Lion n°699 avril 2017
Lion n°699 avril 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°699 de avril 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : les Lions, à l'assaut des médias !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Savoir - Histoire Il y a cent ans, le monde connaissait la guerre la plus terrible, la plus destructrice, la plus totale connue, une guerre qui devait emporter neuf millions d’hommes et de femmes et détruire des régions entières, notamment la Champagne50//Lion édition française - N°699 1914 - 1918 La Champagne en guerre par Antonin Moreau Avril 1917, la France est exposée à de nombreuses difficultés. D’abord, la guerre dure depuis trois ans et aucune victoire décisive ne s’est manifestée. L’état-major décide, sur la proposition du général Nivelle, de donner une grande offensive. Que l’on espère décisive...
Organisée en Champagne, au chemin des Dames le 16 avril 1917, l’offensive connaît un échec presqu’immédiat, échec qui est à l’origine d’un certain découragement chez les soldats et à l’origine indirecte des mutineries produites à partir de mai. Les soldats pris de désespoir ne croient plus en l’idée d’une paix qui serait payée au prix de la défaite. L’année 1917 est également difficile pour les civils  : lassitude devant une guerre qui dure, hausse continuelle des prix deviendront les éléments clés de mouvement sociaux et de grève. La France doit également faire face à l’affaiblissement de la Russie. En décembre les Bolcheviks cessent de combattre et ainsi les troupes allemandes se concentrent sur le front occidental notamment les Anglais et les Français. Georges Clemenceau appelle à une « guerre intégrale », autre façon de parler de guerre totale. Il s’agit d’une guerre de soldat, d’une guerre matérielle, mais aussi une guerre qui mobilise chaque force psychologique et tous ressorts moraux  : « Nous leur devons tout, sans aucune réserve ». Le front et l’arrière ne portent aucune distinction  : « Droits du front et devoirs de l’arrière, qu’aujourd’hui tout soit donc confondu ». Les civils participent également à leur victoire grâce au fruit de leur travail  : « Silencieux soldats de l’usine, paysans courbés sur leurs terres et robustes femmes au labour ». La production d’armements est prioritaire, obus et canons, certains biens, chevaux, sont même réquisitionnés par l’armée. Plus en arrière, l’activité économique alimente la guerre, transports et armements, une propagande s’installe et encadre la population, les enfants n’y échappent pas, jeux et fusils en bois. Des premières tranchées En Champagne, le tableau n’est pas différent, voire pire. Un exemple  : que s’est-il passé, entre 1914 et 1918, dans des maisons célèbres comme Bollinger ? Flash-back  : le 3 septembre 1914, un mois à peine après le début des hostilités, précipitées par l’assassinat en juin de l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie, les armées allemandes sont dans Reims. Le lendemain, entrant à Épernay, elles sont à quelques kilomètres à peine d’Aÿ, où se trouve le siège de la maison Bollinger. Alors qu’une contre-offensive les fait reculer, libérant Reims et Épernay, aucune victoire décisive ne peut être remportée et l’on creuse alors les premières tranchées. C’est le début d’une guerre d’usure aussi atroce qu’interminable, dont le front se stabilise à un kilomètre et demi à peine au nord-est de Reims. Déjà gravement meurtrie par les offensives du début de la guerre, la Champagne va être lourdement touchée par la guerre des tranchées, et avec elle toute l’industrie du champagne. Le millésime 1914 est, plus qu’ailleurs, exceptionnel en Champagne. Chez Bollinger, on poursuit la production malgré les innombrables difficultés. La force de travail manque. Les hommes valides sont au front et ce sont les femmes qui doivent assurer, en plus de tout le reste, la culture des vignes restantes. Il est devenu extrêmement difficile de se procurer les matières premières nécessaires pour le vignoble  : de l’engrais aux produits de lutte contre les insectes, tout comme le liège et les bouteilles. Le bruit des canons gronde au loin, et on n’est jamais tout à fait à l’abri du passage d’un avion. Deux personnages s’illustrent particulièrement lors du conflit. Georges Bollinger, président de la maison, est également conseiller municipal d’Aÿ. Il fait tout ce qui est en son pouvoir pour protéger son village. Son fils Jacques, vingt ans à peine au début de la guerre, met ses qualités d’aviateur hors pair au service de son pays. « Pilote très habile, courageux et plein d’allant, volontaire pour toutes les reconnaissances périlleuses », c’est ce que dira sa citation au Journal Officiel du 22 avril 1918 ; Jacques est promu au grade de lieutenant. Chacun à sa façon, le père et le fils défendent avec ardeur leur pays et leur maison. Au cours de la guerre, on a produit en Champagne moitié moins qu’avant l’éclatement du conflit. Mais, ironie de l’histoire, les Champenois se sont vus récompensés par une suite de millésimes sublimes, notamment le mémorable 1914, et, juste après la guerre, le beau 1919. Mais les conséquences de la Première Guerre mondiale sur le champagne, attaqué à sa source et bloqué dans ses débouchés en raison de la guerre sous-marine, de la rupture des relations avec les États ennemis et de la priorité donnée aux produits de première nécessité, sont immenses. Lorsque le conflit prend fin, Georges Bollinger est décédé depuis plusieurs mois, épuisé par ses efforts et responsabilités. Démobilisé en 1919, son fils Jacques reprend, à vingt-quatre ans, les rênes. Un rôle qui demandera autant d’habileté qu’au pilote et que Jacques assure avec brio. Des champagnes exceptionnels Champagne en guerre qui, des décennies plus tard, connaîtra une enchère historique à Londres pour un champagne Pol Roger 1914. Le millésime 1914 est, plus qu’ailleurs, exceptionnel en Champagne, dans la mesure où les Allemands avaient rapidement fondu sur Épernay au début du conflit, n’étant repoussés que de justesse suite à la première bataille de la Marne grâce, entre autres, à l’épisode resté célèbre des taxis parisiens acheminant hommes et marchandises vers la ligne de front. Comme un clin d’œil, c’est un champagne renommé entre autres pour sa cuvée Winston Churchill, ministre du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande à l’époque, qui a atteint des sommets pécuniaires en terre anglaise. La recette de cette vente, caritative, est allée à l’Imperial War Museum et aida à financer le réaménagement de la galerie qui y est consacrée à la Grande Guerre. Cette vente illustre l’attrait actuel observé pour les vieux flacons de champagne. Les grands vins effervescents vieillissent bien, et cette donnée est de plus en plus prise en compte par les acheteurs. Qui plus est, une telle adjudication montre l’entrain du marché britannique, éternel acheteur de champagnes et de vins français. Ces vins exceptionnels sont, aujourd’hui, de beaux investissements que le temps valorise. Sur ce, à partir de l’été 1917 les énergies seront tendues vers un seul but  : la victoire, alors que nos « Poilus » buvaient du « gros rouge » ! a Lion édition française - N°699//.51



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