nouvel LP est annoncé pour 2020. Même si Vin’S da Cuero avoue avoir eu besoin de décompresser, la création est déjà largement amorcée. « Pour le prochain album, en réalité, il y a assez peu de samples, comparé à Astronaute… Ce que j’aime bien faire sur un nouveau projet, c’est trouver de nouvelles façons de composer. Il y a un plugin, qui a beaucoup changé ma façon de travailler, c’est Melodyne. Il permet d’analyser une phrase musicale et ainsi de dissocier toutes les notes. Comme j’utilise beaucoup de couches sonores très différentes, je vais pouvoir changer les accords, en les multipliant, tout en gardant la même texture et les mêmes sonorités. Je me sens, du coup, beaucoup plus libre. » i Astronaute/Mentalow Music dmentalow.com/fr entr vues e LONGUEUR D’ondes N°91 19



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