Lion n°693 octobre 2016
Lion n°693 octobre 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°693 de octobre 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : agir pour la lecture...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Laurent Verdeaux Vie culturelle - Jazz.68//Lion édition française - N°693 Plutôt que d’en avoir une conception linéaire, chronologique et sur le modèle de « un clou chasse l’autre », certains préféreront considérer le jazz comme une sorte de jardin où prolifère une végétation infiniment diverse. Selon les moments et les humeurs, on peut aller s’y promener au hasard (ou pas), parfois bien étonné de voir surgir ici ou là quelques fleurettes que l’on croyait seulement répandues ailleurs. Le climat est très diversifié, et le torride peut voisiner avec la plus rafraîchissante des poésies. C’est un monde qui palpite, dont chaque être possède une pulsation vitale, et de nouvelles espèces y viennent sans arrêt, à côté d’autres par Laurent Verdeaux François Rilhac It’s only a paper moon qui ne meurent jamais. Ceux qui préfèrent avoir la tête dans les étoiles, feront la comparaison avec un ciel illuminé par la fameuse obscure clarté d’astres et de météores, eux aussi infiniment divers et toujours renouvelés. L’avantage est que ce décor-là intègre les étoiles filantes. Et justement… François Rilhac était une de ces étoiles filantes-là  : à peine apparu, éblouissant, exceptionnel, ce surdoué du piano quitta notre vallée de larmes pour le paradis du swing, en laissant tellement peu de traces « officielles » que ses amis – personne n’a réellement pu se consoler de sa disparition à seulement trente-deux CD Black & Blue BB 812.2 ans – restent à l’affût de la moindre bande magnétique rendant compte de l’une de ses apparitions. Ceux-là parlent de François Rilhac au présent  : pour eux, il est toujours vivant. Son alter ego Louis Mazetier, grand pianiste lui aussi et pratiquant le même style, le décrit comme un personnage complexe, tantôt exubérant, tantôt sombre, exprimant dans son style pianistique ses contradictions  : tour à tour tendresse et agressivité, timidité et assurance, fragilité et puissance. Maître d’ouvrage de cet album, Louis Mazetier ajoute, parlant de son ami disparu  : « Ces contrastes rendent sa musique profonde, attachante et humaine, car
l’émotion y est toujours présente. Il ne triche pas, s’engage, prend des risques, se plante parfois et se rattrape de façon étourdissante. Il survole le piano avec une maîtrise stupéfiante et, dans les grands jours, n’a peur de rien. » On ne saurait mieux décrire le contenu de ce disque, recueil d’autant plus précieux que, à ma connaissance, on ne trouvera guère François Rilhac en soliste que sur un microsillon publié en 1987 et sur un CD posthume (déjà concocté par Louis Mazetier) enregistré à la même époque et publié il y a vingt ans. Ici, nous sommes en juin 1985, et le pianiste au sommet de son art. Il ne s’agit pas d’un studio d’enregistrement, mais d’un club dédié au jazz en général et au piano en particulier. L’endroit, aujourd’hui disparu, avait nom La Table d’Harmonie. Il se trouvait au cœur du quartier Latin, voilà François Rilhac quasiment dans son salon, avec des amis autour. Le Nagra de la maison Black & Blue tourne discrètement et les micros sont des Neumann  : nous sommes au meilleur de ces temps analogiques dont le son tend de nos jours à se perdre. Quant à l’artiste, il sait tout faire et il ne s’en prive pas. Les influences sont là, de Fats Waller à Art Tatum en passant par Willie The Lion Smith, mais toute cette belle musique est avant tout du pur François Rilhac  : ici, il vous donnera sa tendresse – dans la vie, c’était un homme gentil et très généreux ; là, il vous secouera par le swing ravageur d’une main gauche rompue au stride et qui ne manque jamais de muscle ; là encore il vous fera rêver dans une poussière de notes. Avec lui, l’inattendu est de rigueur et l’humour toujours au rendez-vous  : c’est la Mère Michel qui en fait les frais à la plage 10 de l’album, formidable improvisation sur ses démêlés avec le Père Lustucru. La Mère Michel ne retrouvera pas son chat, mais la maison Black & Blue a fini par remettre la main sur ce moment de bonheur oublié au fin fond de ses archives. Quant à vous, si vous m’en croyez, vous allez pouvoir trouver – ou retrouver – un des plus grands et des plus rares musiciens que le jazz français ait produit. Ray Charles Live at Newport 1960 2XCD Frémeaux FA 5643 "="="" ; cre Nous retrouvons ici le Ray Charles du début des années soixante, celui dont la voix et le génie ont profondément marqué toute une génération. La première galette est, comme le titre du coffret l’indique, consacrée au concert de Ray Charles au festival de Newport, édition de 1960. On sait que sa toute première apparition sur cette scène illustre - en 1958 - avait fait l’objet d’un microsillon Atlantic resté légendaire, comportant le What’d I Say qui deviendrait sa signature musicale et une sélection d’autres morceaux généralement déjà connus ou très connus. Là, nous sommes plutôt dans le compterendu  : présentation, trois orchestraux un peu décousus où on entend d’ailleurs assez peu le piano mais beaucoup le batteur - qui en fait des tonnes - puis on entre dans le vif du sujet  : depuis Let the Good Time Roll jusqu’à What’d I Say, Ray Charles n’arrêtera pas de chanter, bientôt rejoint par les Raelets, les vraies, celles du temps de Marjorie Hendricks (en soliste dans My Baby). Mariage de gospel et de blues arrangé et catalysé par Ray Charles ! On appellera ça la musique soul. À cette époque, l’orchestre de Ray Charles comporte sept musiciens, dont cinq souffleurs. Leurs interventions en solo sont d’un intérêt et d’une cohérence variable selon les moments, mais certains sont d’excellents accompagnateurs des vocaux  : les trompettes John Hunt dans Don’t Let the Sun Catch You Cryin’et Philippe Guilbeau dans le I’m Gonna Move to the Outskirts of Town du second CD ; Dave Newman (à la flûte) dans Georgia, autre célèbre signature musicale de Ray Charles. La seconde galette, assemblage de petits bouts, commence par quelques orchestraux, dont un étonnant Blue Stone, presque entièrement joué au saxophone alto par Ray Charles sur la scène de l’Olympia. Car le voilà maintenant en Europe, pour la première fois. Après le festival d’Antibes 1961, l’orchestre est devenu un big band, dont la batterie a été confiée à l’excellent Bruno Carr et les arrangement au non moins excellent Quincy Jones. Au fil de ce CD, on entend aussi souvent Ray Charles jouer de l’orgue Hammond. Mais naturellement, c’est dès qu’il chante, renforcé ou non par les Raelets, que s’installe ce climat particulier qui submerge si facilement l’auditeur, climat largement dû aussi à son talent de pianiste. Un bon exemple, dans ce second disque  : I Wonder (enregistré à Zürich), particulièrement prenant, pris lentement, presque en caressant le tempo Ce double CD constitue un complément fort intéressant à la précédente réédition frémeldoise du même artiste et consacrée à ses premières apparitions en France (Frémeaux FA 5466), réédition dont nous avons rendu compte il y a quelques mois. Lion édition française - N°693//.69



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