Lion n°692 septembre 2016
Lion n°692 septembre 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°692 de septembre 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lions Club International

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 11,7 Mo

  • Dans ce numéro : les centres internationnaux francophones édition 2016.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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© Bernard Raulet GRAND ANGLE Armoire (ou gardo roubo en provençal) que la mariée apportaient en dot. © Bernard Raulet .58 // Lion édition française - N°692 Le mobilier provençal Le mobilier provençal va, tout au long des siècles, être influencé par différents facteurs, géographique, politique et religieux, et ne sera pas parfaitement uniforme d’une partie du territoire de la Provence à l’autre. À Arles, ville essentiellement agricole jusqu’au XIX e siècle, de petite bourgeoisie et de petite noblesse établie en ville mais également en Camargue, la population, assez fermée sur ellemême et ses traditions, va conduire à la création et l’épanouissement d’un style particulier. Le XV e siècle voit l’outillage s’améliorer considérablement et les techniques changer : assemblages tenons mortaises, les chevilles en bois remplacent les clous forgés ; les bois sont travaillés avec soin, les couteaux et planes sont délaissés au profit des rabots, ciseaux à bois et gouges diverses. Enfin, les montants des meubles se prolongent au-dessous de la traverse et se terminent en forme de pieds. Le noyer est la principale essence employée pour la fabrication de meubles provençaux. Acheminé par flottage sur l’Isère, la Durance et le Rhône jusque dans les lieux de production, il provient de Haute-Provence et du Dauphiné. Certains bois locaux, comme le mûrier, l’olivier, l’aulne et le pin satisferont des besoins complémentaires. par Frédéric Dervieux Élément essentiel du mobilier provençal et en particulier arlésien, la ferronnerie est influencée par les Compagnons espagnols du XIV e siècle. Le ferrage du meuble est un élément tout à fait symbolique de l’importance du meuble en général et de l’armoire de mariage en particulier. Cette dernière, commandée à la naissance de la fille, n’était ferrée qu’au mariage. C’est la belle famille qui offrait les fers ainsi que les entrées de serrures, d’où l’importance de la grosseur du cadeau ! Jusqu’au milieu du XVIII e siècle l’ornementation des meubles courants est sommaire. Aux XV e et XVI e siècles, le mobilier est classique et modelé sur le style officiel : reproduction de scènes bibliques ; travail très fouillé permettant aux visiteurs de lire le dessin à une période où les « sachant lire » sont rares. Au XVIII e siècle arrive la décoration rocaille (feuilles d’acanthe). À la fin du siècle, apparaissent certains motifs de style Louis XVI, influencés par l’Antiquité, l’amour de la nature et le travail de la terre. En résumé le style provençal se caractérise, comme le costume d’Arles, par l’adhésion au style officiel sans toucher à la tradition des fustiers provençaux et à leur différence. C’est un des très rares styles régionaux français à avoir évolué tout au long des siècles à chaque changement politique, au moins jusqu’au XX e . Panetière (ou paniero en provençal). Alphonse Daudet, avec humour, la décrivait ainsi « des barreaux larges à passer le bras et une serrure de coffre fort ! »
Les Gardians et leur confrérie La figure du gardian fait partie des principales images liées à la Camargue. Le grand public ignore toutefois que, derrière le cliché, existe bel et bien une authentique profession qui plonge ses racines dans l’histoire de la Camargue et la Crau voisine. À l’origine, il s’agit de simples ouvriers agricoles gardant des troupeaux. Mais la nature des bêtes dont s’occupaient les gardians – chevaux et taureaux – justifie leur principale particularité. Ce sont des cavaliers, afin de suivre et surveiller un bétail très mobile. Les juments étaient employées à dépiquer les blés dans les grandes propriétés de Camargue et de Crau. Les petits taureaux camarguais semblaient alors moins importants – on les attelait même à des charrues pour labourer ! Sans oublier le débouché que constituait la boucherie, ils servaient à des jeux taurins. Mais ces activités étaient néanmoins peu rémunératrices. Le 2 janvier 1512, les gardians fondent une confrérie en Arles, qui se dote d’une forte connotation militaire : vocable de Saint-Georges, patron des cavaliers, titre de Capitaine donné à son responsable, etc... Ce groupement est resté en activité de manière quasiment constante depuis sa création. Il est toujours dirigé par les professionnels – manadiers (éleveurs) ou salariés – et joue un rôle mutualiste très important dans la profession de gardian. Après avoir failli disparaître, les gardians connaissent une formidable mutation médiatique au cours du XX e siècle. Grâce à l’action du marquis Folco de Baroncelli-Javon (1869-1943), les obscurs « gardiens de juments » sont devenus des « chevaliers », champions des traditions provençales. Les gardians ont aussi su faire évoluer leurs activités, avec l’introduction en Provence du bétail bovin espagnol servant aux corridas. Ce fut d’abord des croisements avec la race locale, avant l’établissement de véritables élevages hispaniques. De manière parallèle, la création et la réglementation de la course camarguaise donna aux manades de taureaux Camargue une vocation économique jusque-là inconnue, et que le tourisme contribuera à développer. Arles - Culture et traditions Fière de son passé mais tournée vers l’avenir, la Confrérie des Gardians de Saint-Georges poursuit ses activités dans une société contemporaine en pleine mutation. Ce vénérable et attachant groupement professionnel sert plus que jamais de point d’ancrage et de signe de référence au sein d’une culture provençale dynamique qui n’est pas près de disparaître… par Remi Venture Archiviste de la Confrérie des Gardians L es arènes d’Arles lors du 500 e anniversaire de la Confrérie des Gardians, en 2012. © Philippe Ramon Lion édition française - N°692 // .59



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