Loco-Revue n°657 avril 2002
Loco-Revue n°657 avril 2002
  • Prix facial : 5,70 €

  • Parution : n°657 de avril 2002

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (203 x 280) mm

  • Nombre de pages : 92

  • Taille du fichier PDF : 117 Mo

  • Dans ce numéro : un réseau HO facile de A à Z.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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mique pour expédier quelques dizaines de tonnes à quelques centaines de kilomètres. Cette situation évoluera au cours des décennies suivantes avec l'amélioration du réseau routier et l'augmentation de la charge utile des camions. Mais pour l'heure, les wagons isolés et leurs trains du lotissement demeurent une réalité et le début des trente glorieuses est synonyme d'une augmentation des échanges de marchandises. En outre, la mécanisation se poursuit et il est, dans les années 1950, de moins en moins concevable de manoeuvrer les wagons avec des chevaux, voire à la force des bras. D'autre part, on assiste après la guerre au remplacement de locomotives à vapeur de manoeuvre, souvent déjà quinquagénaires, par des locotracteurs. Bien moins anecdotiques qu'elles le semblent aujourd'hui, les locomotives à chaudière verticale dites "bouteilles à encre" disparaissent ainsi massivement au cours des années 1950. Le TE go, dans le style de son époque Lorsqu'il apparaît en 1951, le Decauville TE 90 est comparable à ses concurrents Baudet-Donon-Roussel (BDR) type HSMP ou HSMV (16t, 90 ch) et U 60 (également appelé A8 - 16t, 80 ch) des Ateliers de Construction d'Argent (ACA). Dans cette gamme de masse (environ 15t) et de puissance (80 à 100 ch), tous les constructeurs adoptent à l'époque la transmission mécanique. Bien que promoteur des transmissions électriques, Moyse ne fait pas exception à cette règle, car dans la gamme de puissance précitée, la transmission électrique entraîne un surcoût significatif. Construits par BDR à partir de 1952, les Y 2100 de la SNCF sont équipés d'un moteur à essence. Il s'agit là d'une exception : après la guerre, la quasi-totalité des locotracteurs sont équipés de moteurs diesel. Bref, pour manoeuvrer quelques wagons dans la cour d'une entreprise de moyenne importance, les constructeurs offrent tous un engin d'une quinzaine de tonnes, muni d'un moteur diesel d'environ 80 à 100 ch associé à une transmission mécanique. Les premiers TE go Devant en grande partie son essor au succès commercial de ses chemins de fer "portatifs" (voie étroite démontable et utilisée dans l'agriculture, sur les chantiers ou par l'armée), Decauville dispose dès le début du XXe siècle d'une vaste gamme d'engins de traction. Les locotracteurs Decauville sont appelés TM s'ils sont destinés à travailler au fond des mines, TP s'ils sont voués à une utilisation en surface ou TE si ce sont des engins de manoeuvre sur les embranchements particuliers. Naturellement, les TP et TM sont des engins pour voie étroite, alors que les TE sont pour la plupart destinés à la voie normale. Au début des années 1950, la gamme Decauville destinée aux embranchés a pour entrée de gamme un engin de 58 ch pour 8 t (1) dont le type se décline de la voie de 60 cm à la voie normale. Le 14 3 - A Outreau (62), le TE n°26 stationne en juillet 1994 avec une décoration'personnalisée" ! Notez le gyrophare qui apparaît sur les voies industrielles à la fin des années 70. (PhotoC. Costy) 4 - Vu à Golbey (88) en février 2001, le TE 901 n°68 a été construit en 1963. (Photo C Costy) 5 - D'abord utilisé par Arbel à Douai le TE 90 n°003 de 1955 manoeuvre à Montfavet (84) en 1996. (Photo Louis Caillot) février 1951, Decauville propose à la Société anonyme des Forges, Tréfileries et Pointeries de Creil d'acquérir pour 5.000.000 FF un locotracteur d'embranchement à voie normale de 85 ch pour 16t, qui serait l'avant-projet du TE 90. Cette proposition fait référence à un plan (2) daté du 12 janvier 1951 et qui présente un locotracteur de 5,980 m hors tout, (1) Correspond à la spécification T 109 et aux diagrammes E 20-379 et E 20-380 de Decauville. (2) Diagramme E 20498 de Decauville. 44 LOCO REVUE n'657 - Avril 2002
6 - Le TE 901 n°48, en janvier 1997, alors qu'il porte encore sa livrée d'origine. C'est cet engin'dans son jus" qui a inspiré Christophe pour réaliser son modèle HO ! (Photo C Costy) dont l'allure générale est celle du futur TE 90, bien que sa hauteur soit limitée à 2,750 m contre 2,870 m pour le TE 90 définitif. Il est très probable que l'appareil finalement livré aux Forges, Tréfileries et Pointeries de Creil soit en fait un TE 90 tel que nous le connaissons, ce qui signifie que les plans de début 1951 ont été modifiés avant l'industrialisation. Cette supposition est étayée non seulement par un courrier du premier juin 1951, par lequel Decauville s'excuse du retard de livraison de l'engin, mais aussi par les dates portées par les plus vieux plans du TE 90 définitif, ceux-ci étant datés d'août 1951. On peut donc en conclure que les premiers TE 90 sortent des usines de Corbeil au cours de la seconde moitié de l'année 1951. Les TE 90, goo et 901 Selon sa spécification technique de 1957 (sans doute identique à celle appliquée au début de la production), le TE 90 est un locotracteur de 18 t pour 6,380 m hors tout. Monté sur des roues de 650 mm, il est équipé d'un moteur Berliet MDZ réglé à 90 ch. Plus tard, une autre spécification technique prouve que certains TE 90 sont livrés avec le même moteur, mais réglé à 102 ch. Dix ans après son entrée en scène, le TE 90 a une descendance sous la forme des TE 900 et 901, dont les spécifications techniques sont datées de mars 1961. Le TE 90 partage avec sa descendance son allure générale et l'accouplement par bielles de ses essieux, mais la longueur passe de 6,380 m à 6,404 mentre les TE 90 et TE 900/901 par l'allongement des porte-à-faux extrêmes, probablement lié à l'augmentation de l'épaisseur des traverses frontales qui portent le lest. Celuici explique seul l'évolution de la masse qui passe de 18 à 20 t entre le TE 90 et les TE 900/901 Les TE 900 et 901 partagent le même moteur Berliet MDU 24M, mais celui-ci est réglé à 120 ch sur le TE 900, et à 130 ch sur le TE 901. Toutefois, la principale différence entre les engins réside dans leur transmission. En effet, le TE 900 dispose d'un coupleur hydraulique Ferodo, tandis que le TE 901 fait appel à un convertisseur de couple Guinard, qui lui vaut d'être clairement proposé comme locotracteur à transmission hydraulique. Précisons que les transmissions mécaniques des engins Decauville souffraient des mauvaises habitudes du personnel chargé de leur conduite, qui n'hésitait pas à inverser le sens de marche avant l'arrêt complet, ou à freiner avec le moteur... ce qui est peu recommandé avec un locotracteur ! Il est probable que la plupart des TE 90 aient reçu des roues de 650 mm, par contre, les TE 900 et 901 sont, selon les spécifications, annoncés avec des roues de 650, 700 ou 800 mm. La place des TE 90, goo et 901 dans la gamme Decauville Au cours des années 1950, le TE 90 est complété par le haut avec le TE 150 (150 à 180 ch, 30 t). En 1959, Decauville introduit son "plateau-tracteur" TE 40 (55 ch, 10t, transmission mécanique) et propose alors une gamme bien étagée, dont le TE 90 est le milieu. Au cours des années 1960, le TE 90, puis sa descendance (TE 900 et 901) sont pris en étau entre la montée en puissance des "plateaux-tracteurs", rebaptisés TE 400, puis TE 801 (84 ch, 14t, transmission hydraulique), et la diversification des modèles lourds, parmi lesquels nous citerons par exemple le TE 2001 (235 ch, 36t, transmission à coupleur hydraulique twin-disc). En outre, les TE 900/901 sont, dans la seconde moitié des années 1960, des engins à l'aspect démodé. Decauville tentera donc de renouveler son milieu de gamme avec le modèle 1521 qui arrive à la fin des années 1960, après l'âge d'or du locotracteur industriel. Petits engins sympathiques à la ligne "rase-ballast", le TE 90 et ses descendants TE 900/901 sont représentatifs des locotracteurs industriels moyens de la période 1950-1965. La solidité de leurs bases techniques vaut à certains d'entre eux d'être toujours utilisés aujourd'hui. LOGO REVUE n°657 - Avril 2002 45



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