Lion n°693 octobre 2016
Lion n°693 octobre 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°693 de octobre 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : agir pour la lecture...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Vie culturelle - Découverte Peau de licorne (maquette), de Nicolas Buffe, Grand Prix 2010 de la Cité internationale de la tapisserie, coll. Cité internationale de la tapisserie..80//Lion édition française - N°693 cubertier (fabricant de couvertures) et tapissier à Felletin en 1473, (deux noms à consonance flamande), Jehan Dumont en 1502 est cité comme tapissier à Aubusson. L’initiative de convertir des artisans qui travaillaient la laine en tapissiers d’art n’a pu venir que d’une décision prise par un grand seigneur, nous savons, ne serait-ce que par les peintures ou les enluminures comme les très riches heures de Jean de France duc de Berry (1340-1416), que l’habitude avait été prise vers la fin du Moyen Âge d’améliorer le confort des demeures seigneuriales en accrochant aux murs des tapisseries. Rien d’étonnant que l’on recherchât des artisans d’art capables d’en fabriquer. Les tapisseries de la Marche (Aubusson, Felletin, Bellegarde) naîtront de Nicolas Buffe/Cité internationale de la tapisserie la volonté d’un prince qui avait autorité sur notre province. Des historiens prétendent que le duc Louis I er de Bourbon comte de la Marche, qui épousa en 1310 Marie d’Avesne fille du comte de Hainault, pourrait être à l’origine des tapisseries marchoises. On a parlé aussi de Robert VIII, comte d’Auvergne, veuf de Blanche de Bourbon, qui épousa Marie de Flandres, dame de Bellegarde, mais cette thèse a été combattue et n’est pas étayée par des documents. Plus probable serait l’intervention de Jacques III d’Armagnac, comte de la Marche (1433-1477), qui fit réparer le château d’Aubusson, ou du duc Pierre II de Bourbon, seigneur de Beaujeu (1438-1503), gendre de Louis XI, grand amateur d’art, qui fit effectuer le triptyque de la cathédrale de Moulins par le peintre flamand Jean Heys. L’influence flamande sur les tapisseries d’Aubusson au XVI e siècle est incontestable, non seulement les noms de maîtres tapissiers comme les Barraband sont d’origine flamande, mais aussi les mesures employées en tapisserie, les termes techniques, le fait que les tapissiers marchois et flamands aient une même patronne, Sainte-Barbe. Une hypothèse a été avancée, celle de l’émigration à La Cité internationale de la tapisserie, côté jardin. Aubusson, vers 1580, de tapissiers flamands fuyant les persécutions religieuses dans leur pays. En 1601 le roi Henri IV interdit l’entrée en France des tapisseries étrangères et en 1620 il exempte de droits de douane les tapisseries d’Aubusson envoyées à Paris. En 1652, la Confrérie de Sainte-Barbe est fondée par des tapissiers flamands émigrés à Aubusson. Le 18 mai 1665, sur l’initiative de Colbert, l’Assemblée de la corporation des tapissiers adopte les « Ordonnances et Statuts des marchands et ouvriers tapissiers de la ville d’Aubusson, faubourgs et hameaux d’icelle et bourg de la Cour ». Ces statuts sont confirmés par lettres patentes de juillet 1665  : le roi promet d’entretenir à ses frais « un bon peintre » et un « maître teinturier » et, en outre, les tapissiers d’Aubusson sont autorisés à mettre en gros caractères sur le frontispice des lieux où sont fabriquées les tapisseries  : « Manufacture Royale de Tapisserie » ; des ateliers privés bénéficiant du privilège royal, ceci était très important à l’époque. Felletin obtiendra ses statuts en 1689. Depuis la moitié du XVI e siècle, le protestantisme s’implante à Aubusson tout particulièrement dans le milieu des tapissiers qui, pour exercer leur Cité internationale de la tapisserie
métier, doivent savoir lire. Les bibles leurs sont procurées par des pasteurs venant de Genève, la Rome protestante ou du Poitou. Un jurisconsulte natif d’Aubusson, Pardoux-Dupras (1501-1569), contribua à l’implantation du protestantisme dans la ville. La communauté protestante est importante à Aubusson au début du règne de Louis XIV, soit environ 500 personnes sur une population estimée à 4 000 habitants. Après une période de tolérance sous Louis XIII et lors du ministère de Mazarin, le roi Louis XIV, considérant qu’une seule religion doit exister dans son royaume, par l’Édit de Fontainebleau du 17 octobre 1685, révoque l’Édit de Nantes d’Henri IV qui accordait une relative liberté aux protestants. Les conséquences ne se feront pas attendre à Aubusson  : le temple sera fermé, détruit, l’exercice du protestantisme interdit, beaucoup de tapissiers vont émigrer notamment en Suisse et en Allemagne où ils seront accueillis par les princes protestants. La production de tapisserie aurait pu disparaître mais la réforme due à Colbert permettra de surmonter la crise et à la fin du XVII e siècle et, tout au long du XVIIIe, siècle, la tapisserie d’Aubusson connaîtra un essor considérable. Certes, il n’y a pas de création originale, les ateliers tissent les œuvres de peintres célèbres comme Ourdy, Boucher, des scènes bibliques ou mythologiques. À cette production s’ajoutera celle de tapis veloutés ou ras qui emploiera de nombreux ouvriers ou ouvrières. La profession, comme c’était la règle sous l’Ancien Régime, était organisée en corporation. Le contrôle des laines et soies employées incombait à quatre gardes jurés – élus par l’assemblée des marchands et fabricants, et remplacés par moitié le 4 décembre de chaque année, lendemain de la Sainte Barbe fête des tapissiers – qui s’assuraient de la qualité de la production. Le respect des statuts incombait à l’Inspecteur de la Manufacture Royale d’Aubusson et de Felletin nommé par le Contrôleur Général des Finances. Cette charge sera exercée jusqu’à la Révolution par la famille Laboreys (de la Pige et de Chateaufavier), il n’a pas un rôle de direction des ateliers mais il exerce leur contrôle au nom du roi, il veille à l’exécution des règlements et à la bonne exécution des tentures et tapis, reçoit les commandes officielles, établit les certificats, demande les subventions ; son rôle est très important et reconnu par toute la profession. On note également la présence d’un teinturier du roi. Aubusson compte de nombreux marchands-fabricants, des maîtres tapissiers et bien sûr des compagnons et apprentis. Il faut ajouter les peintres, professeurs de dessin et élèves, sans compter le personnel de service. Il s’agissait d’une organisation considérable, unique en France. Les noces de Daphnis et Chloé, tapisserie du XVIII e siècle, coll. Cité internationale de la tapisserie. Jean Lurçat, L’eau et le feu En 1742 deux écoles de peinture sont créées, on tissait dans la plupart des maisons de la ville. Il est facile de le constater avec la grande dimension des fenêtres aux étages. Dans la rue Vieille, la Maison du Tapissier datant du XVI e siècle est la parfaite illustration de ce qu’était une maison de tapissier. Depuis 1743, on fabrique également des tapis sur des métiers de haute lisse, le roi ayant décidé de faire fabriquer à Aubusson des « tapis de Turquie ». Des manufactures vont se créer et leurs clients, de même que ceux des ateliers de tapisserie, sont situés aussi bien en France qu’à l’étranger. La Révolution mettra fin à cette prospérité, l’abolition des corporations va entraîner la disparition de la Manufacture Royale, les ateliers fermeront, faute de commandes de la Lion édition française - N°693//.81 Éric Roger/Cité internationale de la tapisserie



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