Lion n°711 mai 2018
Lion n°711 mai 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°711 de mai 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : destination Las Vegas !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Vie culturelle - Livres.36//Lion édition française - N°711 N°708 Livres Entrez dans la danse Jean Teulé - Julliard Comme il l’avait fait avec Mangez-le si vous voulez (Julliard 2009) Jean Teulé a trouvé l’inspiration de ce nouveau roman dans un fait divers peu connu, incroyable mais historiquement authentique survenu à Strasbourg en Juillet 1518. La ville subit des catastrophes successives  : disette, famine, peste, inondations, canicule, chute de météorite, crainte d’une invasion turque qui poussent la population aux pires exactions, infanticide et cannibalisme. Une femme qui vient de noyer un bébé qu’elle ne peut plus nourrir se met brusquement à danser dans la rue, une autre l’accompagne bientôt rejointe par des dizaines, des milliers d’autres habitants qui dansent sans interruption pendant des semaines. Certains se blessent, d’autres meurent d’épuisement. Le maire et son Conseil consultent médecins, clergé et astrologues qui ne trouvent aucune explication à cette épidémie de danse qui cessera comme elle a commencé, sans justification. Autour de ce phénomène irrationnel, Jean Teulé peint un tableau - parfois féroce mais par Pierre Schavey nuancé d’humour - des notables et du clergé plus soucieux de s’enrichir en vendant des indulgences que de soulager la misère du peuple. Tous les personnages hauts en couleur de ce récit sont réels et décrits sous leur vrai nom, mais Jean Teulé le fait avec sa manière chromatique et parfumée. Son expérience de la BD lui procure un sens de l’image percutant qui donne toute sa force à son récit.
Bicyclettres Jean-Acier Danès Seuil Jean-Acier Danès, vingt ans, prépare l’entrée à Normale Sup Lyon. Il a deux passions  : la littérature et la bicyclette. En 2015 il les réunit en pédalant aux six coins de l’Hexagone dans les lieux attachés au souvenir de grands écrivains. De 2015 à 2017 il fait régulièrement ces pèlerinages cyclistes en rédigeant des carnets de route réunis dans ce volume qui est son premier livre publié. En onze chapitres nous parcourons des centaines de kilomètres de Lyon à la Flandre avec Marguerite Yourcenar (Le Mont Noir), en passant par Annecy avec Jean-Jacques Rousseau et madame de Warens. De Sète, avec le cimetière marin de Paul Valéry, à la Touraine de Balzac en passant par Avignon sur les traces de Jean Vilar, sans oublier Victor Hugo, place des Vosges et la maison de la tante Léonie de Marcel Proust à Illiers-Combray. J.A. Danès raconte ses pérégrinations en décrivant avec un talent de paysagiste la beauté des régions traversées, ses difficultés et ses nombreuses rencontres, en y associant des réflexions sur les auteurs évoqués, sur le plaisir de la lecture et l’art de l’écriture. Cela donne un foisonnant défilé d’images qui pourrait être le scenario d’un «road-movie» coloré, vivant et passionnant. Un récit que l’on savoure avec gourmandise grâce à la qualité d’écriture d’un véritable styliste qui excelle à transmettre ses impressions. Les rêveries du cycliste solitaire. En espérant une ou plusieurs suites. 111111MILM111+11 IbIS'InuJ111 In% ii.ssts41.1. Histoire d’un assassin Marie Ferranti Gallimard Marie Ferranti a été couronnée deux fois par l’Académie Française pour La princesse de Mantoue (Gallimard 2004) et Les femmes de San Stefano (Gallimard 1995). Née en Corse où elle réside toujours, son œuvre reflète généralement le paysage, la population, les mœurs et les coutumes de son île natale. Une île où le fusil sert parfois d’argument pour résoudre les divergences d’opinion. En 1913 dans un village près de Bastia, Dominique règle tragiquement ses comptes avec ses aïeux qu’il tient pour responsables de la mort précoce de sa mère qu’ils avaient rejetée pour cause de mésalliance. Dans l’espèce de huis clos que constitue le village les commentaires vont bon train, vieilles rancunes, jalousies, rumeurs mensongères. Seule une femme riche et influente prend la défense de Dominique. Elle réussit à sauver sa tête et ne lui faire obtenir qu’une peine de prison légère. Son engagement dans l’armée le libère et il en revient héros de guerre. Au delà de l’anecdote, du fait divers, Marie Ferranti brosse, avec un mélange de réalisme et de sévérité parfois teintée d’ironie, le portrait d‘une société cruelle. Elle restitue admirablement, impitoyablement l’atmosphère pesante d’un microcosme dans lequel se concentrent les sentiments, travers et défauts de notre société avec, en prime, cette particularité locale issue de la tradition la vendetta. La très belle écriture de Marie Ferranti, brève, précise et incisive donne son intensité au récit. J vhiarerquE Eizarr Effilurn parfoils nIr t 111.1.M. Futurs parfaits Véronique Bizot Actes Sud Véronique Bizot, auteur de trois romans revient pour la troisième fois à la nouvelle avec ce recueil de onze textes courts, véritables pépites d’un genre difficile et exigeant. La nouvelle n’est pas un roman court, c’est un art qui a ses règles et nécessite un talent d’orfèvre et de miniaturiste. Véronique le possède et y excelle. Ses récits découpent des tranches de vie, des instants d’éternité avec, ici et là, quelques phrases qui apportent, font soupçonner une vision différente, étrange ou inquiétante de ce que l’on croyait avoir compris. Un homme se fait construire une villa invraisemblable, trois frères traversent la France en voiture pour se rendre aux obsèques de leur mère, un frère et une sœur achètent une voiture, un étranger meurt assassiné dans la rue d’un village, son frère jumeau arrive et le fait exhumer pour l’identifier, un voyageur à la recherche d’un hôtel rencontre un acteur assassin. Familles étranges, personnages au flou modianesque. Actions en cours à peine commencées, parfois inachevées où l’on peut rencontrer la mort ou frôler la démence, les nouvelles de Véronique Bizot sont des merveilles d’imagination, d’étrangeté et de mystère. Des récits en forme de points d’interrogation dont on sort ému et secoué comme au réveil après un rêve. Du très grand art. Caractériel Denis Tillinac Albin Michel Septuagénaire, Denis Tillinac, dans ce très beau roman largement autobiographique, revient sur ses années d’enfance en 1950-65. Il habite Paris avec ses parents qu’il désigne toujours par leur prénom. C’est un mauvais élève, dissipé, auteur de facéties et frasques qui lui valent colles et mises au ban et intriguent les psychologues. Il n’aime pas le Paris grisâtre, symbolisé par les images monochromes de Robert Doisneau. Il lui préfère le village de Corrèze où il passe ses vacances auprès d’une grand-mère adorable. Une campagne bucolique où il parle aux vaches, écoute le chant des grillons, fait la moisson, voit des champs de coquelicots et rencontre des personnages pittoresques comme cet étrange poète braconnier. C’est là qu’est la vraie vie, là et dans ses rêves et fantasmes où il s’invente un ailleurs en Afrique ou au Tonkin. La vraie vie c’est aussi celle qu’il dessine et colorie d’abondance. Cet enfant que Denis Tillinac nous décrit n’est finalement pas si caractériel que son entourage le pense. C’est un poète, un imaginatif, en réaction contre un milieu dans lequel il s’ennuie et dont il s’échappe par les seuls moyens dont il dispose  : le rêve et les bizarreries de comportement. Le portrait qu’il nous fait de son personnage est celui d’un enfant sympathique et attachant qui possède en germe les qualités d’un futur écrivain. Un superbe roman baigné de tendresse et de nostalgie. Lion édition française - N°711//.37



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