Lion n°697 février 2017
Lion n°697 février 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°697 de février 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,5 Mo

  • Dans ce numéro : 66e Convention Nationale Centenaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Vie culturelle - Jazz Coleman Hawkins, saxophone ténor.76//Lion édition française - N°697 Le trésor de Bill Savory Vu d’ici, l’histoire du jazz a comporté deux « âges d’or ». Le premier, évoqué dans le précédent numéro de la revue, a marqué le Chicago d’avant la grande crise de 1929. Le second va de la reprise – milieu des années trente – à l’entrée en guerre des États-Unis fin 1941. Là, nous sommes à New York et surtout à Harlem et, comme dix ans plus tôt, les ingrédients d’une spirale ascendante sont là  : présence au même endroit d’un grand nombre de musiciens, dont la plupart n’ont pas trente ans, et qui sont des compétiteurs acharnés ; présence autour d’eux d’un important public de la même génération, totalement en phase ; approche de la musique dans sa plénitude, c’est-à-dire jouée, écoutée et dansée ; multiplications des lieux où on peut, justement, jouer, écouter, danser. La montée en puissance est aussi rapide qu’impressionnante. Ce Harlem jamais en repos, qui trépide en permanence et où un musicien peut jouer jusqu’à quatorze heures par jour, devient une grande marmite de créativité. Grâce au disque, on en sait beaucoup là-dessus, mais le peu de témoignages pris « sur le vif » là où les choses se passent, nous laissait jusqu’ici dans la frustration d’un grappillage généralement mal reproduit. Et voilà que fin 2016, une fenêtre vient de s’ouvrir sur cette vie bouillonnante, et quelle fenêtre… le moment est historique… et c’est le moment de vous présenter Bill Savory. William Alcott Savory est né en 1916 sur le bateau qui amenait ses parents – lui, français, elle, italienne – d’Europe aux U.S.A. Il n’a pas encore vingt ans qu’il a développé avec passion ses propres techniques d’enregistrement et de gravure, découvert le 33 tours et fait son entrée dans l’équipe de ces chercheurs de la Columbia qui, plus tard, inventeront et perfectionneront le microsillon. Bill Savory, fondu de jazz, est aussi un musicien d’un bon niveau, pianiste et saxophoniste. Pour le compte de la CBS (branche radiophonique de la Columbia) et de ses filiales, il supervise les diffusions et rediffusions de nompar Laurent Verdeaux Bill Gottlieb
breuses soirées de l’époque, ce qui passe par une gravure directe sur des disques spéciaux de 16 pouces. Avec la technique qu’il a mise au point, l’autonomie d’une telle galette frôle le quart d’heure, on est déjà dans la « longue durée » et très loin des trois minutes et quelques des 78 tours du commerce. De plus, archiviste dans l’âme, il ne jette jamais rien. La suite se passera sur un registre différent  : on devra à Bill Savory, mobilisé dans le laboratoire de l’US Navy, le développement des radars embarqués dans les chasseurs « tous temps ». On le retrouvera même dans les cockpits comme pilote d’essai puis de combat et, la guerre terminée, lié à la CIA, côté techniques d’écoute et contre-espionnage. Plus tard, certains sauront vaguement que le paisible retraité de Falls Church (Virginie) est détenteur de documents musicaux inestimables, mais il ne laissera jamais personne y mettre les mains ou les oreilles et il mourra en 2004 sur son trésor de milliers de disques entassés dans les innombrables cagettes qui s’empilent dans son garage. Au lieu de jeter tout cet encombrant fatras, son fils Gene le met sur le marché, et ce qui est désormais la « Bill Savory’s Jazz Collection » est acheté en 2010 par le Musée national du Jazz de Harlem  : inventaire et restauration de plus de cent heures de musique ! On y aura mis six ans, sans doute également consacrés à la clarification d’un statut juridique problématique. Enfin, voici que ce même musée a décidé – fin 2016, donc - de publier peu à peu sa récolte… et, étant donné la teneur des deux albums qui viennent de nous tomber dessus, l’événement apparaît d’importance et même de toute première importance, en particulier parce qu’il s’agit exclusivement d’enregistrements pris en « live » et, loin du stress lié aux séances de studio, d’une musique et de jazzmen tels qu’en eux-mêmes. Le premier volume s’ouvre sur l’orchestre de Coleman Hawkins. Le Hawk y reprend, avec force et inspiration, le Body and Soul enregistré quelques mois plus tôt et devenu depuis légendaire. Mais, merveille, l’improvisation – au développement très différent - dure ici six minutes et non trois… Puis changement de décor, on se retrouve avec la jeune Ella Fitzgerald et son mentor Chick Webb, le temps de deux morceaux, pour débarquer ensuite au Yacht Club, repaire de Fats Waller. L’orchestre y est déchaîné et on peut apprécier comment Fats s’y prenait pour animer une soirée. Le recueil se poursuit sur une jam session dirigée par Lionel Hampton, où culminent la trompette du jeune Charlie Shavers et le saxo-ténor de Herschel Evans, membre de l’orchestre Count Basie, fabuleux musicien à la très courte carrière et qui nous gratifie d’un Star Dust magnifique et joué en ballade… et c’est bien la première fois qu’on peut entendre Herschel Evans jouer une ballade ! À peine le temps de digérer ce premier album que le second nous est tombé dessus. Un véritable choc. Il s’agit de deux séries de soirées du grand orchestre de Count Basie, alors en pleine ascension, enregistrées avec une présence telle qu’on se croirait presque au milieu de l’orchestre… La première moitié se passe au Famous Door, club minuscule de la 52 e rue, cinq mètres de large sur quinze de long. Les quatorze musiciens y sont tassés comme sardines en boîte, la contrebasse touche le plafond et les saxes Bill Gottlieb jouent par-dessus le piano, mais le swing d’ensemble est dévastateur et les solos envoyés avec une verve et une conviction que je n’ai retrouvées nulle part ailleurs dans les enregistrements de cet orchestre faits en studio, pourtant déjà excellents sous ce rapport. Et que dire des arrangements… La seconde moitié nous emmène au Woodside Hotel de Harlem. L’espace est plus vaste et le son différent, l’orchestre semble moins proche, mais il est explosif. Autour, on écoute, on danse, l’ambiance est volcanique et on y donne de la voix. Vous aurez compris que ces deux recueils publié par le Musée national du Jazz de Harlem sont d’un intérêt inestimable. Mais attention, ils n’existent qu’à l’état virtuel  : il vous faudra les télécharger. Pour cela, gouglez  : « Bill Savory’s Jazz Collection » et suivez le mouvement. Et inutile de casser votre plan d’épargne  : le prix de chaque album tourne autour de dix euro ! a Count Basie au piano Lion édition française - N°697//.77



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