Lion n°701 juin 2017
Lion n°701 juin 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°701 de juin 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 5,7 Mo

  • Dans ce numéro : art de vivre, au marché.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Vie culturelle - Jazz Carrie Smith et le trompettiste Joe Newman au festival de Montauban 1986..78//Lion édition française - N°701 PhotoL.Verdeaux La série « mille » de Black & Blue Carrie Smith CD Black & Blue 1000 par Laurent Verdeaux L’été dernier, nous avions évoqué dans ces mêmes pages les rapports étroits et historiques entre la ville de Nice et la musique de jazz, et en particulier les festivals qui s’y sont tenus chaque mois de juillet entre 1974 et 1993 sous le nom de La Grande Parade du Jazz. On se souvient maintenant avec nostalgie d’un formidable lieu de rencontre et de rencontres mêlant public et musiciens de toutes origines, de ses trois sites simultanés changeant de programme chaque heure et de la difficulté qu’éprouvaient beaucoup d’y faire leur marché d’émotions variées, sur l’air de « je voudrais bien aller écouter Untel, mais alors je vais manquer Telautre » (jusqu’à ce qu’un orage aussi brutal qu’imprévu vienne parfois mettre fin au débat). On repartait des arènes de Cimiez les oreilles bourdonnantes et en regrettant que toute cette belle musique se soit envolée à jamais. C’est sur ces regrets-là que la maison Black & Blue vient de se pencher, en inaugurant une nouvelle série d’albums référencés à partir de 1000 et consacrée à des enregistrements pris sur le vif lors de cet événement jazz-festivalier majeur. Certes, les concerts enregistrés constituent une matière très inégale, et ce d’autant plus qu’il ne suffit pas de mettre bout à bout quelques grands noms pour qu’il en sorte de grands événements… mais George Wein, grand ordonnateur des programmes de La Grande Parade du Jazz, connaissait son monde et l’art du casting selon affinités ! Pour en revenir aux « mille » de chez Black & Blue, voici quelques impressions d’écoute des trois premières publications. Bon début ! L’affaire commence le 9 juillet 1978 et va durer jusqu’au 14, séjour pendant lequel la grande chanteuse est confiée à des accompagnateurs variables, en cinq tranches de quatre morceaux. Carrie Smith maîtrise à merveille tous ces contextes, qu’il s’agisse de ballades ou de morceaux plus enlevés et intensément swingués… et même parfois férocement, comme le Do you want a gal like me qui termine le recueil. C’est elle qui, chaque soir, « fait » le concert, quelle que soit la formation qui l’accompagne, en s’adaptant à telle ou telle situation par le seul choix des tempos et des répertoires. Ceux qui ont eu la chance d’assister à une de ses apparitions ont pu mesurer à quel point la dernière des grandes divas savait faire jouer ses partenaires, y compris la rythmique (dans cet album, les cinq sections rythmiques successives sont d’ailleurs irréprochables). Et tout cela dans une sorte de sérénité exempte de tout artifice. Du grand art.
Helen Humes CD Black & Blue 1001 Ce deuxième volume de la série nous fait entendre Helen Humes à peu près au même moment que Carrie Smith, dans un large éventail de morceaux (aux paroles parfois plutôt lestes, comme disaient nos grand-mères). C’est sans doute pourquoi cet album m’a semblé un peu inégal  : je trouve que le vibrato très appuyé qu’elle pratique s’accommode mal de ballades comme Lover man, mais de toute manière, c’est dans le blues qu’elle va mettre tout le monde d’accord, quel que soit le tempo, comme en témoignent aussi bien le premier I may be your man (où brille le trombone de Vic Dickenson) que le He may be your man (nuance !) qu’on trouve un peu plus loin, et surtout le Goin’to Chicago qui suit, où une formation de huit musiciens déploie un formidable talent, individuel comme collectif, à l’accompagnement des chorus vocaux. Quant aux solos, superbes (Eddie Davis, Claude Gousset), il sont à la hauteur de la situation… et que dire de ce que joue André Persiany… ces neuf minutes de blues partagées par un public conquis sont certainement le point culminant de l’album. Plus loin, dans une autre version de I may be your man, le blues sonne différemment et le climat n’est pas le même, mais l’intensité est comparable et le piano de Gerry Wiggins n’y est pas pour rien. On se prend à penser que le blues est vraiment la maison commune de tous les jazzmen de la création… et d’ailleurs, tout le monde s’y retrouve pour un vigoureux final ! Mary Lou Williams CD Black & Blue 1002 Mary Lou est ici en trio, et elle prend son temps  : son The man I love s’étend sur plus de 11 minutes et le Saint Louis blues sur plus de 9. C’est qu’elle a une idée sur l’autre, la forte tête du clavier, et qu’il lui faut un peu de temps pour dire ce qu’elle à dire. Cela posé, j’avoue ne goûter ni le climat harmonique qui règne sur certains morceaux (The man I love, justement, ou I can’t get started), ni les incessantes brisures de rythme de son jeu de main gauche (dans les mêmes plages). En direct, je ne dis pas, surtout que voir jouer Jo Jones de la batterie était toujours un vrai spectacle, mais là, en réchauffé, on n’est pas toujours dans le vraiment folichon. Mais il y a les blues… autre atmosphère, autre sensibilité, et, là, on regretterait de passer à côté. Blues for Timme, dédié au fameux baron-mécène Rozenkrantz… Blues for John, exprimé sur un jeu de basses « obstiné », le concept est baroque et le résultat lancinant, jusqu’à ce que la parole soit donnée à la batterie qui, sur un tel tempo, sort des sentiers battus et joue les tap dancers. Roll’em, Kansas City en diable, départ à la Basie et retour en boogie aux réminiscences d’une époque qui a beaucoup plus marqué Mary Lou Williams que ce que l’on pense parfois. Ce recueil est à mon avis le plus inégal des trois premiers albums publiés dans la série, mais ses meilleures plages méritent votre intérêt. Alain Barrabès & Jérôme Gatius Alligator crawl Autoproduit  : jerome.gatius@sfr.fr Voici le deuxième album de ce duo girondin, que nous avons eu récemment l’occasion d’entendre en direct lors d’un concert tout à fait convaincant. Naturellement, le temps qui a passé en a augmenté la cohérence et renforcé complicité et connivences. Vous pourrez apprécier une nouvelle fois la collaboration de ce pianiste à la main gauche solide, connaissant l’art du stride – à la fois brillant soliste et accompagnateur très attentif –, avec ce clarinettiste sachant exploiter les possibilités offertes par l’instrument, qu’il s’agisse des nuances du registre grave ou de la dynamique des montées dans l’aigu. Le programme proposé fait largement appel à celui de Fats Waller, assaisonné de quelques compositions de Sidney Bechet  : le duo Barrabès- Gatius est passé maître dans l’art d’accommoder les classiques… au total, un album à ne pas laisser passer. Lion édition française - N°701//.79



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