Les Défis du CEA n°240 mar à jun 2020
Les Défis du CEA n°240 mar à jun 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°240 de mar à jun 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : CEA

  • Format : (200 x 255) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,9 Mo

  • Dans ce numéro : dossier santé mantale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 DOSSIER LES DÉFIS DU CEA #240 Les biomarqueurs associés aux signes cliniques ouvriront la voie à de nouvelles perspectives dans le diagnostic et le pronostic d’évolution des troubles autistiques. que derrière l’autisme, et c’est aussi vrai pour les autres troubles, se cachent plusieurs maladies bien distinctes, qui partagent les mêmes symptômes, mais qui auraient des origines tout à fait différentes. Clarifier ces questions aurait des conséquences importantes dans la prise en charge des patients, mais aussi dans la mise en œuvre des essais cliniques. » Il poursuit  : « Aujourd’hui, nous ne disposons que de critères cliniques et donc empiriques, uniquement issus de l’analyse du comportement du patient, pour diagnostiquer ces maladies. Cela pose un problème de subjectivité. » Vers l’émergence de biomarqueurs La recherche se concentre donc sur l’identification de biomarqueurs clairs et précis, dans le sang, les gènes, ou encore dans la structure du cerveau… Et le CEA entend bien relever le défi pour trois pathologies majeures que sont les troubles bipolaires, la schizophrénie et les troubles du spectre autistique. Des travaux qu’il ne mène pas seul, mais en collaboration avec des hôpitaux et d’autres instituts de recherche français, voire étrangers. Citons notamment l’hôpital universitaire Henri-Mondor, la Fondation FondaMental, l’Insermet l’Institut Pasteur. Au sein de ces projets collaboratifs, les équipes du CEA apportent leur expertise en imagerie cérébrale. Les IRM à haut champ de NeuroSpin offrent en effet la possibilité de plonger au plus profond du cerveau et de « voir » les anomalies, si elles existent, siégeant dans les cerveaux des malades. Comme l’explique Josselin Houenou, « nous recherchons à la fois des biomarqueurs liés au fonctionnement du cerveau, et anatomiques, comme un changement de volume dans une région cérébrale ». La recherche de marqueurs de l’inflammation, qu’ils soient sanguins ou cérébraux, est une autre piste, en plein essor. Les dernières avancées de la recherche font en effet état d’une légère inflammation chronique, présente dans la plupart des troubles psychiques. Certaines études, par Shutterstock/antoniodiaz
LES DÉFIS DU CEA #240 SANTÉ MENTALE 15 exemple sur la schizophrénie, ont même montré que l’inflammation était associée à des déficits cognitifs plus prononcés et à des scores de fonctionnement intellectuel général plus bas. Croiser marqueurs et signes cliniques Pour les chercheurs, le graal serait de réussir à associer tous ces biomarqueurs – sanguins, imagerie cérébrale, données génomiques – aux signes cliniques pour gagner en finesse d’analyse. De nombreux projets en ce sens sont en cours. Seuls ou combinés, ces indices ouvriront la voie à de nouvelles perspectives dans le diagnostic précoce et le pronostic d’évolution de la pathologie ; dans l’identification plus fine des différentes formes cliniques ; dans la prédiction de la bonne ou mauvaise réponse à un traitement… Ces pistes aideront les praticiens à répondre à une foule de questions pratiques  : qui parmi des sujets à haut risque développera tel syndrome ? Quelle maladie doit-on suspecter face à un premier épisode psychotique ? Quel traitement sera le plus approprié pour tel malade ? Une avalanche de données Toutes ces études génèrent des quantités de données qui croissent à un rythme exponentiel et gagnent en complexité. Elles s’appuient sur des cohortes de patients de plus en plus vastes, dont le suivi sur plusieurs années nécessite une actualisation constante des données et d’importants moyens humains et financiers. Jusqu’à peu cantonnées à une trentaine, voire une centaine d’individus, elles avoisinent aujourd’hui le millier de sujets. Comme l’explique Jean-François Mangin, spécialiste en analyse d’images à NeuroSpin, « ce qui donne de la robustesse aux résultats, c’est la puissance de la statistique. Elle repose sur des effectifs les plus larges possibles, apportés par les grands ensembles de patients ». Exemple avec la cohorte Enigma, la plus grosse étude jamais réalisée sur les troubles bipolaires. Elle rassemble, sur plus de dix ans, les données en IRM de 1 400 malades et de 1 500 sujets sains, collectées via 26 études différentes dans le monde. Avec ces masses de données vertigineuses qu’il faut recueillir et analyser, la recherche sur les troubles psychiques est elle aussi entrée de plain-pied dans l’ère du big data et de l’intelligence artificielle. REPÈRES te) 14 1 Européen sur 4 touché par des troubles psychiques au cours de sa vie 2,4 millions nombre de Français pris en charge en établissement de santé (en 2015) Mit 1 Français sur 5 atteint par une maladie mentale 109 milliards d’ € coût économique et social des troubles mentaux par an en France, dont 19,3 milliards pour l’assurance maladie LEXIQUE Biomarqueur Donnée biologique mesurée et évaluée comme étant un indicateur d’une pathologie, ou d’une réponse à un traitement. IRM Imagerie par résonance magnétique. ↖ Page de gauche Séance de prise en charge d’un jeune autiste par thérapie comportementale. ↘ Ci-contre IRM 7 teslas de NeuroSpin, utilisé pour étudier les anomalies cérébrales. NeuroSpin Infrastructure de recherche en neuro-imagerie, au CEA-Joliot (Saclay). FOCUS 3 troubles psychiatriques chroniques TROUBLE BIPOLAIRE Alternance d’épisodes dépressifs sévères et d’excitation maniaque. Il touche 1% de la population et débute le plus souvent entre 15 et 30 ans. SCHIZOPHRÉNIE Association de symptômes dits positifs (idées délirantes et hallucinations) ; négatifs (troubles dans les interactions sociales ; troubles cognitifs  : altération de la motivation, mémoire, attention, planification de tâches…) ; et de désorganisation (perte du fil conducteur logique de la pensée). La schizophrénie touche 1% de la population et débute vers la fin de l’adolescence. TROUBLES DU SPECTRE AUTISTIQUE (TSA) Troubles de la communication et des interactions sociales (langage et communication non verbale) ; troubles du comportement (focalisation sur des sujets d’intérêt très restreints et comportements moteurs répétés). Autres symptômes éventuels  : retard mental, épilepsie, etc. Les TSA touchent 1% de la population et débutent dans les tout premiers mois de vie. CEA/NeuroSpin



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