Lion n°695 décembre 2016
Lion n°695 décembre 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°695 de décembre 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 6,6 Mo

  • Dans ce numéro : au revoir Jean...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Vie culturelle - Jazz Au pays des big bands Tuxedo Big Band Un big band ? Mais c’est tout simple  : prenez quatre trompettistes, trois (ou quatre) trombonistes, cinq saxophonistes (deux altos, deux ténors, un baryton) et une rythmique à quatre (piano, guitare, contrebasse, batterie). Donnez à tout ce petit monde des arrangements à la fois intéressants et propices au swing, faites mijoter le temps de quelques répétitions, et hop… à nous Ellington, Basie ou Quincy Jones ! Rien qu’en France, de nombreuses écoles de musique et conservatoires dont l’effectif le permet ont ainsi organisé leur formation porte-bannière. Là où les choses se compliquent, c’est lorsque.64//Lion édition française - N°695 l’on passe du projet fantasmé à la dure réalité… car il y a beaucoup de non-dits dans la recette ci-dessus, et d’impérieuses nécessités  : l’autorité du batteur et la capacité au swing de la rythmique ; l’emprise sur le groupe d’un véritable directeur musical, son discernement dans le choix ou la conception des arrangements, sa parfaite connaissance des aptitudes de tous et de chacun ; la présence de solistes d’envergure venant animer les arrangements et peser sur les atmosphères et le ressenti du public. Nous voilà alors devant des big bands de très haut niveau  : on ne les compte chez par Laurent Verdeaux nous que sur les doigts d’une main, et leurs apparitions, trop rares, valent autant le voyage qu’une table triplement étoilée. Un de ceux-là, qui tient le haut du pavé depuis plus d’un quart de siècle, est toulousain et a nom Tuxedo Big Band. Il réunit tous les ingrédients ci-dessus  : la poigne du batteur Guillaume Nouaux règne sur une rythmique irréprochable, moteur d’une véritable machine à swing ; l’autorité de Paul Chéron, patron-fondateur, orchestrateur éclairé, excellent soliste et premier alto de la formation, fédère toute son équipe autour de différents projets, et il n’en a jamais manqué ; enfin, quelques solistes de grande classe font partie de Tuxedo, dont certains depuis le début de l’aventure. Paul Chéron est depuis toujours un amoureux de la musique de Jimmy Lunceford  : chef d’orchestre d’une grande exigence, Jimmy Lunceford était à la tête d’un big band illustre des années trente et quarante, un des tout meilleurs de son temps. Le balancement du rythme, le talent des arrangeurs « maison » Sy Oliver, Edwin Wilcox ou Eddie Durham, la générosité de solistes très inspirés ont laissé des traces. Paul Chéron a su suivre ces traceslà, y compris jusqu’à traverser l’Atlantique pour rechercher les partitions originales…
à les retrouver… et à inscrire au répertoire de Tuxedo des morceaux de l’orchestre Lunceford qui n’avaient jamais été enregistrés ! Comme c’est aussi un manager très organisé, le parcours du big band toulousain est jalonné d’une douzaine d’albums qui en rendent fidèlement compte. Les trois derniers en date, enregistrés par l’orchestre dans sa forme actuelle, sont d’un grand intérêt  : Lunceford stillalive puise justement dans les partitions inédites découvertes par Paul Chéron et nous vaut des découvertes assez incroyables, qu’il s’agisse du « drive » des nombreux tempos enlevés, des tours de force que les arrangements d’Edwin Wilcox imposent à une Le Jazz de Pique Et puis en matière de big bands, il y a les précurseurs… il ne faut jamais oublier les précurseurs ! Vingt ans avant ce mouvement de bigbandotropie qui est à l’origine de Tuxedo ; trente ou quarante ans avant que se fassent entendre le Paris Swing Orchestra, le Michel Pastre Big Band, le Jean-Paul Amouroux Boogie Big Band ou le Laurent Mignard Duke Orchestra ; au début des années soixante-dix, donc, l’art du big band de jazz pur et dur était à peu près oublié dans l’Hexagone. Se coagula alors une tribu aussi juvénile que pétulante, autour du projet un peu fou de remettre à l’honneur l’artillerie lourde dans un paysage jazzistique où l’on faisait alors un peu dans la dentelle. Baptisé d’un nom dénotant un certain potentiel soixante-huitard dans l’autodérision, le Jazz de Pique n’était pas formé de grands professionnels  : il s’agissait de purs amateurs. Certains jouaient essentiellement d’oreille et savaient peu (ou pas) lire la musique ; d’autres connaissaient le solfège, parfois au point de donner l’impression d’habiter dedans ; certains savaient improviser, d’autres pas. Ils étaient à l’âge des études ou des premiers boulots, et, à deux exceptions près, section de saxophones très en forme (Don’t blame me !) ou encore d’un magnifique Blue Mood où les interventions de Jérôme Etcheberry, trompettiste-pilier de l’orchestre sont particulièrement remarquables. Il fallait bien une fleur dans ce jardin-là  : elle a nom Nadia Cambours. Chanteuse attitrée de Tuxedo, un albumentier lui a été consacré sous le titre de Ladies. Elle y évoque avec bonheur Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Ivie Anderson et quelques autres, et c’est bien agréable de se promener en sa compagnie dans des arrangements sur mesure de Duke Ellington, Fletcher Henderson ou Jimmy Mundy relouqués Chéron. pêchées au Conservatoire national, aucun d’entre eux ne se destinait à faire de la musique son métier – et aucun n’a d’ailleurs sauté ce pas par la suite. Mais ils avaient un cœur gros comme ça et étaient parfois capables de jouer comme des enragés sur l’air de « ça passe ou ça casse ». Et puis ils bénéficiaient des atouts mentionnés plus haut  : swing de la rythmique, autorité du batteur, emprise du patron, solistes de qualité. Enfin, le Jazz de Pique pratiquait un répertoire original et jouait sa propre musique, grâce à ses deux arrangeurs et compositeurs « maison », Jean Rotman et Jean Picard. On vient de rééditer, sous le titre Jazz de Pique  : le retour, le meilleur de ces trépidants précurseurs, dont cinq plages exceptionnelles autour d’un grand nom de l’histoire du jazz, qui avait enregistré en son temps avec King Quant au petit dernier publié, il est organisé autour de Guillaume Nouaux. Déjà auteur d’une sorte d’encyclopédie-mode d’emploi de la batterie, ce grand musicien y déploie tout son art et s’en donne à cœur joie… tout le monde y passe, de Jo Jones à Buddy Rich, de Lionel Hampton à Gene Krupa, en passant par Chick Webb et Sidney Catlett. Cet album passionnant, dans lequel ses collègues l’accompagnent sur l’itinéraire Duke Ellington-Quincy Jones, a nom, tout simplement  : Drumology. Tout cela (et même le reste) est disponible sur le site de Tuxedo  : www.tuxedobigband.com. a Oliver et Jimmy Lunceford (justement). Ceux qui ont connu Benny Waters et les soirées de La Cigale passeront un très bon moment à l’écouter dans ce contexte inhabituel, plus dynamique et inspiré que jamais au ténor, à l’alto ou à la clarinette. Bonne action à la clé  : édité au profit d’un dispensaire pour enfants créé à Antsirabé (Madagascar) par l’ancien leader de l’orchestre – devenu médecin -, ce CD en quelque sorte historique est disponible à l’adresse  : jean. rotman@wanadoo.fr. a Lion édition française - N°695//.65



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