Lion n°697 février 2017
Lion n°697 février 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°697 de février 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,5 Mo

  • Dans ce numéro : 66e Convention Nationale Centenaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 50 - 51  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
50 51
Savoir - Réflexion « French is forbidden ! » Roland Mehl, l’interview d’un ardent défenseur de la langue française.50//Lion édition française - N°697 Interviewer mon confrère Roland, mon aîné, mon ami avec qui je partage une passion commune  : le français... Roland Mehl, nous précise quelques points d’usage de notre belle langue propos recuillis par Philippe Colombet Tu nous rappelles que ce sont près de 200 millions de personnes dans 55 pays des cinq continents qui parlent notre langue et 250 000 qui l’étudient dans 424 établissements scolaires à l’étranger, est-il vrai que 65% des collégiens de plusieurs pays choisissent le français comme seconde langue étrangère ? C’est tout à fait exact. À la différence du français du Québec, de Wallonie, de Romandie, du Val d’Aoste, ou du Sénégal, s’il existe dans notre pays 75 idiomes ou dialectes régionaux recensés – deux millions de nos compatriotes parlent l’occitan, un million le créole et autant le breton, plusieurs centaines de milliers le corse ou l’alsacien –, le français reste leur tronc commun alors que l’anglais n’est déjà plus une langue unique, l’américain s’infiltrant chaque année davantage par une évolution incontrôlée. Notre langue exprime ainsi des identités différentes, copropriété de populations diverses qui l’enrichissent. Charles Quint disait que « le français est la seule langue des affaires du monde » et le roi Gustave III de Suède rédigeait tout son courrier en français… C’est là aussi tout à fait juste, et c’est de même pour Jean-Baptiste
Bernadotte qui a lui aussi régné en Suède sans parler le suédois mais uniquement le français, ou encore Catherine de Russie qui imposait le français dans les écoles. On rappelle que la Triple Alliance qui réunissait contre la France deux États de langue allemande et un de langue italienne est rédigée en français. Quant au traité de Versailles, s’il a été libellé en anglais et en français, il obligeait le français comme langue de référence en cas de désaccord. Et bien sûr, il en est de même pour la charte des Jeux Olympiques. C’est devenu un principe que l’anglais soit irremplaçable en technologie, informatique ou médecine. Mais Oscar Wilde l’a dit un jour  : « les principes, il faut s’asseoir dessus, ils finiront bien par tomber ». Est-il normal qu’un Congrès national se déroulant en France, à Marseille exactement, avec des participants tous français voit sa langue de travail être l’anglais ? S’inspirant à cet effet d’une directive de l’administration de la santé publique qui avait « interdit la publication d’articles en français qui ne seront plus retenus pour l’évaluation scientifique des travaux des chercheurs » (sic), ce qui avait d’ailleurs provoqué une déclaration de l’Académie de médecine fustigeant les « bêtises de scribouillards », tandis que le professeur Debré remarquait que « la technocratie a décidé de rayer d’un trait la recherche française ». La France, comme quelques autres pays d’Europe, est en train d’adopter une langue commune qui, comme la monnaie, risque de devenir unique ; l’anglais, idiome du pays européen le moins européiste, Brexit oblige, comme l’américain dont le nom suffit à rappeler qu’il n’est pas européen. Il y a donc des mots bien de chez nous forgés par des siècles de philologie qui remplacent insidieusement mais régulièrement des américanismes de cuisine qui, chaque jour un peu plus, infiltrent nos écrits et nos parlers ? En effet, quelques exemples m’interpellent particulièrement. Comme « leadership », ce terme est, selon le linguiste Alfred Gilder un « motricide », c’est à dire un mot qui en tue un autre. Le « leader » est celui qui dirige, fait preuve d’autorité, de magistère. Le mot le mieux adapté serait « gouvernance », le plus conforme à la fonction. Le « flyer » a dit adieu ces bons vieux « prospectus », ou « tracts », qui matérialisent l’action de voler au sens de se déplacer dans le airs, ce qui est exactement la signification de « to fly » en anglais. Le « briefing », serait-ce mal compris que de dire simplement  : « réunion d’information », tout comme « briefer » devrait être remplacé par « faire une synthèse » ou « mise au courant ». Et bien entendu cet affreux « mail », que l’on prononce différemment, bien qu’il s’écrive de la même manière que son homonyme qui définit une allée, une promenade bordée d’arbres. Pourquoi ne pas l’identifier à sa définition étymologique exacte de « courrier électronique », ce qui correspond, là encore, à ce que les Québécois, qui font preuve de rigueur, nomment « courriel », terme employé d’ailleurs depuis peu par l’administration française. Des dizaines d’autres exemples pourraient être montrés. Mais la francophonie, c’est aussi l’emploi de termes français bien définis ? Trois exemples parmi d’autres que nous entendons quotidiennement. « Impétrant » est un terme, dérivé du latin « impetrare », pour « obtenir », qui a une origine essentiellement juridique. Il qualifiait jadis « celui ou celle qui a obtenu quelque bénéfice du prince ou d’une autorité compétente, spécialement un diplôme », ce qui n’est pas de notre fait. Le vrai mot à employer en ce cas est « postulant » qui, selon l’Académie, est « celui qui sollicite son admission dans une société ou une association ». Autre exemple, « insignation » est un mot qui n’existe pas et ne se trouve dans aucun dictionnaire. C’est une déviation abusive du substantif « insigne ». Donc, on ne procède pas à « l’insignation d’un impétrant », mais à la « remise d’insigne à un postulant ». « Passation de pouvoirs » est tout aussi inexact car il induit une connotation trop formelle  : on passe le sel ou un coup de téléphone. En revanche « transmission » est plus précis dans ce cas, dérivé du latin transmittere, soit faire passer d’une personne à une autre un nom, une fonction. On devrait donc dire  : « transmission de pouvoir ». Votre conclusion mon cher Roland ? Boutros Ghali l’a dit un jour  : « Le combat pour le français commence en France même ». Alors, ne faisons pas de procrastination, parlons français en France. Lion édition française - N°697//.51



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lion numéro 697 février 2017 Page 1Lion numéro 697 février 2017 Page 2-3Lion numéro 697 février 2017 Page 4-5Lion numéro 697 février 2017 Page 6-7Lion numéro 697 février 2017 Page 8-9Lion numéro 697 février 2017 Page 10-11Lion numéro 697 février 2017 Page 12-13Lion numéro 697 février 2017 Page 14-15Lion numéro 697 février 2017 Page 16-17Lion numéro 697 février 2017 Page 18-19Lion numéro 697 février 2017 Page 20-21Lion numéro 697 février 2017 Page 22-23Lion numéro 697 février 2017 Page 24-25Lion numéro 697 février 2017 Page 26-27Lion numéro 697 février 2017 Page 28-29Lion numéro 697 février 2017 Page 30-31Lion numéro 697 février 2017 Page 32-33Lion numéro 697 février 2017 Page 34-35Lion numéro 697 février 2017 Page 36-37Lion numéro 697 février 2017 Page 38-39Lion numéro 697 février 2017 Page 40-41Lion numéro 697 février 2017 Page 42-43Lion numéro 697 février 2017 Page 44-45Lion numéro 697 février 2017 Page 46-47Lion numéro 697 février 2017 Page 48-49Lion numéro 697 février 2017 Page 50-51Lion numéro 697 février 2017 Page 52-53Lion numéro 697 février 2017 Page 54-55Lion numéro 697 février 2017 Page 56-57Lion numéro 697 février 2017 Page 58-59Lion numéro 697 février 2017 Page 60-61Lion numéro 697 février 2017 Page 62-63Lion numéro 697 février 2017 Page 64-65Lion numéro 697 février 2017 Page 66-67Lion numéro 697 février 2017 Page 68-69Lion numéro 697 février 2017 Page 70-71Lion numéro 697 février 2017 Page 72-73Lion numéro 697 février 2017 Page 74-75Lion numéro 697 février 2017 Page 76-77Lion numéro 697 février 2017 Page 78-79Lion numéro 697 février 2017 Page 80-81Lion numéro 697 février 2017 Page 82-83Lion numéro 697 février 2017 Page 84-85Lion numéro 697 février 2017 Page 86-87Lion numéro 697 février 2017 Page 88-89Lion numéro 697 février 2017 Page 90-91Lion numéro 697 février 2017 Page 92-93Lion numéro 697 février 2017 Page 94-95Lion numéro 697 février 2017 Page 96-97Lion numéro 697 février 2017 Page 98-99Lion numéro 697 février 2017 Page 100