Lion n°715 octobre 2018
Lion n°715 octobre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°715 de octobre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 61

  • Taille du fichier PDF : 5,2 Mo

  • Dans ce numéro : arrivée de la Charity Run.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Je nettoie ma Loire Savoir - Environnement À Orléans, une fois par mois, l’association Je Nettoie ma Loire organise une opération citoyenne de ramassage de déchets sur les bords de Loire. Des centaines de kilos sont ainsi ramassés par des dizaines de bénévoles. Le plastique, pas fantastique ! Sacs, bouteilles, emballages en tous genres, vaisselle jetable et autres verrues plastique incongrues et ravageuses, jetées sans scrupules dans la nature  : sur terre comme sur mer, le même spectacle de désolation. Consciente de son retard en matière de recyclage des plastiques, le Gouvernement multiplie les dispositifs tandis qu’émergent des projets citoyens innovants pour nettoyer les sites pollués et enrayer cette « nécrose » environnementale. Impossible de les avoir manquées, ces images ont fait le tour des réseaux sociaux ! Ici cette mer de plastiques alias « Le 7 e continent » (Trash Vortex), là cette tortue marine une paille coincée dans une narine, là encore cet échassier totalement prisonnier d’une poche plastique, ou ces montagnes de déchets collectés par des associations sur les plages, dans les villes… Ici ou ailleurs, la pollution aux déchets plastique est tristement partout. Et un plastique jeté dans la nature a toutes ses chances de finir dans l’océan. Mais facile et peu cher à fabriquer, le plastique s’est avéré fantastique pour les industriels qui y ont trouvé des débouchés en masse. Sauf que maintenant… La France mauvais élève du recyclage Si les prémices du tri-sélectif apparaissent en France en 1992 avec la création d’Éco- Emballages, il faut attendre 20 ans plus tard pour que tout l’Hexagone bénéficie de la collecte sélective ! En Europe, des pays ont déjà quelques longueurs d’avance  : en 2012,.46//Lion édition française - N°715 la Suisse, par exemple, recycle déjà 50% de ses déchets (Soure www.toutvert.fr) ! Un retard que la France a bien du mal à rattraper, pointée par un rapport de l’organisation Plastics Europe comme « le mauvais élève du recyclage des emballages plastique en Europe avec un taux de 26,2% en 2016 contre 40,8% en moyenne dans l’Union européenne » ! Avec plus d’un quart des déchets d’emballages plastique recyclés en 2016, la France se hisse à la 29 e place sur 30, loin derrière l’Allemagne (50,1%) et la République tchèque (51,2%) *. Un bonus-malus pour le consommateur Pour autant la France fait des efforts  : interdiction des sacs plastique à usage unique depuis janvier 2017, renforcement de la loi de 2015 sur la prévention de la production de déchets, soutien de la stratégie plastique de la Commission européenne en mai 2018, l’ambition du 100% de plastiques recyclés en 2025 et le nouveau « bonus-malus » par Estelle Boutheloup que lancera le Gouvernement en 2019  : il sera en effet plus cher par exemple d’acheter une bouteille d’eau en plastique non recyclé que recyclé. Parallèlement, certaines entreprises se sont déjà engagées anticipant les cadres réglementaires comme l’enseigne Leclerc qui ne devrait plus proposer de pailles et de vaisselle en plastique début 2019 ou Carrefour qui annonce vouloir supprimer les emballages plastique nonrecyclables de fruits et légumes bio **. Reste maintenant aux citoyens- consommateurs de faire preuve d’éco-responsabilité dans leurs choix et leurs actes, sachant, qu’en 2014, 50% des Français ne triaient pas encore systématiquement leurs déchets ! Le 15 septembre, aura peut-être été l’occasion d’un déclic en participant à l’opération « Nettoyons la planète en 1 jour » … *Source Le Blog des Décodeurs ** Source AFP a
Yvan Bourgnon Skipper, navigateur et fondateur de l’Association The Sea Cleaners Ces « continents de plastiques », présents dans les océans et en Méditerranée, ne se sont pas créés du jour au lendemain. Comment a-t-on pu passer à côté avec le trafic maritime que l’on connaît ? Yvan Bourgnon  : Une personne sur 10 000 va sur la mer et les déchets ne s’y voient pas, alors aucune action n’est faite. Il faut savoir aussi que les marins, régatiers, bateaux de croisière… n’ont pas toujours eu des comportements exemplaires. J’ai fait mon premier tour du monde à 10 ans, il n’y avait pas un sac plastique en mer ! Aujourd’hui, c’est un désastre et on tire la sonnette d’alarme avec 30 ans de retard. Votre projet du Manta, est né de collisions en mer… YB  : J’ai dû abandonner trois fois à cause d’accidents avec des containers  : forcément ça énerve ! La dégradation évolue au fil des années et, nous, marins, nous devons réagir ! En 2015, j’ai eu cette idée de construire un bateau qui ramasserait les plastiques  : on m’a pris pour un fou, tu vas ramasser que dalle ! Tous les scenarii ont été imaginés. Le choix s’est porté sur un bateau électrique, 4 coques, avec de très grands gréements, des tapis roulants autonomes capables de collecter à faible et constante vitesse, et qui soit hybride voile/éolienne/solaire/pyrolyse pour gérer les déchets à bord. On a inventé la meilleure combinaison de toutes les énergies. D’où vient cette pollution ? YB  : À 85% de la terre et des humains via les fleuves, les rivières et les grandes villes littorales. Ce sont pour l’essentiel des déchets issus des produits d’hypermarchés  : toute la grande conso des particuliers ! À terre, ces déchets sont relativement bien gérés mais de nombreux pays ne les éliminent pas. Où en est le projet « Manta » ? YB  : Le projet a 2 ans, il est à maturité et il réunit 40 personnes. Nous allons lancer les appels d’offre pour la construction du premier bateau pour 2022. L’idée n’est pas de couvrir toute la surface des océans mais d’aller à la source des plastiques, près des grands fleuves et des grandes villes, là où le plastique est sous sa forme originale. Nicolas Hulot, l’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, visait le « Zéro plastique rejeté en mer d’ici 2025 », est-ce réalisable selon vous ? YB  : Non, mais il faut avoir des objectifs ambitieux pour qu’il y ait 10% qui passent. Nous n’avons pas un gouvernement facile  : il favorise la consommation. Les choses sont bien prises en main en Europe, mais il faut sensibiliser l’Asie, l’Afrique, l’Amérique du Sud, et embrayer le changement en France. Lion édition française - N°715//.47



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