Les Défis du CEA n°241 jui/aoû 2020
Les Défis du CEA n°241 jui/aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°241 de jui/aoû 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : CEA

  • Format : (200 x 255) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier énergies, pour un mix décarboné.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 SUR LE FRONT DE LA COVID-19 DIAGNOSTIC, PROPHYLAXIE, THÉRAPIE Le CEA sur tous les fronts Les équipes mixtes de recherche du CEA sont impliquées dans une trentaine de projets nationaux, européens et internationaux. Avec ses plateformes de séquençage, spectrométrie de masse, biologie structurale, ses infrastructures de recherche préclinique et laboratoires de haute sécurité microbiologique, le CEA s’investit dans la mise au point de diagnostics, prophylaxies (ensemble des mesures de prévention de la maladie), thérapies, ainsi que dans la compréhension du virus SARS- CoV-2 et de sa maladie Covid-19. Comprendre la physiopathologie de la Covid-19 Grâce à des outils analytiques puissants et à des cohortes de patients, les chercheurs étudient les mécanismes d’infection du virus et les conséquences sur nos organismes. Plusieurs pistes  : entraver l’attachement du virus aux cellules humaines (en utilisant l’une de ses protéines d’enveloppe comme « rivale ») et comprendre l’impact sur le système immunitaire (CEA-Irig) ; caractériser les prédispositions à l’infection par le SARS-CoV-2 par génomique (CEA-Jacob) ; analyser le profil immunitaire de patients infectés en ciblant l’expression du gène HLA-G (CEA-Jacob) ; analyser par métaprotéomique et métabolomique les échantillons biologiques de malades hospitalisés (CEA-Joliot). Toutes les données accumulées devront permettre d’identifier des biomarqueurs prédictifs de l’intensité de la réponse immunitaire et de la symptomatologie. De même, les infrastructures Idmit et Mircen (CEA-Jacob) se consacrent à la compréhension des mécanismes de la dissémination virale (notamment dans le système nerveux central) ainsi qu’à ceux de la réponse de l’hôte à l’infection pour rechercher de nouvelles thérapies et vaccins. Approches préventives et thérapeutiques Justement, dès le début de la crise, au sein de REACTing, l’infrastructure Idmit (CEA-Jacob) a développé un modèle animal expérimental d’infection par le SARS-CoV-2 pour évaluer LES ACTEURS ces approches préventives et thérapeutiques. Un premier résultat met en évidence l’absence d’efficacité antivirale de l’hydroxychloroquine lors des premiers jours post-infection. Les études se poursuivent pour analyser d’autres molécules antivirales et des vaccins. À ce sujet, les spécialistes de la résonance magnétique nucléaire du CEA-Irig explorent, dans un projet international, les structures de l’ARN et des protéines du virus pour analyser la capacité de petites molécules à visée thérapeutique à interagir avec ces objets et empêcher leur fonctionnement. Au CEA-Joliot, l’identification de telles molécules passe par de l’ingénierie et du criblage fonctionnel sur cellules. Des stratégies innovantes pour des vaccins Du côté de la prophylaxie, un consortium piloté par les instituts Jacob et Joliot propose une voie inédite pour concevoir des vaccins à partir de formes moins pathogènes du virus qui peuvent être identifiées à très grande échelle, par séquençage, chez des personnes peu ou non symptomatiques ayant développé une réponse immunitaire protectrice. La technologie Lipidots développée depuis 10 ans par le CEA-Leti a, quant à elle, retenu l’attention du comité Care. Principe  : nanovectoriser des principes actifs de manière ciblée, furtive et biocompatible. À suivre… « Les études se poursuivent pour analyser d’autres molécules antivirales et des vaccins. » LES DÉFIS DU CEA #241 L’infrastructure Idmit Idmit réunit près de 130 scientifiques sur des programmes de recherche préclinique et clinique sur les maladies infectieuses humaines, l’immunologie et l’hématologie. Unité mixte de recherche CEA-Jacob/Inserm/université Paris-Saclay (UPS), elle est située au CEA de Fontenay-aux-Roses et à la faculté de médecine de l’UPS au Kremlin- Bicêtre. Elle dispose de laboratoires et de moyens technologiques, notamment pour l’imagerie in vivo, à la pointe de l’innovation pour l’étude des pathogènes et de la réponse de l’hôte. Regroupés dans l’infrastructure nationale en biologie santé du même nom (Idmit), ils sont un atout important pour la recherche translationnelle et pour répondre aux enjeux des maladies infectieuses affectant l’Homme. Le consortium REACTing Grippe H5N1, SRAS, Ebola… Nos sociétés sont régulièrement confrontées à des épidémies. Pour mieux gérer ces crises, l’Insermet ses partenaires d’Aviesan (dont le CEA) ont créé en 2013 le consortium REACTing. Multidisciplinaire, il coordonne les groupes de recherche français d’excellence, de la recherche fondamentale jusqu’aux sciences humaines et sociales. Face à la Covid-19, il soutient 20 projets (avec le ministère de la Recherche). Le comité Care Le 24 mars, le président de la République mettait en place un comité de 12 chercheurs et médecins pour conseiller l’éxécutif sur les aspects thérapeutiques de la Covid-19. Le CEA y est représenté par Christophe Junot, responsable de département au CEA-Joliot.
LES DÉFIS DU CEA #241 SUR LE FRONT DE LA COVID-19 5 Assistance respiratoire d’urgence Dès le 13 mars, le CEA-List et le Service hospitalier Frédéric Joliot (SHFJ) du CEA lançaient un projet pour imaginer des solutions permettant d’augmenter la capacité de ventilation de patients atteints de la Covid-19. Le premier, Clear-M, est un dispositif qui optimise les respirateurs des services d’urgence et des véhicules de transport, ceux-ci ne disposant pas du monitoring continu de la pression et du débit requis pour la ventilation optimale des patients. Breveté par le CEA qui en a cédé gratuitement la licence, il est fabriqué par Détecter la présence du virus dans l’air Initialement conçu pour lutter contre les menaces bactériologiques (par exemple, les attaques à l’anthrax), le Coriolis Nano de la société Bertin Technologies a trouvé un nouvel usage pour lutter contre la Covid-19. Développé et breveté avec le CEA- Leti, il permet d’évaluer la contamination de l’air (en particules, bactéries et virus) dans des zones critiques comme les hôpitaux. Ayant déjà montré sa capacité à BA-Helthcare. Le second, Clear-R, est un système d’assistance respiratoire d’urgence s’appuyant sur l’actionnement robotisé d’un insufflateur manuel associé au dispositif de monitoring Clear-M. Il est à disposition des partenaires médicaux et industriels pour son homologation. Ces projets ont mobilisé des dizaines de personnes du List, du SHFJ, de l’Insermet des médecins réanimateurs du Groupe hospitalier Nord-Essonne, de l’Hôpital Raymond-Poincaré, d’établissements hospitaliers de Marseille et Corbeil-Essonne. collecter des virus respiratoires en suspension dans l’air, il a été testé pour le SARS-CoV-2. Compact et silencieux, son débit de 10 litres d’air par minute est représentatif du débit de respiration moyen d’une personne. Il est constitué d’un tube au travers duquel passe l’air ; à l’intérieur, un champ électrostatique charge les particules présentes, les faisant dévier vers l’une des deux électrodes où elles sont collectées. 15 MIN Temps maximum de délivrance du résultat du test sérologique de détection de la Covid 19 mis au point par la PME NG Biotech, en collaboration avec des équipes du CEA-Joliot et de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP). Un test sérologique révèle la présence d’anticorps dans l’organisme, qui indique que la personne a été infectée par un virus et qu’elle a potentiellement développé une immunité contre lui (voir infographie p.28-29). Depuis le 21 mai, NG Biotech produit ses kits de détection pour répondre aux nombreuses commandes en Europe, tout en poursuivant sa R&D avec le CEA pour mettre en place une filière 100% française des réactifs biologiques utilisés dans ces tests. 5 200 Nombre de masques à visières réalisés en impression 3D par un collectif du CEA Cesta, et livrés à plus de 75 établissements en Nouvelle-Aquitaine (hôpitaux, cabinets médicaux et d’infirmières, pharmacies, Ehpad, gendarmeries, associations à but socio-médical…). Initié dès la deuxième semaine du confinement, le projet Cestamask a consisté à améliorer les fichiers d’impression 3D récupérés sur Internet et à coordonner la réalisation des visières sur une vingtaine d’imprimantes fonctionnant 24h/24. - Manipulation sécurisée du virus Les spécialistes de la chimie verte du CEA-Isec proposent aux biologistes du CEA-Joliot un traitement inédit pour étudier le SARS-CoV-2. En effet, en présence de CO 2 supercritique, certains composants lipidiques entourant la souche du virus se solubiliseraient, rendant son enveloppe perméable ; le virus devient inoffensif tout en préservant toute ou partie de son apparence externe. C’est en comprimant à 74 bars et en chauffant à 31° C du CO 2 à l’état liquide qu’il atteint le domaine supercritique lui confèrant des propriétés de solvant. Ainsi, les chercheurs adaptent aux contraintes d’un laboratoire de haute sécurité microbiologique P3 une boucle fonctionnant sous pression avec un autoclave dans lequel sera déposé la souche virulente. Le dispositif sera mis en service cet été à Marcoule pour que les biologistes étudient en toute sécurité le SARS-CoV-2 et d’autres virus infectieux. Bertin techologies



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