Les Savanturiers n°13 sep/oct/nov 2015
Les Savanturiers n°13 sep/oct/nov 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de sep/oct/nov 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : CEA

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 8

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : le corps en images.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Corinne Beurtey P.Stroppa/CEA Un examen TEP, du cyclotron à l’analyse Examen TEP P.Stroppa/CEA « D P.Stroppa/CEA 4 - Les Savanturiers n°13 photon gamma émis les 2 particules s'annihilent en émettant 2 photons gamma L'ordinateur va calculer l'endroit exact où a eu lieu l'annihilation. C'est le traitement informatique des données qui va permettre de reconstituer une image 20 ou 30. un atonie du émission d'un corps fournit un électron positon photon gamma émis Le traceur radioactif fluor 18 émet des positons qui s'annihilent avec les électrons environnants. Cette réaction émet deux photons gamma qui partent dans des directions diamétralement op posées. e eq4ba)% Molécules « marquées » Une molécule est « marquée », c’està-dire combinée à un émetteur gamma (iode 123, technétium 99m) ou des émetteurs de positons (fluor 18 et carbone 11), spécifiquement choisis en fonction du phénomène biologique étudié. Ce traceur, injecté au patient, va s’accumuler dans l’organe cible et émettre des rayonnements gamma (détectés par une gamma caméra) ou des positons. Les positons sont détectés indirectement par l’intermédiaire des photons gamma issus de l’annihilation du positon dans la matière. Une fois détecté, ce rayonnement permet de construire une image révélatrice de l’activité métabolique ou moléculaire d’un organe. En cancérologie par exemple, les examens TEP corps entier permettent de faire le diagnostic (recherche de tumeurs et des métastases) et le suivi thérapeutique. Comme les tumeurs cancéreuses consomment du glucose pour se développer, on injecte au patient un couronne de détecteurs fr 4 Production d'un isotope radioactif (fluor 181 incorporé au glucose puis administré au patient. Le fluor 18 est substitué à un atome d'hydrogène du glucose consommé en grande quantité par les cellules cancéreuses. Le marquage au fluor 18 va permettre de visualiser les zones où est assimilé ce sucre. t Image fonctionnelle du cerveau obtenue par TEP. Outre l’exploration du cerveau, cette technique est utilisée pour les explorations en cardiologie, en psychiatrie et en oncologie. Les examens durent environ 30 minutes. analogue du glucose marqué au fluor 18, le fluorodésoxyglucose (18F-FDG), pour les localiser. Cette technique est aussi utilisée pour analyser l’activité cérébrale (fonctions cognitives, neurologie, maladies neurodégénératives et psychiatrie). Précautions d’utilisation Pour être utilisables en médecine, les radioéléments doivent  : - Délivrer une dose d’irradiation la plus faible possible, - Avoir une durée de vie courte dans l’organisme, - Emettre un rayonnement qui soit décelable à l’extérieur du corps. Par exemple, la période de l’iode 123 est de 13h, celle du fluor 18 est de 109 min, du technétium 99m de 6h.
Photos  : P.Stroppa/CEA Les radiopharmaceutiques Ils sont composés de deux éléments  : une molécule qui cible un processus physiologique, comme par exemple le métabolisme du glucose, et un radioélément. Ces derniers, ayant une vie courte, doivent être produits à proximité du système d’imagerie, dans un cyclotron. Puis, au laboratoire de radiochimie, ils sont incorporés aux molécules dans des enceintes blindées, et enfin injectés au patient. Recherche de molécules Mise au point de radio-marquage Synthèse par automates en enceintes blindées 5 1 Positionnement du patient dans la caméra 3 7 2 Essais avec des éléments non-radioactifs 4 Production de radioélément en cyclotron 6 Injection avant examen Le centre Cycéron de Caen est dédié à l’imagerie moléculaire pour les recherches biomédicales, principalement dans le domaine des neurosciences et de l’oncologie. Les Savanturiers  : Dans quel cadre travaillez-vous ? Louisa Barré  : Des radioéléments (atomes radioactifs) sont produits dans des cyclotrons ou des générateurs, le radiochimiste doit les intégrer dans des molécules d’intérêt afin d’obtenir un radiopharmaceutique. Nous travaillons sur ceux utilisés en neurosciences (par exemple la maladie d’Alzheimer) ou en oncologie, pour cibler un organe malade et ainsi aider au diagnostic. Dans la plate-forme Cycéron d’imagerie médicale se côtoient des physiciens, chimistes, pharmaciens, biologistes et médecins. Le radiochimiste ne peut décider seul quelle cible étudier ; il répond aux demandes des biologistes et médecins à qui il manque un outil diagnostic, en développant des méthodes d’incorporation les plus rapides possibles. Pouvez-vous décrire un exemple de vos recherches ? Récemment, à la demande d’un médecin, nous avons développé un nouveau radiopharmaceutique comme outil de diagnostic spécifique de certains soustypes de lymphomes. En effet, la Lexique  : « Cela a demandé 3 ans pour mettre au point un nouveau radiopharmaceutique… avant le premier essai sur 10 patients, dont les résultats sont assez spectaculaires » Louisa Barré Radiochimiste spécialisée TEP Cognitif  : Les fonctions cognitives sont la perception, le langage, la mémoire, le raisonnement, la décision, le mouvement… Gliobastome  : Tumeur du cerveau la plus fréquente et la plus agressive. Lymphome  : Cancer des ganglions, il touche le système lymphatique (moelle osseuse, rate…) qui assure la défense immunitaire de l’organisme. molécule de référence (fluorodésoxyglucose) ne donnait pas les résultats escomptés. Cela a demandé 3 ans pour mettre au point ce nouveau radiopharmaceutique, puis nous l’avons validé en pré-clinique sur des modèles animaux, avons établi sa toxicologie et évalué sa dosimétrie, avant le premier essai sur 10 patients, dont les résultats sont assez spectaculaires ! Nous pensons proposer notre composé pour d’autres sous-types de lymphomes, par exemple les glioblastomes cérébraux que les neurochirurgiens ont du mal à distinguer d’un lymphome. Un autre exemple ? Dans le cas précédent, nous n’avons rien inventé sur la structure de la molécule ; il nous fallait remplacer le fluor par du fluor radioactif. Parfois, il nous faut développer des molécules spécifiques, en collaboration avec des biothèques et des laboratoires de pharmacie, et les tester in vitro avant de les marquer sans les dénaturer. Puis viennent les étapes de validation, toxicologie, dosimétrie… Quelles sont les finalités d’un radiopharmaceutique ? En plus du diagnostic, un radiopharmaceutique sert au suivi thérapeutique, par injection d’une molécule qui trace spécifiquement une tumeur avant, pendant et après traitement. Cela permet de suivre sa régression, de réviser le diagnostic en discriminant les tumeurs noncancéreuses, de changer ou d’adapter le traitement. Formation  : Bac S Ecole ingénieurs Chimie – ENSI Caen Post-doc au SHFJ Hôpital d’Orsay Métastase  : Migration de cellules tumorales à distance du site initialement atteint, par voie sanguine ou lymphatique. Neurodégénération  : Détérioration du fonctionnement des cellules nerveuses, en particulier les neurones, pouvant conduire à leur mort. Les maladies de Huntington, Parkinson, Alzheimer… sont des pathologies neurodégénératives. Les Savanturiers n°13 - 5

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