Lion n°703 septembre 2017
Lion n°703 septembre 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°703 de septembre 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : Naresh Aggarwal, président international 2017-2018.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Vie culturelle - Jazz Gjon Mili (1) Jacques Morgantini a publié l’an dernier l’étonnant double DVD Mémoires de Blues, éloquent témoignage dont il a été rendu compte dans la revue de juin 2016. (2) À lire également sur le sujet les mémoires de Frankie Mannings  : L’ambassadeur du Lindy Hop (Éditions Rolland, Toulouse), chroniqué dans la revue de juin 2015..76//Lion édition française - N°703 La compilation sur un thème donné est un art difficile, qui tourne facilement au fourre-tout et demande à être confiée à un de ces connaisseurs à l’oreille pertinente et à la culture hyperbolique, également conteurs dont on peut parfois se demander s’ils n’ont pas eu plusieurs vies antérieures, tellement ils semblent sortir du Cotton Club ou d’une répétition de l’orchestre de Count Basie, sans parler de leur approche de tel ou tel musicien comme s’il s’agissait d’un ami de la famille. Le grand orchestre de jazz (dit « big band ») est un sujet passionnant, et ce d’autant plus qu’il a été inventé non pas seulement pour divertir ou émouvoir un public (de nos jours sagement assis), mais surtout pour le faire danser  : voilà le moment de rappeler que le jazz - comme le baroque et le « trad » de nos campagnes - est fondamentalement une musique de danse et un art populaire Eh bien dansez maintenant ! TThe Savoy Ballroom House Bands Frémeaux FA 5189 The Greatest Black Big Bands Frémeaux FA5287 accessible à toutes jambes et oreilles, et non une austère discipline réservée à des initiés se prenant la tête dans les mains (Molière et Andersen ont déjà traité le sujet). Nous avons eu l’occasion d’évoquer dans ces pages les big bands français, dont certains font partie des meilleurs de la planète et dont les productions, bien actuelles et loin de se complaire dans la reconstitution historique, sont dans le droit fil d’une solide tradition  : des directeurs musicaux comme Laurent Mignard, Marc Richard ou Paul Chéron n’ignorent pas que, pour savoir qui on est et où on va, il faut d’abord comprendre d’où on vient ! D’où on vient ? Le mieux est de s’adresser à une des (rares) éminences évoquées plus haut, et l’éditeur Frémeaux a eu la bonne idée de frapper à la porte de Jacques Morgantini (1) pour répondre à cette question. D’où deux coffrets de par Laurent Verdeaux deux CD chacun, au contenu particulièrement intéressant  : le compilateur connaît son affaire ! En matière de grands orchestres, le nombril du monde a longtemps été le Savoy Ballroom de Harlem – d’où le titre du premier de ces deux coffrets et de plusieurs morceaux y figurant –, et la sélection est logiquement tournée vers les formations qui s’y étaient le mieux illustrées, et pour commencer celle de Chick Webb, qui en était en quelque sorte l’orchestre « maison ». Le livret de Jacques Morgantini vous dira tout ce que vous devez savoir sur « The Home of Happy Feet » (« la Maison des Pieds Heureux ») , où deux podiums disposés côte à côte permettaient, chaque orchestre prenant tour à tour le relais, d’éviter les temps morts et d’organiser des « batailles de big bands » dont on parle encore (2) …
Les deux galettes de ce premier coffret font aussi appel à Fletcher Henderson, Erskine Hawkins, Benny Carter, Count Basie et bien d’autres… le gotha du jazz a défilé au Savoy, pour le plus grand bonheur des milliers de danseurs qui se pressaient chaque soir sur la plus grande piste du monde – dite « The Track ». La plupart des plages viennent de séances en studio, mais le compilateur a eu la bonne idée de rechercher et d’inclure quelques moments pris sur le vif, qui permettent d’avoir une idée des moments volcaniques réservés aux danseurs de ce temps-là… et le mot est faible pour la batterie de Chick Webb dans le colossal My Wild Irish Rose ! Chose curieuse, le style de certains musiciens est assez particulier, voire inhabituel dans ce genre de circonstance, témoin ce qu’on entend de Cootie Williams et de son pianiste Bud Powell dans le Night Cap enregistré justement au Savoy et qui conclut le second CD du coffret. Ça et là, quelques petites formations – car il arrivait aussi à cet illustre dancing d’en engager –, ce qui nous vaut entre autres le fameux et très énergétique Sweetie Dear des « Feetwarmers » de Tommy Ladnier et Sidney Bechet, ainsi que deux interprétations tonitruantes du fameux « Celebrity Club Famous Band » de Buddy Tate, lequel se partageait entre les soirées d’un club de la 125 e rue (certains témoins rapportent que le swing de l’orchestre y était « à faire reculer les murs ») et un des podiums du Savoy avec trois ou quatre mille danseurs devant. Le second coffret vient compléter le précédent, en offrant un panorama plus élargi. En cette époque d’après-crise, le big band était très prisé, beaucoup de grands solistes s’en entouraient et c’est celui de Louis Armstrong en personne qui ouvre la sélection, big band dirigé par le pianiste et arrangeur Luis Russell (3). Jacques Morgantini a dégotté un morceau peu connu, excellente adaptation russellienne du Wolverine Blues de Jelly Roll Morton où brille le trombone de JayC. Higginbotham et où Louis Armstrong joue magnifiquement dans un contexte inhabituel très différent de son célèbre « All Stars ». Soit dit en passant, les pupitres et partitions étaient interdits dans cette formation, Louis Armstrong étant d’avis que le mieux pour ses musiciens était, tout en jouant, de regarder faire les danseurs ! Entrent en scène, dans les deux galettes de ce second coffret, des grands orchestres qui ne figurent pas dans le premier, comme ceux de EarlHines ou de Jimmy Lunceford. On y entend plus longuement la formation de Fletcher Henderson, et en particulier le Shanghaï Shuffle qui reste un de ses chefs d’œuvre en tant qu’arrangeur. Et bien d’autres choses encore… Mises bout à bout, ces deux publications bourrées de swing présentent l’intérêt d’une grande diversité de talents dans les arrangements. Vous pourrez y suivre et y savourer les partitions de fabuleux créateurs, dont il y a gros à parier qu’ils occuperont un jour leur place légitime dans les histoires de la musique. Que dire par exemple du Sunday de Benny Carter ou du Organ Grinder’s Swing de Sy Oliver ? Diversité de talents également dans la galerie de rythmiques qui nous est proposée. Les grandes figures de la batterie sont là, que vous découvrirez dans les discographies des livrets. Inutile donc d’en faire l’inventaire… mais sachez que, en plus de batteurs dont les noms sont restés célèbres, le compilateur vous permettra d’en entendre de moins connus mais dont le talent était équivalent  : à côté de stars comme Chick Webb, Jo Jones, Sidney Catlett ou Cozy Cole, voici Walter Johnson, J.C. Heard, Alvin Burroughs ou Panama Francis, qui méritent tout autant le voyage. Il faut enfin souligner l’inspiration, la puissance et la cohérence dans l’improvisation des solistes qui se succèdent tout au long de cette promenade sur la planète swing. Au total, quatre heures d’une musique parfois fracassante, parfois émouvante, souvent les deux ; quatre heures d’arrangements parfois simples et juste efficaces, parfois très fouillés – et tout autant efficaces. Jubilatoire ! Bravo et merci. (1) Luis Russell était le père de la chanteuse Catherine Russell, évoquée dans le précédent numéro de la revue et que vous ferez bien d’aller écouter cet automne ! Lion édition française - N°703//.77



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