Les Défis du CEA n°241 jui/aoû 2020
Les Défis du CEA n°241 jui/aoû 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°241 de jui/aoû 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : CEA

  • Format : (200 x 255) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier énergies, pour un mix décarboné.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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26 PROFIL PERTURBATEUR Jérome Santolini Biochimiste au CEA-Joliot, il dirige le Laboratoire stress oxydant et détoxication. PARCOURS 1994 Ingénieur chimie ParisTech 1999 Thèse en biochimie Université Paris VI (Pierre-et-Marie-Curie) 2000 – 2002 Post-doctorat, Cleveland Clinic, USA 2002 Entrée au CEA 2010 HDR en chimie Université Paris-Sud (Paris-Saclay) INSPIRATION Hannah Arendt, Hans Jonas, Ivan Illich, Jacques Testart, Henri Bergson, Ursula Le Guin. RESPIRATION Littérature et cinéma russe, japonais, européen et d’anticipation. CEA Joliot Institut des sciences du vivant Frédéric-Joliot. « Rendez-vous compte, nous ne savons toujours pas définir le vivant ! » Ce vivant infiniment complexe et insaisissable, source perpétuelle d’émerveillement, Jérôme Santolini en a fait son objet d’étude quotidien. Avec une motivation constante  : partager son savoir. Son champ d’étude ? Le monoxyde d’azote (NO), un petit composé gazeux ultraréactif, essentiel à notre métabolisme mais toxique s’il est en excès. Ces molécules oxygénées et/ou azotées sont en effet au cœur de phénomènes de stress oxydant des cellules et la source de nombreuses pathologies. Un savoir que le biochimiste aurait bien du mal à garder pour lui seul. Car ce « scientifique citoyen », comme il aime à se définir, est mû par une profonde conviction  : « Les connaissances que nous produisons ont une raison d’être, l’intérêt général, et un impact dans nos sociétés. Nous avons la responsabilité de les partager. » Une « mission » qui va de la simple transmission de savoirs au lancement d’alertes. LES DÉFIS DU CEA #241 PAR SYLVIE RIVIÈRE G. Santolini « L’avenir n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons faire. » HENRI BERGSON (1859 – 1941) Haro sur les perturbateurs endocriniens Le combat dont Jérôme Santolini est le plus fier est celui d’être parvenu, avec une poignée de parents très actifs, à obtenir une loi interdisant en 2025 tous les plastiques dans la restauration scolaire. Les phtalates, classés comme perturbateurs endocriniens, sont en effet présents dans les plastiques dans lesquels on cuit, conserve, réchauffe et sert la nourriture  : « Un véritable empoisonnement d’enfant, inacceptable. Nous avons pu convaincre les politiques parce que nous avions des arguments et une crédibilité scientifique, et ce malgré la présence des lobbies. » Pour une science citoyenne Bien d’autres sujets lui sont chers, comme l’interdiction des additifs nitrés dans les charcuteries. Des composés tellement dangereux que le Centre international de recherche sur le cancer a classé en 2011 la charcuterie comme cancérogène, liée au risque de cancer colorectal, un fléau qui tue chaque année 17 000 personnes en France. On pourrait aussi évoquer son engagement dans l’association Sciences citoyennes, qui vise à remettre la science dans la société, en impliquant citoyens, politiques et associations, ou encore son appétence pour la philosophie des sciences « qui permet de questionner le rapport au savoir, et de connecter science et politique ». Sur l’avenir de nos sociétés, cet éternel idéaliste se dit aujourd’hui partagé entre optimisme, en constatant l’évolution émergente des mentalités et des valeurs, et inquiétude face au manque de conscience de l’épuisement des ressources, de la crise climatique ou encore de la chute de la biodiversité. Alors, pour s’évader, Jérôme Santolini se réfugie volontiers dans les ouvrages de science-fiction. « Je suis fasciné par la capacité des littéraires à inventer des mondes imaginaires, construits sur les briques de science que nous produisons. Au fond, peutêtre que nos imaginaires et le vivant ont ceci de commun  : une créativité inépuisable. »
LES DÉFIS DU CEA #241 27 TOUT S’EXPLIQUE Covid-19, nouveaux tests Les tests diagnostiques sont au cœur de la stratégie de lutte contre la Covid-19. Avec un résultat en moins de 15 minutes, les tests bandelettes battent tous les records de rapidité ! Fin 2019, la pandémie de Covid-19 prend de court le monde entier. Très vite se pose la question des tests, pour détecter, isoler et soigner les malades. Les premiers, dits RT-PCR, sont prêts dès le mois de janvier et permettent, via un prélèvement nasopharyngé, de savoir en quelques heures si le patient est porteur du virus. Ils sont à ce jour la méthode de référence pour le diagnostic. Chercher les anticorps Les tests sérologiques font leur apparition quelques semaines plus tard. Ils indiquent si la personne a été en contact avec le virus, en identifiant les anticorps présents dans le sang. En France, plusieurs tests sont homologués par les autorités sanitaires, parmi lesquels celui de NG Biotech, une PME bretonne collaborant depuis plus de 5 ans avec le CEA-Joliot et l’AP-HP 1. Son dispositif, développé avec le soutien financier de la DGA (1 million d’euros, via un appel à projets), est conçu sur bandelette, à la manière d’un test de grossesse. Il délivre un résultat en moins de 15 minutes, à partir d’une goutte de sang prélevée au bout du doigt (voir infographie). Garantir une filière française Un deuxième test bandelette, virologique, est en cours d’évaluation. Réalisé à partir de salive, il devrait être commercialisé cet été. « Ce dispositif, beaucoup plus rapide que le test RT-PCR, aura toute sa place à l’automne, pour discerner la présence ou non du SARS-CoV-2 chez un patient présentant un syndrome grippal », commente Stéphanie Simon, cheffe de laboratoire au CEA-Joliot. « Face à l’urgence, les premiers tests ont été conçus avec des réactifs (anticorps, antigènes, etc.) étrangers. Il est cependant crucial de disposer d’une filière française pour être autonome, ce à quoi nous travaillons au CEA-Joliot. Nous espérons être prêts cet automne. » PAR SYLVIE RIVIÈRE, EN COLLABORATION AVEC STÉPHANIE SIMON ET HERVÉ VOLLAND (CEA-JOLIOT) LEXIQUE Covid-19 Nom de maladie. Co- pour Corona, -VI- pour virus, -D pour disease et 19 pour 2019. Test virologique RT-PCR Détection du matériel génétique du virus, ici de l’ARN, en le multipliant jusqu’à des millions de fois, et en le rendant visible grâce à l’ajout d’un marqueur, par exemple fluorescent. SARS-CoV-2 Nom du virus responsable de la Covid-19, choisi par le Comité international de taxonomie des virus. SARS pour Severe acute respiratory syndrome, ou syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en français, et 2 pour l’appartenance à la même famille que le SARS-CoV, à l’origine de l’épidémie qui avait fait près de 800 morts entre 2002 et 2003. ZOOM NG Biotech La société, créée en 2012, commercialise des tests de détection rapide (antibiorésistance, grossesse) dans plus de 50 pays. Un test fiable Le test sérologique de NG Biotech a été évalué par le Centre national de référence et a obtenu le marquage CE. Il est conforme aux standards fixés par la Haute autorité de santé. À SAVOIR D’autres types de tests sont également en cours de développement au CEA-Joliot  : Test Elisa Détection d’anticorps par visualisation de la liaison anticorps-antigène (l’antigène étant une protéine du virus), grâce à une réaction en général colorée. Ce test quantitatif est plus sensible qu’un test bandelette. Réalisé en laboratoire, il permet de traiter de très grandes séries d’échantillons. Test par spectrométrie de masse Détection du virus par identification de peptides (petites protéines) spécifiques, à l’aide de leur masse, pour une utilisation en milieu hospitalier. 1. Assistance publique – Hôpitaux de Paris.



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