Lion n°697 février 2017
Lion n°697 février 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°697 de février 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,5 Mo

  • Dans ce numéro : 66e Convention Nationale Centenaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Savoir - Découverte.62//Lion édition française - N°697 Parmentier, « inventeur » de la pomme de terre Six millions et demi de tonnes par an  : telle est la production de pommes de terre récoltées sur 500 000 hectares chaque année en France, soit 200 kilos par seconde. Et chacun de nos compatriotes en consomme en moyenne 30 kg entre janvier et décembre. Mais, il n’en a pas toujours été ainsi. Petit retour en arrière. Originaire des hauts plateaux des Andes où elle était cultivée depuis longtemps sous le nom de papas, puis batata par les Tainos, ethnie amérindienne du Pérou et du Chili, la patata est introduite en Espagne en 1554 par le conquistador Francisco Pizzaro à la suite de la découverte, quelques années auparavant par un détachement de l’infanterie espagnole, de ces tubercules stockés dans la cité indienne de Sorocota. La cour du roi Philippe II les considère d’abord comme des médicaments et c’est ainsi qu’il en envoie au pape Pie IV, malade, pour le soulager. D’autres pays pauvres du continent européen la cultivent pour l’alimentation du bétail après son introduction successivement en Angleterre (potatoe), en Italie, en Allemagne (kartofel, de cartofle comme dénommée dans certaines régions de l’est de la France). L’Allemagne, où en 1757 justement se trouve Antoine-Auguste Parmentier. Fils de petits bourgeois de Montdidier et aide-pharmacien chez Lémery, un apothicaire de sa commune, il entre à 20 ans dans les cadres de la pharmacie militaire, participant à la guerre de Sept Ans et est affecté à l’armée de Hanovre. Ses supérieurs le remarquent par son intelligence et son dévouement  : il est nommé « pharmacien en second », est blessé plusieurs fois et fait prisonnier. Dans sa prison, il étudie la chimie et la botanique. On lui apporte une nourriture assez peu engageante, en l’occurrence par Roland Mehl « des boules grises et douceâtres » dans lesquelles il reconnaît les tubercules du solanum tuberculum. Il connaissait effectivement cette plante et avait noté que sa culture en ligne « augmentait sa productivité ». Goûtant à ce mets inconnu et le trouvant acceptable, il songe aux mille façons dont on pourrait l’accommoder pour le rendre meilleur. Parmentier étudie alors ses propriétés chimiques et, une fois libéré, rapporte des plants en France. Sa culture est adoptée notamment en Bretagne, en Alsace et dans le Limousin. En revanche, le tubercule est rejeté par le reste du pays qui continue à le réserver au bétail en lui donnant le nom péjoratif de « pomme de terre » eu égard à son aspect. Dans un mémoire présenté à l’Académie des sciences et Belles lettres de Besançon qui voulait honorer une recherche sur les végétaux de remplacement pour l’alimentation, il précise qu’il est facile d’en extraire de l’amidon, un principe actif nutritif. Il remporte le Prix. En même temps, la faculté de Médecine de Paris finit par déclarer que « la pomme de terre ne présente pas de danger pour l’homme ». C’est alors que Parmentier, pour
réduire la famine qui sévit alors dans les campagnes et convaincu de l’utilité de l’aliment, propose au gouvernement de planter de la pomme de terre. Mais le terrain sur lequel il souhaitait aménager ses plants, près de l’Hôtel des Invalides dont il était apothicaire major, appartenait aux religieuses de l’Institut et il doit renoncer à continuer à les cultiver à Paris. Tenace, il va organiser un dîner où sont conviés des hôtes prestigieux et des personnalités, comme Franklin et Lavoisier, où tous les plats servis sont uniquement à base de pomme de terre. Triomphe assuré. Ce qui permet à Parmentier, avec le concours de Turgot, d’obtenir la concession de 54 arpents de la plaine des Sablons à Neuilly. Afin de compléter ses recherches, il ensemence cette terre aride et (comme son nom l’indique) sablonneuse. Bientôt vont pousser de racines et des tiges qui donnent des fleurs. C’est le moment  : le 24 août 1787 à Versailles, Parmentier en offre un bouquet au roi qui en orne sa boutonnière et, s’adressant à lui, déclare  : « la France vous remercie d’avoir inventé le pain des pauvres ». Bien sûr, toute la cour l’imite et dès lors, la pomme de terre va devenir l’aliment précieux par excellence dont chacun apprécie les bienfaits. Cinq ans plus tard, 35 000 tonnes étaient déjà recueillies. Mission accomplie. Parmentier, à l’inépuisable puissance d’inventivité, va pouvoir s’atteler à de nouvelles initiatives, toujours dans de domaine de la nutrition. Quelques exemples parmi d’autres  : il va mettre au point un moyen de protection des vins, fabriquer du sirop de raisin pour remplacer la pénurie de sucre, préconiser la conservation des viandes par le froid, codifier la fabrication du pain. Il est élu à l’Académie d’agriculture puis à l’Académie des sciences et reçoit l’une des premières croix de la Légion d’honneur de Napoléon qui le nomme inspecteur général du Service de santé en 1805 ; fonction qu’il assumera jusqu’à sa mort à 76 ans. Mais, il sera toujours connu comme « l’inventeur de la pomme de terre ». Grâce à lui, cette bonne vieille patate, a changé son image d’aliment pour pauvres en introduisant sa consommation quotidienne chez chaque individu. Et de nos jours, frites rissolées, hachis bien homogène, omelette frémissante, gratin à la fine croûte, purée à la Robuchon… qu’il en soit remercié et grandement félicité. Lion édition française - N°697//.63.,



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