Lion n°714 septembre 2018
Lion n°714 septembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°714 de septembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 9,9 Mo

  • Dans ce numéro : Gudrun Yngvadottir, présidente internationale 2018-2019.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Vie culturelle - Jazz Coffret Mosaïc MD6-266 (six CD).78//Lion édition française - N°714 NJMH Bill Savory Le trésor de Bill Savory  : l’affaire rebondit ! Ce trésor, nous l’avons évoqué il y a dixhuit mois, et renvoyons les passionnés des choses du jazz à ces mêmes pages dans la revue de février 2017. Rappelons que Bill Savory (1916-2004), issu d’un couple d’émigrés franco-italien, musicien de jazz amateur mais surtout génie autodidacte de l’électronique, n’avait pas encore vingt ans qu’il avait développé avec passion ses propres techniques d’enregistrement et de gravure, découvert le 33 tours avant tout le monde et fait son entrée dans l’équipe de ces chercheurs de la Columbia qui, plus tard, inventeraient et perfectionneraient le microsillon. Pour le compte de la CBS (branche radiophonique de la Columbia) et de ses filiales, il fut amené entre 1935 et 1941 à superviser les diffusions et rediffusions de nombreuses soirées newyorkaises de l’époque, ce qui passait par la gravure directe de disques spéciaux de 16 pouces. Avec la technique qu’il avait mise au point, l’autonomie d’une telle galette frôlait le quart d’heure, on était déjà dans la « longue durée » et très loin des trois minutes et quelques des 78 tours du commerce. Cette période d’intense activité radiophonique correspond pour le jazz à une sorte de second âge d’or, centré sur un Harlem jamais en repos, trépidant en permanence et où un musicien peut jouer jusqu’à quatorze heures par jour. Grâce au disque, on en sait beaucoup là-dessus, mais le peu de témoignages pris « sur le vif » là où les choses se passent, nous laissait jusqu’ici dans la frustration et les limites d’un grappillage généralement mal reproduit. par Laurent Verdeaux Archiviste dans l’âme, Bill Savory ne jetait jamais rien, et surtout pas les fameux disques à gravure directe ! Détenteur de documents musicaux inestimables, il ne laissera jamais personne y mettre les mains, le nez ou les oreilles et il mourra en 2004 sur son trésor de milliers de disques entassés dans les innombrables cagettes qui s’empilent dans son garage. Héritier de tout ce matériel, son fils Gene le met sur le marché, le Musée national du Jazz de Harlem l’achète, l’inventorie, en entreprend la restauration et décide de publier peu à peu sa récolte et de la mettre en ligne. À ce jour, le contenu de quatre CD a été ainsi publié et téléchargé par de nombreux jazzfans, mais voici que la maison Mosaïc, habile négociatrice, vient d’en publier le contenu dans un coffret… de six CD ! Vous aurez deviné qu’il y a là-dedans ce que nous connaissions déjà, plus un lot confortable d’inédits… c’est exactement le cas… presque 30% ! Nous revoilà donc en la présence – mais ici non dématérialisée – de Coleman Hawkins reprenant, avec force et inspiration, le Body and Soul enregistré quelques mois plus tôt et devenu depuis légendaire, mais selon une improvisation très différemment développée et sur six minutes (et non trois). Revoilà Chick Webb et sa pupille Ella Fitzgerald, revoilà Fats Waller et son orchestre « tremendous » dans leur repaire du Yacht Club, revoilà Lionel Hampton, revoilà les jeunes Charlie Shavers et Roy Eldridge, revoilà l’équipe de virtuoses de John Kirby, revoilà enfin (et surtout) le grand orchestre de Count Basie, avec dixhuit nouvelles plages prises sur le vif, aussi
tonitruantes que les vingt-et-unes que nous connaissions déjà par téléchargement et venant les compléter. Là, c’est de nouveau un véritable choc. Très bien enregistrée, la série de morceaux enregistrés au Famous Door, ce club minuscule de la 52 e rue (cinq mètres de large sur quinze de long) où les quatorze musiciens sont tassés comme sardines en boîte, où la contrebasse touche le plafond et où les saxes jouent par-dessus le piano, mais où le swing d’ensemble est dévastateur et les solos envoyés avec une verve et une conviction que je n’ai retrouvées nulle part ailleurs dans les enregistrements de cet orchestre faits en studio, pourtant déjà excellents sous ce rapport. Et que dire des arrangements… la même ambiance volcanique se retrouve dans une autre série, enregistrée un peu plus tard au Panther Room de Chicago. Saluons au passage le niveau technique collectif et la dynamique d’un grand orchestre où la moyenne d’âge se situait autour de 24 ans  : quatorze jeunes gens ici en liberté, bourrés de talent et d’énergie, déjà célèbres et qui le resteront. Parmi eux, propulsés par une des plus belles rythmiques de l’histoire du jazz, deux génies du saxophone ténor  : Lester Young et Herschel Evans. Pour ce dernier, un des plus grands, disparu prématurément et qui a très peu enregistré, ces faces représentent un témoignage inestimable. Ce coffret contient naturellement d’autres inédits, qui vous feront entendre Mildred Bailey, une bonne chanteuse qui s’inspirait d’Ethel Waters, l’orchestre du violoniste Stuff Smith – qui comportait Jonah Jones à la trompette et Cozy Cole à la batterie, excusez du peu… bien d’autres choses encore, dont quelques moments avec Joe Sullivan, dont le piano anime en particulier, dans une sorte de prestation à bâtons rompus et très détendue, une « private party » qui semble s’être déroulée chez Bill Savory lui-même. J’avoue que je vois mal comment une discothèque de jazz pourrait se passer de ces fragments du fonds de Bill Savory, réunis dans ce coffret tiré à 5 000 exemplaires seulement et que vous feriez bien, si vous m’en croyez, de commander sans plus attendre sur internet (www.mosaicrecords.com) ! En attendant le suivant… a Mama Shakers Shout, Sister, Shout ! (Autoproduit  : shakersmama@gmail.com) Après avoir évoqué ci-dessus la moyenne d’âge du big band de Count Basie au moment de son ascension dans la notoriété, nous voici quatre-vingt ans plus tard devant une formation tout aussi juvénile et qui, comme ses prédécesseurs, va son chemin toutes voiles dehors et sans se poser de questions. Les Mama Shakers ne sont d’ailleurs pas les seuls à démontrer sur le terrain que le jazz n’est pas une musique de vieux pour les vieux. Leur leader, Angela Strandberg, trompettiste, chanteuse et percussionniste est la fille d’un couple de musiciens francosuédois, tous deux cornettistes et que nous avons récemment évoqués ici. Le parcours de ces cinq musiciens (dont deux musiciennes) est intéressant  : ils se sont tous rencontrés sur le chemin ardu des candidats au classique… solfège… harmonie… etc…, et puis le jazz leur a offert un espace de liberté dans lequel ils se sont engouffrés. Sur scène, ils illustrent parfaitement le bonheur de jouer, bonheur communicatif, dans une atmosphère générale à la fois détendue et tonique. Ils vous diront qu’ils n’ont aucun autre critère que d’être eux-mêmes dans le contexte de la musique qu’ils se sont choisie. On chante beaucoup, dans cet album, tous savent le faire, et ils y tiennent ! Enregistré il y a quelques mois, leur disque s’articule autour d’une sorte de morceau fétiche (Shout, Sister, Shout) qui lui a donné son titre, et qui est particulièrement pétulant, donnant le ton au reste. Vous aurez compris qu’un concert des Mama Shakers vaut d’être vécu si vous en avez l’occasion et que le présent album est à consommer sans modération. LV Angela Strandberg Lion édition française - N°714//.79



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