Lion n°705 novembre 2017
Lion n°705 novembre 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°705 de novembre 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 6,4 Mo

  • Dans ce numéro : Zazie, marraine du 31e Téléthon.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 76 - 77  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
76 77
Vie culturelle - Jazz Une équipe de virtuoses. De gauche à droite  : O’Neil Spencer, Charlie Shavers, John Kirby, Buster Bailey, Russell Procope, Billy Kyle. Le trésor de Bill Savory (troisième volet) Voici une nouvelle publication, par le Musée national du Jazz de Harlem, d’archives tirées des enregistrements de Bill Savory. Comme les deux précédents, ce troisième CD n’existe qu’à l’état virtuel  : il vous faudra le télécharger. Pour cela, gouglez  : « Bill Savory’s Jazz Collection » et suivez le mouvement. L’album s’ouvre sur un formidable Boogie Woogie Stomp et le piano d’Albert Ammons, étroitement inspiré par le fameux enregistrement de « Pine Top » Smith. Roy Eldridge prend la suite, avec un Body and Soul en plusieurs mouvements. Dans le premier, il ressemble tellement à Benny Carter que c’est à se demander si ce farceur de Roy n’a pas donné dans le pastiche… passant ensuite en tempo rapide, son jeu reste efficace, bien appuyé et sans effets « pour la galerie », puis retour au tempo de départ pour un joli final. Du meilleur Roy Eldridge ! La troisième plage savorienne est un moment de batterie extraordinaire  : dans un tempo encore.76//Lion édition française - N°705 plus enlevé que la célèbre version « officielle », voici Liza… et évidemment la batterie de Chick Webb. Ces deux minutes-là, fantastiques, donnent une (encore) meilleure idée du formidable abattage du petit géant de la batterie. Les cinq morceaux suivants nous emmènent chez Fats Waller, comme dans le premier album. Sauf que nous ne sommes pas cette foisci au Yacht Club avec son orchestre régulier, mais à la station de radio WNEW, pour une jam-session swingante mais d’intérêt inégal. La séquence suivante (dix plages !) est en revanche un régal d’un bout à l’autre dans un répertoire pourtant très divers. Il s’agit de l’équipe de virtuoses menée par John Kirby. On dit que la plupart des arrangements étaient « de tête » et que le jeune trompettiste Charlie Shavers (23 ans) y était pour beaucoup. On se trouve là devant une des formations les plus performantes et originales qui soient, servie par la technique individuelle et collective sans faille de ses six éléments. par Laurent Verdeaux Les plages concluant l’album (Benny Carter, Joe Sullivan) sont de courts extraits… laissant l’auditeur sur sa faim. Ce troisième volet Savory est fort intéressant, et la superbe série du John Kirby Sextet reste la raison majeure de ne pas passer à côté.
LE COURS DÉMONSTRATIF SUR LA lEA:Tl'ERIE JAZZ Avec ce double album, nous voici aussi bien dans l’historique que dans le fondamental. Fondamental parce que le rythme étant la base même de toute musique, son incarnation dans le jazz est le jeu de batterie ; historique parce qu’on n’a pas d’autre exemple de la démarche consistant, pour un des véritables géants de l’instrument – le mot n’est pas trop fort –, à expliciter dans le détail son art et sa manière, le commentaire venant systématiquement compléter la musique. Historique et fondamental ! The drums by Jo Jones Frémeaux FA 5672 Le seul précédent qu’on pourrait invoquer est la série de solos enregistrés par Baby Dodds en 1946 pour Folkways, mais il ne s’agissait que d’aspects ponctuels dont le seul commentaire, à une exception près, résidait dans les titres des plages… ici, nous sommes dans une sorte d’anthologie commentée abordant toutes sortes d’aspects de la batterie. Jo Jones professait que la batterie est le cœur de l’orchestre, et il ajoutait, de sa voix profonde et inimitable  : « Si dans un groupe, le batteur n’est pas à la hauteur, vous n’entendrez simplement pas de musique ». Il était devenu batterie lui-même, et le spectacle commençait dès l’installation du matériel, moment où il valait mieux se faire discret, car il ne tolérait aucune présence autour de lui à ce moment-là. Un véritable cérémonial félin se déroulait alors, au ralenti, avec ses déballages, ses montages, ses essais, ses mises en place, le tout inscrit dans une sorte de ballet silencieux, sans un geste inutile, sans une interruption dans le mouvement. Puis il disparaissait pour se changer, n’apparaissant de nouveau qu’au dernier moment, pour faire exploser son énergie et sa science dès son entrée en scène. Il est inutile d’insister sur la carrière et l’importance historique de Jo Jones  : le premier wikipédien venu vous rappellera qu’il s’agit d’un des plus grands batteurs de l’histoire du jazz et qu’il a grandement influencé ses confrères, influence qui n’est sans doute pas près de se tarir. Il est tout autant inutile d’insister sur le contenu de ce double album, puisque, par une heureuse initiative, le copieux livret qui va avec comporte l’intégralité des propos de Jo Jones et de leur traduction en français, avec les repères des quelque 158 séquences musicales qui seront à votre disposition… et tout y passe, avec explications, rythmes, fûts, caisses, cymbales, accessoires et façon de s’en servir ! Après avoir fait le tour de la technique, Jo Jones, fin observateur qui connaissait son monde, présente à l’auditeur une quinzaine de ses confrères préférés - notoires ou méconnus - et en brosse le portrait musical avec une pertinence et un sens du détail réellement étonnants. Et il ne s’en tient pas là… car, avant de devenir batteur, Jo Jones avait été danseur. Il pensait que la musique et la danse sont tellement intimement liées que, disait-il « sans les danseurs, la musique n’est qu’un tas de notes jetées au hasard ». S’ensuivent donc, à la fin de la seconde galette du coffret, la présentation et le portrait de quatre des plus grandes figures de la « tap dance », y compris celui du fameux et légendaire Bill Robinson, dit « Bojangles ». Grand professionnel au caractère ombrageux, technicien hors pair, Jo Jones n’aurait pas supporté la plus petite imperfection dans ce qu’il faisait. Deux ans après avoir enregistré ce qui est aussi une sorte de testament musical, il constata par un triste matin qu’un de ses doigts avait un peu perdu de ses possibilités. Il arrêta alors simplement de jouer. Il est évident qu’un tel monument devrait figurer dans la documentation de toutes les écoles de musique aussi bien que dans la « discothèque de l’honnête homme » … et ce d’autant plus que, comme nous le faisions remarquer plus haut, aucune des plus grandes figures de la batterie de jazz ne s’est jamais livré à ce genre d’exploit pédagogique, exploit qui restera donc unique en son genre. En fait, il s’agit d’une démarche pour laquelle Jo Jones avait été beaucoup sollicité, en raison de son talent et d’une célébrité liée aux quatorze ans qu’il passa dans l’orchestre de Count Basie, pilier d’une section rythmique que beaucoup considèrent comme restée sans équivalent. Cette anthologie drummesque, il l’avait refusée à tout le monde, jusqu’à ce que, à l’occasion du tournage du film L’Aventure du Jazz, il finisse par céder aux arguments conjointement déployés par Hugues et Louis Panassié, respectivement superviseur et réalisateur de ce film devenu quasiment mythique. Etonnant, non ? Lion édition française - N°705//.77



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lion numéro 705 novembre 2017 Page 1Lion numéro 705 novembre 2017 Page 2-3Lion numéro 705 novembre 2017 Page 4-5Lion numéro 705 novembre 2017 Page 6-7Lion numéro 705 novembre 2017 Page 8-9Lion numéro 705 novembre 2017 Page 10-11Lion numéro 705 novembre 2017 Page 12-13Lion numéro 705 novembre 2017 Page 14-15Lion numéro 705 novembre 2017 Page 16-17Lion numéro 705 novembre 2017 Page 18-19Lion numéro 705 novembre 2017 Page 20-21Lion numéro 705 novembre 2017 Page 22-23Lion numéro 705 novembre 2017 Page 24-25Lion numéro 705 novembre 2017 Page 26-27Lion numéro 705 novembre 2017 Page 28-29Lion numéro 705 novembre 2017 Page 30-31Lion numéro 705 novembre 2017 Page 32-33Lion numéro 705 novembre 2017 Page 34-35Lion numéro 705 novembre 2017 Page 36-37Lion numéro 705 novembre 2017 Page 38-39Lion numéro 705 novembre 2017 Page 40-41Lion numéro 705 novembre 2017 Page 42-43Lion numéro 705 novembre 2017 Page 44-45Lion numéro 705 novembre 2017 Page 46-47Lion numéro 705 novembre 2017 Page 48-49Lion numéro 705 novembre 2017 Page 50-51Lion numéro 705 novembre 2017 Page 52-53Lion numéro 705 novembre 2017 Page 54-55Lion numéro 705 novembre 2017 Page 56-57Lion numéro 705 novembre 2017 Page 58-59Lion numéro 705 novembre 2017 Page 60-61Lion numéro 705 novembre 2017 Page 62-63Lion numéro 705 novembre 2017 Page 64-65Lion numéro 705 novembre 2017 Page 66-67Lion numéro 705 novembre 2017 Page 68-69Lion numéro 705 novembre 2017 Page 70-71Lion numéro 705 novembre 2017 Page 72-73Lion numéro 705 novembre 2017 Page 74-75Lion numéro 705 novembre 2017 Page 76-77Lion numéro 705 novembre 2017 Page 78-79Lion numéro 705 novembre 2017 Page 80-81Lion numéro 705 novembre 2017 Page 82-83Lion numéro 705 novembre 2017 Page 84-85Lion numéro 705 novembre 2017 Page 86-87Lion numéro 705 novembre 2017 Page 88-89Lion numéro 705 novembre 2017 Page 90-91Lion numéro 705 novembre 2017 Page 92-93Lion numéro 705 novembre 2017 Page 94-95Lion numéro 705 novembre 2017 Page 96-97Lion numéro 705 novembre 2017 Page 98-99Lion numéro 705 novembre 2017 Page 100