Les Défis du CEA n°237 mai 2019
Les Défis du CEA n°237 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°237 de mai 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : CEA

  • Format : (220 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : l'univers gamma de CTA.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Françoise Cadiou, chef de projet innovation à la Direction de la recherche technologique (DRT) du CEA Damien Lemaire, responsable des partenariats stratégiques industriels dans la filière agriculture/agro-alimentaire, à la DRT Expérimenter des modèles économiques innovants pour les territoires ruraux en réponse aux enjeux climatique, démographique et de sécurité agro-alimentaire. Tel est l’objet du projet européen Liverur auquel contribue le CEA depuis un an. Les explications de Françoise Cadiou et Damien Lemaire, à la Direction de la recherche technologique du CEA. Propos recueillis par Aude Ganier 02 L’INTERVIEW Redynamiser l’économie rurale  : des technos à l’économie circulaire Quel est l’objectif du projet européen Liverur ? Françoise Cadiou  : L’objectif de Liverur, projet européen H2020, est de déployer dans les territoires ruraux des modèles économiques innovants avec des Living Lab. Ces « laboratoires vivants » sont des écosystèmes territoriaux visant à cocréer des innovations en conditions réelles dans le cadre de partenariats public-privé, en intégrant les dimensions sociale, environnementale, économique et technologique. Les défis du CEA Mai 2019 N°237 Pourquoi le CEA est-il impliqué dans ce type de projets, qui plus est ayant trait au secteur rural ? F.C.  : Liverur est un projet singulier. Il n’est pas techno push, c’est-à-dire qu’il ne consiste pas à « pousser des technologies » appropriées à son objet d’étude ; il est clairement dans l’approche use pull, dans le sens où il part des besoins des utilisateurs, des enjeux sociétaux et des spécificités propres à chaque territoire. Bien sûr, il a également un impact important sur les technologies, en réponse aux enjeux de transition énergétique et numérique des zones rurales. Cette approche d’innovation ouverte, le CEA en a une grande expérience et il inaugurera fin 2019 Y.Spot, nouveau centre d’innovation ouverte au sein du campus Giant de Grenoble. Dès les années 1990 en effet, son Ideas’Lab faisait figure de pionnier  : soutenus par Jean Therme, alors directeur du CEA-Leti, des chercheurs grenoblois conviaient artistes, industriels, architectes, designers à penser ensemble le monde de demain. Damien Lemaire  : L’intérêt du CEA pour les filières agriculture/agro-alimentaire (agri-agro) remonte également à Jean Therme ! Conscient du potentiel des technologies génériques du CEA dans de nombreux secteurs industriels, il avait notamment initié en 2014 un partenariat avec la coopérative auvergnate Limagrain pour robotiser certaines opérations dans les parcelles. L’offre technologique du CEA permet en effet de répondre à de nombreux enjeux de la filière agri-agro. CEA Quels sont les enjeux de la filière agricole ? D.L.  : Il y a de gros enjeux macroscopiques, la plupart semblables à d’autres secteurs industriels. Le premier concerne le réchauffement climatique et la réduction de l’impact sur l’environnement. Or, l’agriculture émet 24% des gaz à effet de serre et consomme 69% de l’eau. Par ailleurs, un tiers de l’énergie mondiale va dans la production agroalimentaire dont 1/3 des produits sont perdus ou jetés… Beaucoup de changements sont attendus pour infléchir ces réalités. Il y a ensuite la problématique de la croissance de la population mondiale
et de notre capacité à produire suffisamment de denrées. Ceci est directement lié aux problèmes d’arbitrage sur l’usage des terres agricoles, à l’essor de nouveaux modes de production ou encore à la nécessité de développer des gisements alternatifs de protéines comme celui des insectes ou des algues. LIVERUR Liverur, Living Lab research concept in rural areas, est un projet européen H2020 impliquant 13 pays, piloté par la Fundacion universitaria San Antonio de Murcia (UCAM). Du 1er mai 2018 au 30 avril 2021, son objectif est de déployer dans des territoires européens des living labs afin d’étudier et de suivre les transitions économique, culturelle, sociale, énergétique et environnementale des territoires ruraux, dans une démarche d’économie circulaire. https://liverur.eu La sécurité de la chaîne agroalimentaire est également un enjeu important pour faire face aux différentes crises sanitaires qui marquent régulièrement l’actualité. Les industriels prennent conscience de la perte de confiance qui s’est installée entre eux et les consommateurs. Pour continuer à exister, les acteurs de cette filière doivent impérativement restaurer cette confiance. Partagez-vous cette analyse ? F.C.  : Les objectifs de Liverur visent précisément à répondre à ces enjeux, dans une approche de développement durable et d’économie circulaire. Car il s’agit également de redynamiser l’économie rurale dans sa globalité, en y incluant la dimension territoriale du fait notamment de la désertification de certaines campagnes. Souvent, dans les filières agri-agro, les modèles sont linéaires avec d’un côté des productions en silos, et des modes de distribution tout autant segmentés, sur des circuits longs qui ne profitent pas à tous. Or, les modèles circulaires génèrent des 03 L’INTERVIEW CEA Les défis du CEA Mai 2019 N°237 écosystèmes qui ont des impacts directs sur la valorisation des producteurs, de différents métiers (agriculture, tourisme, artisanat, énergie, environnement) et de l’économie de tout un territoire. Vous venez de livrer un rapport de l’existant qui révèle des changements culturels en Europe et qui recense des initiatives en transition… F.C.  : En effet, et cela constitue une étape importante de Liverur. Notre groupe de travail 1 avait pour mission de réaliser un benchmark, une « étude comparative » du profil des treize pays partenaires du projet. Nous avons évolué de façon bottomup, c’est-à-dire en prenant en compte les expériences du terrain dans une démarche participative incluant des acteurs extérieurs au consortium afin d’être fidèle à la singularité des territoires. Ce benchmark a été réalisé sur la base de vingt critères traçables et comparables, intégrant les dimensions économique, sociale, environnementale et technologique (voir encadré). Nous avons ainsi constitué une base de plus de 250 initiatives significatives, relevant de 6 typologies de business models dominants dont nous avons analysé les forces, faiblesses, opportunités et menaces (SWOT 2) afin de générer treize profils comparatifs (voir figure p.4). Toutes ces données permettent de renforcer l’échange d’informations au sein de la communauté Liverur. Elles seront intégrées à la plateforme RAIN, outil numérique destiné à tout acteur du monde rural. La dimension technologique constitue l’un des critères de votre analyse… F.C.  : En effet, même si l’objectif de Liverur n’est pas d’être prescripteur de technologies, nous avons identifié des initiatives déployant des approches Living Lab. Notes  : 1. Work Package #2. 2. Strengh, Weakness, Opportunities, Threats.



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