Lion n°713 jui/aoû 2018
Lion n°713 jui/aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°713 de jui/aoû 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : le conseil des gouverneurs 2018-2019.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Vie culturelle - Livres Livres par Pierre Schavey Auteur d’une quinzaine de livres, lauréat de nombreux Prix dont le Renaudot et le Goncourt des lycéens (Charlotte - Gallimard 2014) David Foenkinos occupe une place importante sur la scène culturelle française contemporaine. Ce nouveau roman décrit la trajectoire de deux personnages blessés par l’existence qui cherchent dans l’Art, donc la beauté le remède à leur souffrance. Antoine Duris, éminent professeur d‘histoire de l’art à l’école des Beaux-Arts de Lyon, divorcé, démissionne de son poste, quitte tout pour entrer au musée d’Orsay comme gardien de salle. Mathilde, DRH du musée, se demande pourquoi cet homme a tout abandonné pour un emploi subalterne et passe ses journées sur sa chaise à contempler le portrait de Jeanne Hébuterne de Modigliani, qui fut son sujet de thèse. La réponse nous.42//Lion édition française - N°713 Vers la beauté David Foenkinos Gallimard est donnée dans la deuxième partie du récit. On y revient à Lyon, lorsque Antoine enseignait. On rencontre le professeur de dessin du lycée, élément catalyseur perturbant du récit et Camille son élève sensible et douée. Camille dont la personnalité artistique attire l’attention d’Antoine lorsqu’elle suivra ses cours. Les traumatismes de l’existence peuvent-ils être guéris ou gommés par le voisinage permanent avec la beauté ? Existe-t-il une thérapie par l’Art ? Estce que « la beauté apaise » en effaçant les douleurs de l’esprit et de l’âme ? Ce sont les questions que David Foenkinos se (nous) pose dans ce récit poignant où les violences de la vie sont compensées par la pudeur de l’expression et l’empathie suggérée par ses deux héros. L’ami parfait Jonas Karlsson Actes Sud Né en Suède en 1971, Jonas Karlsson est un acteur célèbre chez lui. Il est également dramaturge et auteur de huit ouvrages. L’ami parfait est son troisième livre traduit en France après La facture (2015) et La pièce (2016). Un recueil de quatorze nouvelles d’inspirations diverses mais possédant en commun une originale étrangeté. Cela peut être cocasse et humoristique comme l’aventure de celui qui, pour faire une surprise à un ami se cache dans le placard de son appartement et se trouve dans une situation imprévue et inconfortable. Émouvant comme l’inconsolable gros chagrin d’une fillette qui se voit frustrée du lot de tombola qu’elle croyait avoir gagné à la fête de son école. Surréaliste comme la rencontre de deux amis qui échangent leurs souvenirs après des années d’absence mais qui ne peuvent se rappeler qui ils sont. Brève comme ces quelques minutes dans la file d’attente à la caisse d’un supermarché. Les personnages de Jonas Karlsson ont l’art de se mettre dans des situations ridicules ou inextricables qui débouchent sur l’absurde. Des gens ordinaires, simples, dont le destin par hasard bascule vers l’étrange. Des petits faits qui dégénèrent par mégarde ou par l’effet du mauvais sort. Jonas Karlsson nous ouvre les portes d’un monde décrit avec réalisme mais où rien ne se passe comme on pourrait s’y attendre. Un très séduisant voyage dans un univers parallèle.
Retombées de sombrero Un privé à Babylone Richard Brautigan Christian Bourgois Édit. Richard Brautigan (1935-1984) rattaché à la Beat Generation connut quelques années de gloire après le succès de La pêche à la truite en Amérique (1967). Christian Bourgois a réuni ici deux romans datant de 1980 et 81. Un critique du Monde a écrit « On ne résume pas un livre de Brautigan, on déguste à petites gorgées... ». C’est particulièrement vrai pour le premier de ces romans. Un récit, en 84 chapitres de 1 à 2 pages, qui raconte alternativement l’histoire d’un sombrero tombé du ciel dans une rue de San Francisco, qui provoque une émeute, et les amours malheureuses d’un humoriste américain et d’une belle japonaise. Un détective privé à Babylone au contraire, est riche en péripéties baroques. Parodie de polar de série noire à la Dashiel Hammett, on y suit Crade, détective privé minable fauché, embarqué dans une rocambolesque aventure de vol de cadavre à la morgue de San Francisco. On y rencontre une blonde sulfureuse, richissime et intarissable buveuse de bière, un gardien de morgue vénal affublé d’un pilon, quatre Noirs patibulaires armés de rasoirs et un inspecteur aux méthodes radicales. Brautigan a fait de ce court roman un chef-d’œuvre d’humour noir, dans un style brillant de drôlerie et d’efficacité, aux images de choc. Les personnages hauts en couleurs sont gravés avec un mélange d’eau-forte et de pointe sèche, et les dialogues sont à la fois d’un réalisme et d’une savoureuse cocasserie. Un réjouissant et irrésistible bonheur de lecture. À l’aube Philippe Djian Gallimard Avec une vingtaine de romans dont Oh... (Gallimard - Prix Interallié 2012), Philippe Djian est l’auteur d’une œuvre d’une profonde singularité. Si ce nouveau livre témoigne toujours de son souci de la qualité d’écriture, il en reflète également son intérêt pour la richesse narrative du récit. Après la mort accidentelle de leurs parents, Joan, trentenaire et son frère Marlon, autiste, s’installent dans leur maison sur la côte Est des États-Unis, non loin du Nantucket de Moby Dick. Joan et son amie Dora gèrent un magasin de mode et dirigent un réseau de call-girls. Leur ami John, shérif, ferme les yeux sur leurs activités et s’intéresse à Howard, ex-amant de la mère de Joan, qui réapparaît, à la recherche d’on ne sait quel trésor dans le sous-sol de la maison. Tandis que Ann-Margaret sexagénaire encore séduisante s’impose auprès de Marlon. Tout ce monde hétéroclite se côtoie dans une série de rapports sentimentaux ou conflictuels aux conséquences dramatiques. Philippe Djian a dit aimer « les gens bizarres » mais son talent leur donne leur poids d’humanité et rend leur bizarrerie passionnante et attachante. Il nous distille au compte-gouttes la noirceur de ce roman avec un art consommé de l’ellipse. Son style, virtuose, vif, incisif et parfaitement maîtrisé donne à sa lecture un rythme qui nous conduit, haletant, jusqu’à une fin abrupte et tranchante comme un couperet. ARNA ID UR INDRITIAM IIES BRES Passage des ombres Arnaldur Indridason Métailié Après Dans l’ombre (2015) et La femme de l’ombre (2016), Métailié nous offre le troisième tome de la Trilogie des ombres extraordinaires série de polars qui se déroulent dans l’Irlande de la Deuxième Guerre mondiale. En 1944, à Reykjavik le corps d‘une jeune fille assassinée est retrouvé près du Théâtre national. Une autre a disparu dans le nord du pays. Un jeune homme accusé du crime meurt accidentellement au cours de son évasion. L’affaire est classée. Soixante ans plus tard le policier qui avait mené l’enquête est trouvé chez lui mort, étouffé sous un oreiller. Konrad, ex-inspecteur rouvre le dossier, les archives et interroge les survivants. On y trouve un soldat américain, un cercle de spiritisme, un médium charlatan, une femme agréée amnésique, une grande famille de notables et des elfes. Comme toujours, au-delà de la fiction policière, Indridason dresse un portrait vivant et réaliste de l’Islande pendant l’occupation anglo-américaine. Des relations troubles entre les militaires et la population féminine souvent abusée par des soldats sans scrupules. L’intrigue policière est remarquablement ficelée en forme d’aller-retours entre 1944 et les années 70. La tension et le suspense sont efficacement entretenus jusqu’au dénouement (presque) inattendu. Lion édition française - N°713//.43



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